Tu n'as pas encore travaillé la scène et le contrôle approche ? Commence par ce qui est écrit noir sur blanc : qui est là, ce que chacun demande, ce qui s'est passé avant. On relit, on relève, on répond en phrases complètes.

1Compréhension littérale/ 4 pts
Lis attentivement la scène, puis réponds aux questions en phrases complètes.

Texte :
MONSIEUR DE TRÉMONT, sans lever les yeux de sa lettre. — Ambroise ! Ma canne, mon chapeau, et vite.
AMBROISE, sans bouger. — Monsieur sort ?
MONSIEUR DE TRÉMONT. — Monsieur sort. Et Monsieur n'aime pas répéter.
AMBROISE. — C'est que Monsieur n'ira pas loin. Le cocher est parti ce matin : il n'était plus payé depuis trois mois.
MONSIEUR DE TRÉMONT, posant sa lettre. — Parti ? Et tu me le dis seulement maintenant ?
AMBROISE. — Monsieur ne m'a rien demandé. Monsieur m'a demandé sa canne.
MONSIEUR DE TRÉMONT. — Alors trouve-moi une voiture !
AMBROISE, s'asseyant dans le fauteuil du maître. — Cela peut se faire. Parlons d'abord de mes gages.

Scène écrite pour cet exercice : elle n'est tirée d'aucune pièce publiée. « Les gages », c'est le salaire d'un domestique.

  1. Combien y a-t-il de personnages ? Nomme-les et précise le lien qui les unit.
  2. Que demande Monsieur de Trémont au début de la scène ? Cite ses mots.
  3. Pourquoi ne pourra-t-il pas sortir ? Explique en une ou deux phrases.
Corrigé
Q1 Deux personnages : Monsieur de Trémont, le maître de maison, et Ambroise, son domestique. Ambroise est à son service : l'un commande, l'autre sert.
Q2 Ce que le maître demande : sa canne et son chapeau, immédiatement — « Ma canne, mon chapeau, et vite. » Il veut sortir.
Q3 Pourquoi il ne sortira pas : le cocher, celui qui conduit la voiture, est parti le matin même parce qu'il n'était plus payé depuis trois mois. Il ne reste donc personne pour conduire le maître.

La scène est claire. On cherche maintenant ce qu'elle montre sans le dire : qui commande, qui obéit, et à quel moment exactement les deux places s'échangent. Chaque réponse doit s'accrocher à un mot du texte.

2Le rapport de force/ 4 pts
Réponds en t'appuyant sur des éléments précis de la scène.

La scène, rappelée ici pour que tu puisses répondre sans changer d'onglet :

Texte :
MONSIEUR DE TRÉMONT, sans lever les yeux de sa lettre. — Ambroise ! Ma canne, mon chapeau, et vite.
AMBROISE, sans bouger. — Monsieur sort ?
MONSIEUR DE TRÉMONT. — Monsieur sort. Et Monsieur n'aime pas répéter.
AMBROISE. — C'est que Monsieur n'ira pas loin. Le cocher est parti ce matin : il n'était plus payé depuis trois mois.
MONSIEUR DE TRÉMONT, posant sa lettre. — Parti ? Et tu me le dis seulement maintenant ?
AMBROISE. — Monsieur ne m'a rien demandé. Monsieur m'a demandé sa canne.
MONSIEUR DE TRÉMONT. — Alors trouve-moi une voiture !
AMBROISE, s'asseyant dans le fauteuil du maître. — Cela peut se faire. Parlons d'abord de mes gages.

Scène écrite pour cet exercice : elle n'est tirée d'aucune pièce publiée. « Les gages », c'est le salaire d'un domestique.

  1. Relève deux indices montrant qu'au début, c'est le maître qui domine. Explique brièvement chacun.
  2. Relève deux indices montrant qu'à la fin, c'est Ambroise qui domine.
  3. Quel est le levier qui permet ce renversement ? Réponds en une phrase.
Corrigé
Q1 Le maître domine au début : 1) « Ma canne, mon chapeau, et vite. » : des ordres brefs, sans politesse, où il impose jusqu'au rythme. 2) « sans lever les yeux de sa lettre » : il ne regarde même pas celui à qui il parle — Ambroise n'est pas un interlocuteur, c'est un service.
Q2 Ambroise domine à la fin : 1) « s'asseyant dans le fauteuil du maître » : il prend la place de l'autre, et le renversement devient visible. 2) « Parlons d'abord de mes gages. » : il accepte de rendre le service, mais à sa condition et dans son ordre à lui.
Q3 Le levier du renversement : Ambroise sait ce que son maître ignore — le cocher est parti faute d'être payé — et sans cocher le maître ne peut plus rien : l'information et l'argent font basculer la scène.

Trois mini-échanges pour automatiser le geste. Toujours les deux mêmes questions : qui domine à la fin, et y a-t-il un renversement ? Trois lignes de réponse suffisent.

3Échauffement : trois mini-échanges/ 3 pts
Pour chaque échange, dis qui domine à la fin et s'il y a un renversement. Justifie par trois mots cités. (Les trois échanges ont été écrits pour cet exercice : ils ne sont tirés d'aucune pièce publiée.)
  1. « LE CONTREMAÎTRE. — Personne ne sort avant six heures.
    JUSTIN, se rasseyant. — Bien, monsieur. »
  2. « LE MARQUIS. — Ma clé !
    LUCE, la gardant dans sa poche. — Elle est en sûreté, Monsieur. Nous parlerons d'abord de mon jour de congé. »
  3. « LA DIRECTRICE. — Qui a ouvert cette porte ?
    TOUS, ensemble. — Personne, madame. »
Corrigé
Q1 Échange 1 : le contremaître domine, pas de renversement. Justin obéit (« Bien, monsieur ») et la didascalie « se rasseyant » montre que son corps suit l'ordre.
Q2 Échange 2 : Luce domine à la fin, il y a renversement. Elle détient l'objet réclamé (« la gardant dans sa poche ») et pose une condition (« Nous parlerons d'abord »).
Q3 Échange 3 : le groupe domine à la fin, il y a renversement. Aucun d'eux n'a de pouvoir isolément, mais ils répondent d'une seule voix (« ensemble », « Personne, madame ») : l'autorité interroge et n'obtient rien.

Format contrôle. On quitte l'histoire pour la manière dont elle est jouée : ce que disent les didascalies, ce que fait le corps des personnages, et ce que le spectateur comprend. Chaque réponse doit être justifiée.

4Les didascalies et le renversement/ 4 pts
Réponds en justifiant chaque réponse par une citation.

La scène, rappelée ici pour que tu puisses répondre sans changer d'onglet :

Texte :
MONSIEUR DE TRÉMONT, sans lever les yeux de sa lettre. — Ambroise ! Ma canne, mon chapeau, et vite.
AMBROISE, sans bouger. — Monsieur sort ?
MONSIEUR DE TRÉMONT. — Monsieur sort. Et Monsieur n'aime pas répéter.
AMBROISE. — C'est que Monsieur n'ira pas loin. Le cocher est parti ce matin : il n'était plus payé depuis trois mois.
MONSIEUR DE TRÉMONT, posant sa lettre. — Parti ? Et tu me le dis seulement maintenant ?
AMBROISE. — Monsieur ne m'a rien demandé. Monsieur m'a demandé sa canne.
MONSIEUR DE TRÉMONT. — Alors trouve-moi une voiture !
AMBROISE, s'asseyant dans le fauteuil du maître. — Cela peut se faire. Parlons d'abord de mes gages.

Scène écrite pour cet exercice : elle n'est tirée d'aucune pièce publiée. « Les gages », c'est le salaire d'un domestique.

  1. Trois didascalies encadrent la scène. Relève-les et explique ce que chacune apprend au spectateur.
  2. À quel moment précis la scène bascule-t-elle ? Justifie ta réponse.
  3. Monsieur de Trémont parle de lui à la troisième personne (« Monsieur sort »). Ambroise reprend la même formule. Quel effet cela produit-il ?
Corrigé
Q1 Les trois didascalies : « sans lever les yeux de sa lettre » : le maître domine sans même regarder son domestique. « posant sa lettre » : l'information l'atteint, il interrompt son occupation. « s'asseyant dans le fauteuil du maître » : le renversement passe dans le corps et dans le décor — la place du maître est occupée par le domestique.
Q2 Le moment de la bascule : à la réplique « Le cocher est parti ce matin : il n'était plus payé depuis trois mois. » La didascalie « posant sa lettre » confirme aussitôt que le maître a cessé de dominer la conversation.
Q3 L'effet de la troisième personne : le maître se traite lui-même comme un titre : ce n'est pas un homme qui parle, c'est une fonction, et il exige qu'on la respecte. Quand Ambroise reprend la formule (« Monsieur ne m'a rien demandé »), la marque de respect devient une moquerie polie : le dominé se sert des mots du dominant contre lui.

Le format de l'année suivante : moins de relevés, plus d'explication. On interprète le sens du rire, puis on écrit à son tour, en respectant la présentation du théâtre.

5Sens, interprétation et écriture/ 4 pts
Développe chaque réponse (trois à cinq lignes pour les deux premières questions).

La scène, rappelée ici pour que tu puisses répondre sans changer d'onglet :

Texte :
MONSIEUR DE TRÉMONT, sans lever les yeux de sa lettre. — Ambroise ! Ma canne, mon chapeau, et vite.
AMBROISE, sans bouger. — Monsieur sort ?
MONSIEUR DE TRÉMONT. — Monsieur sort. Et Monsieur n'aime pas répéter.
AMBROISE. — C'est que Monsieur n'ira pas loin. Le cocher est parti ce matin : il n'était plus payé depuis trois mois.
MONSIEUR DE TRÉMONT, posant sa lettre. — Parti ? Et tu me le dis seulement maintenant ?
AMBROISE. — Monsieur ne m'a rien demandé. Monsieur m'a demandé sa canne.
MONSIEUR DE TRÉMONT. — Alors trouve-moi une voiture !
AMBROISE, s'asseyant dans le fauteuil du maître. — Cela peut se faire. Parlons d'abord de mes gages.

Scène écrite pour cet exercice : elle n'est tirée d'aucune pièce publiée. « Les gages », c'est le salaire d'un domestique.

  1. De quoi le spectateur rit-il à la fin de la scène ? Et que comprend-il en même temps sur l'autorité du maître ?
  2. Le programme n'impose ni pièce ni siècle. Explique pourquoi cette scène pourrait se jouer aujourd'hui : que faudrait-il changer, que faudrait-il garder ?
  3. Écris la suite : quatre répliques au moins, dont une didascalie, où Monsieur de Trémont tente de reprendre le dessus.
Corrigé
Q1 Ce dont on rit, ce qu'on comprend : on rit de l'image finale — un domestique installé dans le fauteuil de son maître, et un maître incapable de sortir de chez lui. Mais ce renversement fait comprendre sur quoi reposait son autorité : le travail de ceux qu'il commandait et un argent qu'il ne verse plus. La scène met la maison sens dessus dessous et tend au spectateur un miroir grossissant.
Q2 Transposer aujourd'hui : il faudrait changer le décor et les mots (la canne, le cocher, les gages deviennent un téléphone, un livreur, un salaire), mais garder ce qui fait la scène : deux places inégales au départ, une information que seul le dominé possède, un service dont le dominant ne peut pas se passer, et un geste final qui rend la bascule visible.
Q3 Exemple de suite : « MONSIEUR DE TRÉMONT. — Tes gages ? Sors d'abord de ce fauteuil. / AMBROISE, sans bouger. — Monsieur veut sortir, ou me faire sortir ? Il faudra choisir. / MONSIEUR DE TRÉMONT. — Je peux te renvoyer ce soir. / AMBROISE. — Monsieur peut. Et demain matin, Monsieur fera son feu lui-même. » Ce qui est attendu : la présentation du théâtre (nom en majuscules, tiret, réplique), au moins une didascalie, et une tentative visible du maître pour reprendre l'avantage.