Contrôle demain et tu n'as pas vu le chapitre ? Bonne nouvelle : tout tient dans une seule question — le participe passé est-il employé avec être ou avec avoir ? C'est l'auxiliaire, et lui seul, qui décide de la règle. Apprends les trois lignes du tableau, la méthode en quatre questions, les quatre fautes qui reviennent dans toutes les copies — et la phrase qui te permet de justifier ton accord, parce que c'est ce qu'on te demandera. Avec ça, tu traites l'essentiel du contrôle.
Ce qu'est un participe passé, en trois phrases
Le participe passé est la forme verbale employée dans les temps composés (passé composé, plus-que-parfait…) avec un auxiliaire : être ou avoir.
Repère-les sur deux phrases : dans Léa est arrivée, l'auxiliaire est est (verbe être) et le participe passé est arrivée. Dans Elle a mangé une pomme, l'auxiliaire est a (verbe avoir) et le participe passé est mangé.
Maintenant la phrase qui commande tout le chapitre : c'est l'auxiliaire qui détermine entièrement la règle d'accord. Pas le sens de la phrase, pas le temps, pas le verbe choisi : l'auxiliaire, et rien d'autre.
Un cas à part, très simple : le participe passé peut aussi être employé seul, comme adjectif attribut, après être — Elle est fatiguée. Il s'accorde alors toujours avec le sujet, comme un adjectif ordinaire. Cette situation-là ne pose jamais de problème.
Les trois lignes à apprendre ce soir
Si tu n'apprends qu'une chose, apprends ce tableau. Le chapitre entier s'y ramène : trois cas, pas un de plus.
| Cas | Règle | Exemple |
|---|---|---|
| Avec ÊTRE | accord avec le SUJET, en genre et en nombre | Léa est arrivée. |
| Avec AVOIR — COD placé après | participe passé invariable | Elle a mangé une pomme. |
| Avec AVOIR — COD placé avant | accord avec le COD placé avant le verbe | Ces lettres, je les ai écrites. |
La ligne du milieu est celle qu'on oublie : avec avoir, quand le COD suit le verbe, le participe ne bouge pas — même si le sujet est féminin, même s'il est pluriel. Et s'il n'y a pas de COD du tout, il ne bouge pas non plus.
Deux mots à connaître pour lire ce tableau. Le sujet, c'est celui qui fait l'action. Le COD (complément d'objet direct), c'est ce qu'on trouve en posant la question « quoi ? » ou « qui ? » juste après le verbe.
Et le détail qui décide de la troisième ligne : le COD placé avant le verbe est, cette année, un pronom personnel collé à l'auxiliaire — le, la, l', les, me, te, nous, vous. Ces photos ? Je les ai prises. Deux lettres devant l'auxiliaire, et toute la terminaison change.
Un seul piège à cet endroit, mais il coûte cher : lui et leur se placent eux aussi devant l'auxiliaire, et pourtant ce sont des COI, pas des COD. Elle leur a répondu → aucun accord.
La méthode en 4 questions
C'est la démarche à appliquer devant n'importe quel participe passé, même dans une phrase que tu n'as jamais vue. Dans l'ordre, sans sauter d'étape.
- 1. Quel est l'auxiliaire ? Être ou avoir ?
- 2. Si c'est être : cherche le sujet, puis accorde en genre et en nombre. C'est fini, tu n'as rien d'autre à regarder.
- 3. Si c'est avoir : pose la question « quoi ? » ou « qui ? » après le verbe pour trouver le COD.
- 4. Le COD est-il avant ou après le verbe ? Avant → accord avec le COD. Après, ou absent → invariable.
Résumé de secours, à te répéter dans le couloir : avec être, regarde le sujet ; avec avoir, cherche le COD et sa place.
Deux phrases traitées, pour voir le geste
Les garçons sont partis.
- Auxiliaire : être (sont).
- Donc je cherche le sujet : les garçons, masculin pluriel.
- J'accorde : partis.
Je les ai vus.
- Auxiliaire : avoir (ai). Le sujet je ne servira à rien ici.
- Je cherche le COD : j'ai vu qui ? → les. C'est un COD masculin pluriel.
- Où est-il ? Avant le verbe → j'accorde avec lui : vus.
Compare avec Ils ont fini leurs devoirs : auxiliaire avoir, COD leurs devoirs… mais placé après le verbe → fini, invariable. Même auxiliaire, résultat opposé : seule la place du COD a changé.
Les quatre fautes qui coûtent des points
Ces quatre-là reviennent dans presque toutes les copies. Les connaître la veille, c'est du barème gratuit.
- « Elles ont mangées. » → FAUX. Avec avoir, le sujet n'intervient jamais. Ici il n'y a pas de COD → invariable : Elles ont mangé.
- « Elle est arrivé. » → FAUX. Avec être, on accorde avec le sujet elle, féminin singulier → arrivée.
- « Elle lui a parlé. » → attention, ne confonds pas COD et COI. Lui est un COI, pas un COD → pas d'accord.
- « J'ai écrites une lettre. » → FAUX. Le COD une lettre est placé après le verbe → invariable : écrit.
Et le réflexe de rédaction, si on te demande de justifier : nomme l'auxiliaire, nomme le mot qui donne l'accord (le sujet, ou le COD avec son genre et son nombre), puis écris la forme. Trois éléments, trois occasions de marquer des points même si la terminaison t'échappe.
Justifier son accord : la phrase à savoir dire
On ne te demande plus seulement d'écrire la bonne terminaison : on te demande de justifier ton accord, à l'oral quand le professeur t'interroge, à l'écrit sur la copie. Justifier, ce n'est pas réciter la règle dans le vide — c'est montrer, sur cette phrase-là, quel mot commande la terminaison.
La justification tient toujours en trois morceaux, dans cet ordre :
- 1. l'auxiliaire : « le participe passé est employé avec être / avoir » ;
- 2. le donneur d'accord : le sujet, ou le COD antéposé, avec son genre et son nombre — et s'il n'y en a pas, on le dit : « le COD est placé après le verbe » ;
- 3. la conclusion : « donc j'accorde au … » ou « donc le participe reste invariable », puis la forme écrite.
Trois modèles à recopier tels quels :
- Ma sœur est rentrée tard. → « rentrée est employé avec l'auxiliaire être ; le donneur d'accord est le sujet ma sœur, féminin singulier ; donc j'accorde : rentrée. »
- Ces photos ? Je les ai prises. → « prises est employé avec l'auxiliaire avoir ; le COD est le pronom personnel les, qui reprend ces photos, féminin pluriel, placé avant le verbe ; donc j'accorde au féminin pluriel : prises. »
- Nous avons regardé un documentaire. → « regardé est employé avec l'auxiliaire avoir ; le COD un documentaire est placé après le verbe ; donc pas d'accord : regardé. »
Apprends cette phrase autant que la règle. Elle rapporte des points même quand la terminaison te fait hésiter, et surtout elle t'oblige à suivre la méthode au lieu d'écrire au jugé.
« Accord du participe passé »… ça te dit quelque chose, tu as même retenu qu'il y a une histoire d'être et d'avoir — mais tu ne sais plus laquelle regarde le sujet et laquelle regarde autre chose. On reprend dans l'ordre : ce que tu sais déjà sur l'accord, ce qu'est exactement un participe passé, la règle avec être, les deux cas avec avoir, la méthode en quatre questions qui te sort de toutes les situations, et enfin la façon de justifier ton accord à l'oral comme à l'écrit.
Ce que tu sais déjà : l'accord dans le groupe nominal
Avant de t'attaquer au participe passé, remets en place le mécanisme de base. Dans un groupe nominal, le déterminant, le nom et l'adjectif s'accordent en genre (masculin / féminin) et en nombre (singulier / pluriel).
L'exemple de référence : un petit garçon devient des petites filles. L'adjectif petit prend la marque du féminin pluriel parce qu'il se rapporte à filles.
Retiens ce vocabulaire, il va servir tout le chapitre : accorder, c'est toujours prendre le genre et le nombre d'un autre mot. Ce mot, on l'appellera le donneur d'accord. Toute la difficulté du participe passé, c'est de savoir qui est le donneur — et parfois, de constater qu'il n'y en a pas.
Le participe passé et son auxiliaire
Le participe passé est la forme verbale employée dans les temps composés (passé composé, plus-que-parfait…) avec un auxiliaire : être ou avoir.
Un temps composé, c'est donc toujours deux morceaux : l'auxiliaire conjugué, puis le participe passé.
- Elle est arrivée. → auxiliaire être + participe arrivée.
- Elle a mangé une pomme. → auxiliaire avoir + participe mangé.
Et voici le point décisif : c'est l'auxiliaire qui détermine entièrement la règle d'accord. Deux auxiliaires, deux règles distinctes, qui ne se mélangent jamais.
Cas voisin à connaître : le participe passé peut aussi être employé seul, comme adjectif attribut, après être — Elle est fatiguée. Dans ce cas il s'accorde toujours avec le sujet, comme un adjectif ordinaire. C'est la même logique que des petites filles vue plus haut.
Règle 1 — Avec être : accord avec le sujet
Le participe passé conjugué avec être s'accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe. Une seule chose à chercher : le sujet.
- Léa est arrivée. → sujet Léa, féminin singulier.
- Les garçons sont partis. → sujet les garçons, masculin pluriel.
- Elles sont tombées. → sujet elles, féminin pluriel.
Le geste est mécanique : tu repères l'auxiliaire être, tu remontes au sujet, tu lis son genre et son nombre, tu poses la terminaison. Il n'y a aucun autre cas de figure à envisager.
Règle 2 — Avec avoir : tout dépend du COD
Avec avoir, la règle change complètement. Le participe ne s'accorde pas avec le sujet. Il s'accorde uniquement avec le COD (complément d'objet direct), et seulement si celui-ci est placé avant le verbe. Sinon, il reste invariable.
D'où deux cas, à distinguer par la seule place du COD.
| Configuration | Ce qui se passe | Exemple |
|---|---|---|
| COD placé après le verbe | participe invariable | Il a fini ses devoirs. |
| COD placé avant le verbe | accord avec ce COD | Ses devoirs, il les a finis. |
Regarde bien : c'est le même verbe, le même auxiliaire, le même COD (les devoirs). Seule sa position change — et elle suffit à faire basculer l'accord. Autre couple du même type : Elle a mangé une pomme / Cette pomme, elle l'a mangée en trois bouchées.
Trouver le COD : la question à poser
Tout repose sur ta capacité à repérer le COD. La manœuvre est toujours la même : pose la question « quoi ? » ou « qui ? » après le verbe.
- Nous avons acheté un cadeau. → nous avons acheté quoi ? un cadeau → COD, placé après → acheté, invariable.
- Je les ai vus hier. → j'ai vu qui ? les → COD, placé avant → vus.
Cette année, le COD placé avant le verbe est un pronom personnel : c'est exactement le cas que le programme te demande de savoir traiter. Deux séries à savoir lire :
- Les pronoms le, la, l', les : ils reprennent un mot déjà cité. Dans Cette chanson, il l'a chantée, l' reprend cette chanson, féminin singulier → chantée.
- Les pronoms me, te, nous, vous : ils désignent des personnes, et ce sont ces personnes qui donnent le genre et le nombre. Dans Marie et Léa, nous vous avons attendues, vous désigne Marie et Léa, féminin pluriel → attendues.
Le réflexe : quand tu vois un de ces petits pronoms juste devant l'auxiliaire avoir, remonte au mot ou à la personne qu'il remplace — c'est lui qui donne le genre et le nombre.
Et l'avertissement qui vaut la moitié des points du chapitre : lui et leur se placent eux aussi devant l'auxiliaire, mais ce sont des COI, pas des COD. Elle leur a répondu, Je lui ai écrit → aucun accord. Le palier suivant y revient en détail.
La méthode en 4 questions
Voilà la procédure complète, celle à appliquer telle quelle en contrôle.
- 1. Quel est l'auxiliaire ? Être ou avoir ?
- 2. Si être : cherche le sujet → accorde en genre et en nombre.
- 3. Si avoir : pose la question « quoi ? » ou « qui ? » après le verbe pour trouver le COD.
- 4. Le COD est-il avant ou après le verbe ? Avant → accord avec le COD. Après ou absent → invariable.
Remarque la structure : la question 1 oriente, et ensuite tu ne suis qu'une seule branche. Si l'auxiliaire est être, tu t'arrêtes à la question 2 — inutile de chercher un COD. Si c'est avoir, tu ne regardes plus jamais le sujet.
Trois phrases remplies case par case
Le tableau qu'on te demande souvent de compléter en contrôle a trois colonnes : auxiliaire, donneur d'accord (sujet ou COD, avec son genre et son nombre), participe accordé. Entraîne-toi à le remplir dans cet ordre.
| Phrase | Auxiliaire | Donneur d'accord | Participe |
|---|---|---|---|
| Les invitées sont (venir) maintenant. | être | sujet les invitées (fém. plur.) | venues |
| Cette chanson, tu l'as (chanter) devant tout le monde. | avoir | COD l' = cette chanson (fém. sing.), avant | chantée |
| Nous avons (finir) notre travail. | avoir | aucun : COD notre travail placé après | fini |
La troisième ligne est celle qui te fait gagner du temps : quand le COD suit le verbe, il n'y a pas de donneur d'accord. Tu écris la forme brute du participe et tu passes à la suite.
Justifier son accord, à l'oral ou à l'écrit
Le programme ne s'arrête plus à la terminaison : il demande de justifier l'accord choisi. En classe, ce sera à l'oral — « pourquoi ce -es ? » ; sur la copie, ce sera une ligne à écrire à côté de la réponse. Dans les deux cas, la même phrase à trois éléments fait l'affaire.
- L'auxiliaire : être ou avoir.
- Le donneur d'accord : le sujet, ou le COD antéposé — toujours avec son genre et son nombre. S'il n'y a pas de donneur, on l'énonce quand même : « COD placé après le verbe ».
- La conclusion : « donc j'accorde au … », ou « donc le participe reste invariable », suivi de la forme.
Les quatre configurations du chapitre, justifiées :
| Phrase | Ce que tu dis ou écris |
|---|---|
| Les invitées sont venues. | auxiliaire être ; donneur d'accord : le sujet les invitées, féminin pluriel ; donc venues. |
| Nous avons fini notre travail. | auxiliaire avoir ; le COD notre travail est placé après le verbe ; donc pas d'accord : fini. |
| Ces photos ? Je les ai prises. | auxiliaire avoir ; COD : le pronom personnel les = ces photos, féminin pluriel, placé avant le verbe ; donc prises. |
| Elle leur a répondu. | auxiliaire avoir ; leur est placé avant, mais c'est un COI ; donc pas d'accord : répondu. |
Regarde la deuxième et la quatrième ligne : justifier oblige à dire pourquoi il n'y a pas d'accord. Un participe laissé invariable sans un mot d'explication ressemble à un oubli ; le même participe suivi de « COD après le verbe » ou « COI » est une réponse complète.
Les erreurs fréquentes
- Accorder le participe passé employé avec avoir selon le sujet : « Elles ont mangées. » → FAUX. Le sujet n'intervient jamais avec avoir.
- Oublier l'accord avec être : « Elle est arrivé. » → FAUX → arrivée.
- Confondre COD et COI : « Elle lui a parlé. » → lui est COI, pas COD → pas d'accord.
- Accorder avec un COD placé après le verbe : « J'ai écrites une lettre. » → FAUX. COD après → écrit.
Ces quatre erreurs se rangent en réalité sous deux oublis : on regarde le sujet alors qu'on est avec avoir, ou on oublie de vérifier la place du COD. Si tu contrôles ces deux points sur chaque phrase, tu élimines l'essentiel des fautes du chapitre.
Le cours est en place ; on le déroule en entier et on le met en mouvement. Ici, tu trouves la totalité du chapitre — la définition du participe passé, son emploi comme adjectif attribut, la règle avec être, les deux cas avec avoir, la manière de repérer un COD et de lire les pronoms placés avant le verbe (le, la, l', les, me, te, nous, vous), sans les confondre avec les COI lui et leur — puis la manière de justifier chaque accord, et huit phrases traitées de bout en bout, une par configuration, avec le raisonnement écrit à chaque fois. À la fin, le geste doit être automatique.
1. Le participe passé : de quoi on parle
Le participe passé est la forme verbale employée dans les temps composés — passé composé, plus-que-parfait… — avec un auxiliaire : être ou avoir.
Un temps composé se lit donc en deux temps : d'abord l'auxiliaire conjugué, ensuite le participe passé. Dans Ma sœur est rentrée très tard hier soir, l'auxiliaire est est et le participe est rentrée. Dans Les enfants ont bu leur lait, l'auxiliaire est ont et le participe est bu.
Ce que tu dois graver : c'est l'auxiliaire qui détermine entièrement la règle d'accord. Deux auxiliaires, deux règles séparées. Elles ne se croisent jamais, elles ne se combinent jamais.
Concrètement, cela veut dire que ton premier geste sur chaque phrase n'est pas de regarder la terminaison ni le sens : c'est d'identifier être ou avoir. Tout le reste en découle.
2. Le cas simple : participe passé employé comme adjectif attribut
Le participe passé peut être employé seul, comme adjectif attribut, après être. Exemple : Elle est fatiguée.
Dans ce cas, il s'accorde toujours avec le sujet, comme un adjectif ordinaire. C'est exactement le mécanisme que tu connais depuis la 6e : dans des petites filles, l'adjectif petites prend le genre et le nombre de filles. Ici, fatiguée prend le genre et le nombre de elle.
Pourquoi commencer par là ? Parce que ça installe la bonne intuition : un participe passé se comporte comme un adjectif — il cherche un mot avec lequel s'accorder. Le chapitre entier consiste à savoir quel mot.
3. Règle avec être : accord avec le sujet
Le participe passé conjugué avec être s'accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe.
Trois exemples, avec le raisonnement à chaque fois :
- Léa est arrivée. → sujet : Léa → féminin singulier → marque du féminin singulier : -ée.
- Les garçons sont partis. → sujet : les garçons → masculin pluriel → marque du masculin pluriel : -is.
- Elles sont tombées. → sujet : elles → féminin pluriel → marque du féminin pluriel : -ées.
Trois remarques utiles.
- Le sujet peut être un nom (Léa, les garçons, les soldats) ou un pronom (elles, il, nous). Peu importe : on prend son genre et son nombre.
- Le sujet n'est pas toujours juste devant l'auxiliaire. Dans Ma sœur est rentrée très tard hier soir, tu dois bien identifier ma sœur (fém. sing.) → rentrée.
- Avec être, tu n'as rien d'autre à chercher. Pas de COD, pas de question à poser. Tu t'arrêtes là.
4. Règle avec avoir, premier cas : le COD est placé après → invariable
Avec avoir, le participe ne s'accorde pas avec le sujet. Premier cas, et de loin le plus fréquent : le COD suit le verbe. Alors le participe passé est invariable : tu écris la forme brute, sans rien ajouter.
- Elle a mangé une pomme. → COD une pomme, placé après → mangé, invariable.
- Ils ont fini leurs devoirs. → COD leurs devoirs, placé après → fini, invariable.
- Nous avons regardé un documentaire fascinant. → COD un documentaire, placé après → regardé, invariable.
Observe le troisième exemple : le COD est masculin singulier, mais ça n'a aucune importance — placé après, il ne donne pas l'accord. Son genre et son nombre ne servent à rien.
Même chose s'il n'y a pas de COD du tout : le participe reste invariable. Dans Elles ont mangé, la question « elles ont mangé quoi ? » ne trouve pas de réponse dans la phrase → aucun donneur d'accord → mangé.
5. Règle avec avoir, second cas : le COD est placé avant → accord
Second cas : le COD précède le verbe. Alors le participe passé s'accorde avec ce COD placé avant le verbe, en genre et en nombre.
- Ces lettres, je les ai écrites. → les reprend ces lettres, féminin pluriel, placé avant → écrites.
- Mes cousins ? Je les ai vus hier. → les = COD masculin pluriel, placé avant → vus.
- Ses devoirs, il les a finis en dix minutes. → les reprend ses devoirs, masculin pluriel, placé avant → finis.
Le couple à retenir par cœur, parce qu'il isole exactement ce qui fait basculer la règle :
- Elle a mangé une pomme. → COD après → invariable.
- Cette pomme, elle l'a mangée en trois bouchées. → même verbe, même auxiliaire, même COD (la pomme, repris par l')… mais placé avant → accord.
Rien d'autre n'a changé entre ces deux phrases que la position du COD. C'est le cœur du chapitre.
6. Repérer le COD, et lire les pronoms placés avant le verbe
Toute la règle avec avoir dépend d'un repérage : trouver le COD. La technique est unique — pose la question « quoi ? » ou « qui ? » juste après le verbe.
- Tu as pris des notes. → tu as pris quoi ? des notes → COD, après → pris.
- Nous avons vu un film magnifique. → nous avons vu quoi ? un film → COD, après → vu.
Quand le COD est placé avant le verbe, c'est, cette année, un pronom personnel. Apprends à les décoder — et surtout à ne pas les confondre avec les pronoms COI, qui se placent au même endroit sans jamais déclencher d'accord :
| Mot | Ce qu'il faut faire | Exemple traité |
|---|---|---|
| l' (c'est-à-dire le ou la) | COD au singulier : la forme abrégée cache le genre, il faut remonter au nom | Cette chanson, il l'a chantée avec émotion. → l' = cette chanson (fém. sing.) → chantée Ce roman, je l'ai lu deux fois. → l' = ce roman (masc. sing.) → lu |
| les | identifier le mot qu'il remplace dans le contexte | Les lettres ? Je les ai écrites. → les = les lettres (fém. plur.) → écrites |
| me, te, nous, vous | COD désignant des personnes : c'est la personne désignée qui donne le genre et le nombre | Marie et Léa, nous vous avons attendues. → vous = Marie et Léa (fém. plur.) → attendues |
| lui, leur | COI, et non COD : aucun accord, même placés avant le verbe | Elle leur a répondu tout de suite. → leur = COI → répondu, invariable |
Un mot sur l' : devant l'auxiliaire avoir, le et la s'écrivent toujours l' — c'est pourquoi ce cas revient si souvent. Et la forme abrégée ne te dit ni le genre ni le nombre. Tu es obligé de retrouver le nom qu'elle remplace, souvent placé en tête de phrase. C'est là que se perdent beaucoup de points. Même remarque pour les, qui annonce le pluriel mais cache le genre.
7. La méthode en 4 questions, avec ce qu'elle implique
Face à un participe passé, pose-toi ces quatre questions, dans l'ordre :
- 1. Quel est l'auxiliaire ? Être ou avoir ?
- 2. Si être : cherche le sujet → accorde en genre et en nombre.
- 3. Si avoir : pose la question « quoi ? » ou « qui ? » après le verbe pour trouver le COD.
- 4. Le COD est-il avant ou après le verbe ? Avant → accord avec le COD. Après ou absent → invariable.
Trois conséquences que beaucoup d'élèves ne tirent pas :
- Si tu as répondu être à la question 1, les questions 3 et 4 ne te concernent plus. Ne va pas chercher un COD : tu ne ferais que t'embrouiller.
- Si tu as répondu avoir, le sujet ne servira à rien dans toute la suite. Tu peux le rayer mentalement.
- La question 4 se répond avec les yeux, pas avec le sens : tu regardes simplement si le COD est écrit avant ou après le groupe « auxiliaire + participe ».
8. Justifier son accord, à l'oral ou à l'écrit
Depuis le programme 2026, l'attendu de 5e ne dit pas « accorder » : il dit justifier à l'oral ou à l'écrit l'accord du participe passé. La différence est réelle. Accorder, c'est écrire -es ; justifier, c'est être capable d'expliquer d'où vient ce -es, sur la phrase qu'on a sous les yeux.
Une justification complète comporte trois éléments, et il en manque presque toujours un :
- 1. L'auxiliaire. « Le participe passé est employé avec l'auxiliaire être / avoir. » Sans cette première phrase, la suite est invérifiable : on ne sait pas quelle règle tu appliques.
- 2. Le donneur d'accord. Avec être : le sujet, nommé, avec son genre et son nombre. Avec avoir : le COD, nommé, avec son genre, son nombre et sa place. Et quand il n'y a pas de donneur, il faut le dire — c'est une information, pas un blanc.
- 3. La conclusion. « Donc j'accorde au féminin pluriel » ou « donc le participe reste invariable », puis la forme écrite.
Les quatre configurations du chapitre, chacune entièrement justifiée :
| Phrase | Justification à dire ou à écrire |
|---|---|
| Les invitées sont venues. | « venues est employé avec l'auxiliaire être ; le donneur d'accord est le sujet les invitées, féminin pluriel ; donc j'accorde au féminin pluriel : venues. » |
| Nous avons regardé un documentaire. | « regardé est employé avec l'auxiliaire avoir ; le COD un documentaire est placé après le verbe ; donc il n'y a pas d'accord : regardé. » |
| Ces photos ? Je les ai prises. | « prises est employé avec l'auxiliaire avoir ; le COD est le pronom personnel les, qui reprend ces photos, féminin pluriel, et il est placé avant le verbe ; donc j'accorde au féminin pluriel : prises. » |
| Elle leur a répondu. | « répondu est employé avec l'auxiliaire avoir ; leur est bien placé avant le verbe, mais c'est un COI — on répond à quelqu'un — et non un COD ; donc il n'y a pas d'accord : répondu. » |
Compare la première et la troisième : la structure de la phrase de justification est identique, seul le donneur change. C'est ce qui rend l'exercice apprenable — tu n'as pas quatre discours à retenir, mais un seul moule à remplir.
Deux conseils pour l'oral, où l'exercice se joue le plus souvent. D'abord, nomme les mots : dis « le pronom personnel les », pas « le petit mot devant ». Ensuite, donne systématiquement le genre et le nombre : c'est cette information qui prouve que tu as identifié le donneur d'accord, et non deviné une terminaison qui sonnait bien.
Un dernier réflexe : si ta justification tient en moins de trois éléments, elle est incomplète. « C'est féminin » n'est pas une justification — féminin d'après quel mot, commandé par quel auxiliaire ?
9. Huit phrases traitées de bout en bout — être
Chaque phrase est déroulée en trois lignes : auxiliaire, donneur d'accord, forme finale.
a. Les invitées sont (venir) maintenant.
- Auxiliaire : être (sont) → je cherche le sujet.
- Sujet : les invitées → féminin pluriel.
- Forme : venues. → Les invitées sont venues maintenant.
b. Les soldats sont (mourir) au combat.
- Auxiliaire : être → sujet.
- Sujet : les soldats → masculin pluriel.
- Forme : morts. → Les soldats sont morts au combat.
c. Elle est (naître) en juillet.
- Auxiliaire : être → sujet.
- Sujet : elle → féminin singulier.
- Forme : née. → Elle est née en juillet.
Note que le complément au combat ou en juillet n'intervient jamais : avec être, seul le sujet compte.
10. Huit phrases traitées de bout en bout — avoir, COD après
d. Nous avons (regarder) un documentaire fascinant.
- Auxiliaire : avoir → j'oublie le sujet nous et je cherche le COD.
- « Nous avons regardé quoi ? » → un documentaire. Il est placé après le verbe.
- Forme : regardé, invariable. → Nous avons regardé un documentaire fascinant.
e. Les enfants ont (boire) leur lait.
- Auxiliaire : avoir. Le sujet les enfants est masculin pluriel — et cela ne changera rien.
- « Les enfants ont bu quoi ? » → leur lait, placé après.
- Forme : bu, invariable. → Les enfants ont bu leur lait.
Le cas e est le piège classique : le sujet est pluriel, la tentation d'écrire « bus » est forte. Avec avoir, le sujet n'intervient jamais.
11. Huit phrases traitées de bout en bout — avoir, COD avant
f. Cette robe, tu l'as (choisir) toi-même.
- Auxiliaire : avoir → je cherche le COD.
- « Tu as choisi quoi ? » → l', qui reprend cette robe → féminin singulier.
- Position : avant le verbe → accord.
- Forme : choisie. → Cette robe, tu l'as choisie toi-même.
g. Cette chanson, il l'a (chanter) avec émotion.
- Auxiliaire : avoir.
- « Il a chanté quoi ? » → l', qui reprend cette chanson → féminin singulier.
- Position : avant → accord.
- Forme : chantée. → Cette chanson, il l'a chantée avec émotion.
h. Où sont les clés ? Je les ai (perdre).
- Auxiliaire : avoir.
- « J'ai perdu quoi ? » → les, qui reprend les clés → féminin pluriel.
- Position : avant → accord.
- Forme : perdues. → Je les ai perdues.
Dans ces trois cas, le travail réel n'est pas l'accord : c'est de retrouver le nom que l' ou les remplace. Une fois ce nom identifié avec son genre et son nombre, la terminaison tombe toute seule.
12. Un exercice type mélangé, corrigé phrase par phrase
En contrôle, les deux auxiliaires arrivent mélangés, sans indication. Voici la série de référence, entièrement traitée.
| Phrase | Auxiliaire | Raisonnement | Forme |
|---|---|---|---|
| Ma sœur est (rentrer) très tard hier soir. | être | sujet ma sœur, fém. sing. | rentrée |
| Nous avons (regarder) un documentaire fascinant. | avoir | COD un documentaire après → invariable | regardé |
| Les enfants ont (boire) leur lait. | avoir | COD leur lait après → invariable | bu |
| Elle est (naître) en juillet. | être | sujet elle, fém. sing. | née |
| Cette robe, tu l'as (choisir) toi-même. | avoir | COD l' = cette robe, fém. sing., avant → accord | choisie |
Relis la colonne « auxiliaire » : elle suffit presque à prédire la réponse. Être → tu regardes à gauche (le sujet). Avoir → tu regardes à droite du verbe, et si tu ne trouves rien à droite, tu regardes ce qui traîne juste à gauche du groupe verbal.
13. Récapitulatif et erreurs à éliminer
Le chapitre en trois lignes :
- Avec être → accord avec le sujet, en genre et en nombre.
- Avec avoir, COD après (ou pas de COD) → invariable.
- Avec avoir, COD avant → accord avec ce COD.
Et les quatre fautes à traquer sur ta copie avant de rendre :
- Accorder avec avoir selon le sujet : « Elles ont mangées. » → FAUX, le sujet n'intervient jamais avec avoir.
- Oublier l'accord avec être : « Elle est arrivé. » → FAUX → arrivée.
- Confondre COD et COI : « Elle lui a parlé. » → lui est COI → pas d'accord.
- Accorder avec un COD placé après : « J'ai écrites une lettre. » → FAUX → écrit.
Un dernier conseil de méthode : quand tu relis, ne relis pas les terminaisons — relis les auxiliaires. Entoure chaque est / sont / a / ont / avons…, et pour chacun repose-toi la question 1. Les fautes de ce chapitre viennent presque toujours d'un aiguillage raté au départ, pas d'une terminaison mal écrite.
Le cours, tu l'as : être → le sujet, avoir → le COD et sa place. Reste ce qui coûte réellement des points, et c'est presque toujours la même petite série — un sujet féminin pluriel qui attire un accord illégitime, un lui qu'on prend pour un COD, un les collé à l'auxiliaire qu'on ne voit pas, une terminaison qu'on n'entend pas. On passe chaque piège en revue, avec la phrase fausse et sa correction, puis la manière de justifier sa réponse pour prendre tous les points.
Rappel express — la règle sur laquelle on va s'appuyer
Tout ce qui suit se juge à l'aune de ces trois lignes. Garde-les sous les yeux.
- Avec être → accord avec le sujet (genre + nombre).
- Avec avoir, COD placé après (ou aucun COD) → invariable.
- Avec avoir, COD placé avant → accord avec ce COD.
Chacun des pièges qui suit est une manière de faire dérailler l'une de ces trois lignes.
Piège 1 — Le sujet qui attire un accord illégitime
C'est la faute numéro un du chapitre. Le sujet est féminin ou pluriel, l'oreille réclame une marque, et la main l'écrit — alors que l'auxiliaire est avoir.
- « Elles ont mangées. » → FAUX. Avec avoir, le sujet n'intervient jamais. Aucun COD ici → invariable : Elles ont mangé.
- « Ils ont regardés ce film ensemble. » → FAUX. COD ce film placé après → invariable : regardé. L'erreur : un -és superflu, dicté par ils.
- « Nous avons reçus une lettre hier. » → FAUX. COD une lettre placé après → invariable : reçu. Même erreur : un -us superflu.
Le contre-réflexe : dès que tu vois avoir, raye mentalement le sujet. Il ne te servira plus. La seule chose qui existe désormais, c'est le COD et sa position.
Piège 2 — L'accord avec être qu'on oublie
Symétrique du précédent, et tout aussi coûteux : l'auxiliaire est être, l'accord est obligatoire, et on écrit la forme brute.
- « Elle est arrivé. » → FAUX. Sujet elle, féminin singulier → arrivée.
- « Elle est entré dans la salle. » → FAUX. Même cause : on a laissé le masculin singulier au lieu du féminin singulier → entrée.
Pourquoi cette faute passe inaperçue à la relecture ? Parce qu'on ne l'entend pas : arrivé et arrivée se prononcent de la même façon. La relecture à l'oreille est donc inutile ici. Il faut relire avec les yeux, en cherchant les formes de être (est, sont, sommes…) et en vérifiant à chaque fois le genre et le nombre du sujet.
Piège 3 — COD ou COI ? Le pronom qui ressemble à un COD
La règle avec avoir parle du COD — et seulement de lui. Un complément d'objet indirect placé avant ne déclenche aucun accord.
- Elle lui a parlé. → lui est COI, pas COD → pas d'accord.
- Elle lui a téléphoné ce matin. → lui est COI → pas d'accord.
- Je les ai rencontrés à la sortie. → les est COD, placé avant → accord.
Le test qui tranche : reprends ta question. Si tu obtiens la réponse en demandant « quoi ? » ou « qui ? » directement après le verbe, c'est un COD. Si la réponse n'arrive qu'avec une préposition — parler à quelqu'un, téléphoner à quelqu'un — c'est un COI, et le participe ne bouge pas.
Repère utile : lui et leur placés devant le verbe sont des COI. le, la, l', les sont des COD. Ce n'est pas une astuce, c'est ce que la question « quoi ? / qui ? » te dira à chaque fois — mais ça te fait gagner du temps en contrôle.
Les verbes qui piègent sont presque toujours les mêmes, parce qu'ils se construisent avec à : parler à, téléphoner à, répondre à, sourire à, obéir à, ressembler à, plaire à, mentir à. Avec eux, le pronom placé devant est un COI et le participe ne bouge pas : Je lui ai téléphoné, Elle leur a obéi.
Attention cependant : un même verbe peut avoir les deux constructions. Écrire en est l'exemple type — Je lui ai écrit (COI, pas d'accord) mais Ces lettres, je les ai écrites (COD placé avant, accord). Ce n'est donc pas le verbe qu'il faut classer une fois pour toutes : c'est le pronom, dans cette phrase-là.
Et c'est exactement ce qu'on te demandera de justifier : « leur est placé avant le verbe, mais c'est un COI, donc pas d'accord ». Dire « pas d'accord » sans dire « COI », c'est une réponse à moitié faite.
Piège 4 — Accorder avec un COD placé après le verbe
Ici, l'élève a bien trouvé l'auxiliaire, bien trouvé le COD… et a oublié la question 4 : où est-il ?
- « J'ai écrites une lettre. » → FAUX. Le COD une lettre est placé après le verbe → écrit.
Compare tout de suite avec la phrase correcte : Cette lettre, je l'ai écrite hier. Même verbe, même COD (la lettre, fém. sing.). Une fois placé avant, il donne l'accord ; placé après, il ne donne rien.
Autrement dit, la question « le COD est-il féminin ? » est une mauvaise question tant que tu n'as pas répondu à « est-il avant ? ». Prends les deux questions dans le bon ordre : d'abord la place, ensuite le genre et le nombre. Si le COD est après, tu n'as même pas besoin de connaître son genre.
Piège 5 — le pronom COD placé avant, qu'on ne voit pas
Le COD placé avant le verbe tient en deux ou trois lettres, coincées entre le sujet et l'auxiliaire : je les ai…, il l'a…, nous vous avons…. Il est si petit qu'on lit par-dessus — et l'accord saute. Le pas à ne pas sauter : ce pronom reprend un nom, et c'est ce nom qui donne le genre et le nombre.
- « Ces histoires, je les ai lu. » → FAUX. les = ces histoires, féminin pluriel, placé avant → lues.
- Ces gâteaux, nous les avons préparés ce matin. → les = ces gâteaux, masculin pluriel → préparés.
- Cette chanson, tu l'as chantée devant tout le monde. → l' = cette chanson, féminin singulier → chantée.
La manœuvre à automatiser : dès que tu vois le, la, l', les, me, te, nous ou vous juste avant un auxiliaire avoir, arrête-toi et cherche ce qu'il remplace. C'est ce mot-là, pas le pronom — qui ne montre rien —, qui commande la terminaison.
Piège 6 — l' et les : le genre caché
Même mécanisme, difficulté supplémentaire : ces pronoms ne montrent pas leur genre.
- l' est une forme abrégée : impossible de savoir s'il est masculin ou féminin sans revenir au nom. Cette chanson, il l'a chantée. → l' = cette chanson, fém. sing.
- les indique le pluriel, mais pas le genre. Les lettres ? Je les ai écrites. → les = les lettres, fém. plur. Mais Je les ai vus → les = COD masculin pluriel.
Attention à la mise en page des sujets d'examen : le nom que reprend le pronom est souvent placé en tête de phrase, détaché par une virgule ou posé dans une question — Où sont les clés ? Je les ai perdues. Il faut aller le chercher dans la phrase précédente. Beaucoup d'élèves ne regardent que la phrase qui contient le participe, et perdent le point.
Piège 7 — Les terminaisons qu'on n'entend pas
Ce chapitre se joue presque entièrement à l'écrit. Relire à l'oreille ne sert à rien, parce que la plupart des marques d'accord sont muettes.
| Paire | À l'oral | Conséquence |
|---|---|---|
| regardé / regardés | identiques | impossible de s'auto-corriger en lisant à voix haute |
| fini / finis | identiques | idem |
| lu / lues | identiques | le -e et le -s finals sont muets : lu, lue, lus, lues se prononcent de la même façon |
| écrit / écrite | différentes | le féminin fait entendre le t final |
Une seule ligne sur quatre s'entend. Conclusion pratique : ta relecture doit être une relecture de règles, pas de sons. Pour chaque participe passé, redis-toi l'auxiliaire et le donneur d'accord. C'est plus lent, c'est le seul moyen fiable.
Justifier sa réponse pour prendre tous les points
Dans la plupart des contrôles, on ne te demande pas seulement la forme : on te demande de justifier ton accord, à l'oral ou à l'écrit. C'est même l'attendu officiel du chapitre. Le barème est alors découpé, et tu peux marquer des points même si tu te trompes sur la terminaison.
La réponse complète tient en trois éléments, toujours les mêmes :
- 1. L'auxiliaire employé : être ou avoir.
- 2. Le donneur d'accord : le sujet, ou le COD — avec son genre et son nombre, et sa place s'il s'agit d'un COD. Et s'il n'y en a pas, dis-le : « COD placé après → invariable ».
- 3. La forme accordée.
Quatre modèles de rédaction, calqués sur les corrigés du chapitre :
- Elles sont arrivées ensemble. → « être ; sujet elles (fém. plur.) → arrivées ».
- Tu as pris des notes. → « avoir ; COD des notes placé après ⇒ invariable → pris ».
- Ces gâteaux, nous les avons préparés. → « avoir ; COD les = ces gâteaux (masc. plur.), avant ⇒ accord → préparés ».
- Elle leur a répondu tout de suite. → « avoir ; leur placé avant, mais COI ⇒ pas d'accord → répondu ».
Et quand on te demande de corriger une faute et d'expliquer d'où elle vient, ajoute un quatrième élément : la nature de l'erreur. Par exemple, pour « Ils ont regardés ce film » : « avoir ; COD ce film après ⇒ invariable. Erreur : -és superflu → regardé ». Pour « Ces histoires, je les ai lu » : « avoir ; COD les = ces histoires (fém. plur.), avant. Erreur : absence d'accord → lues ».
La checklist des trois dernières minutes
Avant de rendre, repasse sur ta copie et applique cette liste à chaque participe passé. Elle est courte exprès.
- Entoure l'auxiliaire. Si tu ne l'as pas identifié, tu ne peux pas avoir raison par hasard.
- Auxiliaire être ? Vérifie le genre et le nombre du sujet, même si la phrase « sonne » bien.
- Auxiliaire avoir ? Vérifie d'abord que tu n'as pas accordé avec le sujet. C'est la faute la plus fréquente.
- Un COD ? Pose « quoi ? / qui ? ». S'il faut une préposition pour obtenir la réponse, c'est un COI → pas d'accord.
- Le COD est-il avant ? Si non → invariable, tu n'as rien d'autre à faire. Si oui → remonte au mot que l', les, me, te, nous ou vous remplace, et prends son genre et son nombre.
- Peux-tu le justifier ? Dis-toi la phrase en trois éléments — auxiliaire, donneur d'accord (genre et nombre), conclusion. Si tu ne peux pas la dire, c'est que tu as deviné : reprends la question 1.
Six vérifications, et la quasi-totalité des points du chapitre est sécurisée. Ce n'est pas une question de connaissance : à ce stade, tu connais la règle. C'est une question de procédure appliquée jusqu'au bout, sur chaque phrase, sans en sauter une.
Tu tiens le chapitre ? Alors regarde ce que tu as vraiment appris. Derrière les trois lignes du tableau, il y a une seule question, toujours la même : qui donne l'accord ? Les années suivantes iront plus loin — le participe employé comme adjectif, les verbes pronominaux en 4e, puis en 3e le COD placé avant sous une autre forme. Rien de tout cela ne remplacera ta méthode : on ne fera que lui ajouter des cas. Voici l'avant-goût, avec la logique qui les relie.
Ce que tu as vraiment appris : la recherche du donneur d'accord
Reprends tes trois règles et regarde-les autrement.
- Avec être, le donneur d'accord est le sujet.
- Avec avoir et un COD placé avant, le donneur d'accord est ce COD.
- Avec avoir et un COD placé après — ou sans COD —, il n'y a pas de donneur, donc pas d'accord.
Autrement dit : le participe passé se comporte comme un adjectif qui cherche un mot avec lequel s'accorder. C'est d'ailleurs exactement ce que le cours te disait dès la première ligne : employé seul après être, il est un adjectif attribut et s'accorde avec le sujet, comme un adjectif ordinaire — Elle est fatiguée.
Tout ce qui vient ensuite, jusqu'au lycée, consiste à identifier de nouveaux donneurs possibles, dans des configurations plus tordues. La question ne change pas ; seuls les décors changent.
Prochaine étape 1 — Le participe passé employé comme adjectif, sans auxiliaire
Tu as vu le participe passé dans les temps composés, avec un auxiliaire. Il peut aussi apparaître tout seul, sans auxiliaire, exactement à la place d'un adjectif. Il s'accorde alors en genre et en nombre avec le nom qu'il qualifie.
- une porte + fermer → une porte fermée (féminin singulier).
- des fruits + gâter → des fruits gâtés (masculin pluriel).
- un mur + peindre → un mur peint (masculin singulier).
Ce cas est facile — il n'y a pas d'auxiliaire, donc pas d'aiguillage à faire — mais il t'oblige à reconnaître un participe passé hors du temps composé. C'est le pont avec ce que tu sais du groupe nominal depuis la 6e : un petit garçon / des petites filles, et maintenant une porte fermée, des fruits gâtés. Même mécanisme d'accord, catégorie de mot différente.
Prochaine étape 2 — Les verbes pronominaux (en 4e)
C'est le gros morceau de l'an prochain : le programme de 4e prévoit de découvrir l'accord du participe passé des verbes pronominaux. Un verbe pronominal se conjugue avec un pronom réfléchi : se promener, se casser, se parler.
Deux informations à retenir dès maintenant.
- Au passé composé, les verbes pronominaux se conjuguent toujours avec l'auxiliaire être. Ta question 1 aura donc toujours la même réponse.
- Mais — et c'est la nouveauté — l'accord ne suit pas la règle simple d'être : il dépend du pronom réfléchi. Si ce pronom est COD et qu'il n'y a pas d'autre COD après le verbe, le participe s'accorde. Sinon, il reste invariable.
Les trois cas de figure, traités :
| Phrase | Analyse | Forme |
|---|---|---|
| Elles se sont (promener) au parc. | se est COD, placé avant, et aucun autre COD après → accord | promenées |
| Il s'est (casser) la jambe. | il y a un COD après le verbe, la jambe → invariable | cassé |
| Nous nous sommes (parler) longuement. | nous est COI (on parle à quelqu'un) → invariable | parlé |
Regarde bien la troisième ligne : c'est ton piège COD / COI de cette année, revenu dans un nouveau costume. Et la deuxième : c'est ta question sur la place du COD, elle aussi de retour. Rien d'inédit dans les ingrédients — seulement dans la combinaison.
Prochaine étape 3 — Le COD placé avant, sous une autre forme (en 3e)
Cette année, le COD placé avant le verbe est un pronom personnel : les, l', vous… En 3e, tu rencontreras le même accord dans une phrase construite autrement :
- Les lettres que j'ai écrites sont parties.
- Voici les gâteaux que nous avons préparés.
Le petit mot que y joue le rôle du COD, et il faut remonter au nom qui le précède pour trouver le genre et le nombre. Tu vois que le raisonnement ne change pas d'un pouce : auxiliaire avoir, COD placé avant, donc accord avec lui. Seule la forme du COD est nouvelle — et c'est pour cela que le programme la garde pour plus tard.
Autrement dit, ce que tu apprends cette année n'est pas un cas particulier qu'on remplacera : c'est le cas de base, sur lequel les autres viendront se brancher.
Ce qui ne changera pas : la méthode
Voilà pourquoi ce chapitre vaut le coup d'être solide : la méthode en quatre questions ne sera pas remplacée l'an prochain. Elle sera étendue.
- Quel est l'auxiliaire ? — reste la première question, toujours. Simplement, avec un verbe pronominal, la réponse est connue d'avance : être.
- Si être : cherche le sujet. — reste vrai, sauf pour les pronominaux, où il faudra d'abord regarder le pronom réfléchi.
- Si avoir : pose « quoi ? » ou « qui ? ». — ne bouge pas d'un mot. Cette question te servira jusqu'en terminale.
- Le COD est-il avant ou après ? — ne bouge pas non plus, et devient même l'outil qui départage Elles se sont promenées de Il s'est cassé la jambe.
Autrement dit : si tu sais aujourd'hui repérer un auxiliaire, trouver un COD et dire s'il est avant ou après, tu possèdes déjà les trois quarts de la machinerie qu'on te demandera l'an prochain. Ce qui s'ajoutera — le participe adjectif, la nature exacte des pronoms, le cas pronominal — se branche sur cette base sans la contredire.
Le conseil pour l'été, s'il n'y en avait qu'un : entraîne-toi à dire à voix haute, sur n'importe quelle phrase au passé composé, « auxiliaire… donneur d'accord… forme ». Trois mots. C'est le geste qui te suivra pendant tout le collège et tout le lycée.