Tout le cours en un coup d'œil : comment une forme verbale est fabriquée (radical + terminaison), les marques de temps et de personne des temps simples, le conditionnel, les deux temps composés au programme, et les erreurs qui coûtent des points. À lire la veille au soir.

1. L'idée en trois lignes

Une forme verbale se coupe toujours en deux morceaux : un radical, qui porte le sens du verbe, et une terminaison, qui porte deux informations — la marque de temps et la marque de personne.

nous chantions : radical chant-, marque de temps -i- (imparfait), marque de personne -ons (1re personne du pluriel). Identifier un temps, ce n'est donc pas deviner : c'est lire les marques, dans cet ordre.

MorceauCe qu'il porteDans vous finiriez
Radicalle sens du verbefini-
Marque de tempsle -r- du futur et du conditionnel, puis le -i- de l'imparfait : c'est le conditionnel-r- puis -i-
Marque de personnequi fait l'action-ez (vous)

2. Les marques de personne

Elles sont presque toujours les mêmes, quel que soit le temps :

PersonneMarqueExemples
je-sje finis, je prenais, je serais
tu-stu finis, tu prenais, tu serais
il / elle / on-til finit, il prenait, il serait
nous-onsnous finissons, nous prenions, nous serions
vous-ezvous finissez, vous preniez, vous seriez
ils / elles-ntils finissent, ils prenaient, ils seraient

Trois réserves à retenir. Au présent, les verbes dont l'infinitif finit par -er prennent -e, -es, -e (je chante, tu chantes, il chante). Le futur simple et le passé simple ont leurs terminaisons à eux, qu'il faut apprendre en bloc (je chanterai, tu chanteras, il chantera… ; je chantai, tu chantas, il chanta…). Enfin, quelques verbes très fréquents s'écartent du tableau (je peux, tu veux, il a, il va, nous sommes, vous êtes, vous faites, vous dites).

3. Les marques de temps des temps simples

TempsMarque de tempschanterfinir
Présent de l'indicatifaucune : la terminaison ne porte que la personneje chante, nous chantonsje finis, nous finissons
Imparfait de l'indicatif-ai- / -i-je chantais, nous chantionsje finissais, nous finissions
Passé simple de l'indicatif-a- pour les verbes en -er, sinon -i- ou -u-je chantai, nous chantâmesje finis, nous finîmes
Futur simple de l'indicatif-r- + -ai, -as, -a, -ons, -ez, -ontje chanterai, nous chanteronsje finirai, nous finirons
Conditionnel-r- + les terminaisons de l'imparfaitje chanterais, nous chanterionsje finirais, nous finirions
Présent de l'impératiftrois formes seulement, sans pronom sujetchante, chantons, chantezfinis, finissons, finissez

4. Le conditionnel en une ligne

Base du futur + terminaisons de l'imparfait. La base du futur, c'est l'infinitif entier pour les verbes en -er et en -ir (chanter-, finir-), et l'infinitif privé de son -e final pour les verbes en -re (prendreprendr-).

Conditionnel — prendre : je prendrais · tu prendrais · il prendrait · nous prendrions · vous prendriez · ils prendraient.

Une dizaine de verbes ont une base irrégulière, la même au futur simple et au conditionnel : être → ser- · avoir → aur- · aller → ir- · faire → fer- · voir → verr- · venir → viendr- · pouvoir → pourr- · vouloir → voudr- · savoir → saur- · devoir → devr-.

5. Les deux temps composés au programme

Un temps composé s'écrit en deux mots : un auxiliaire (être ou avoir) conjugué, suivi du participe passé du verbe. C'est l'auxiliaire qui porte les marques de temps et de personne.

Temps composéAuxiliaireExemples
Passé composéau présentj'ai chanté · nous avons pris · elle est partie
Plus-que-parfaità l'imparfaitj'avais chanté · nous avions pris · elle était partie

6. Les erreurs qui coûtent des points

  • je chanterai (futur) n'est pas je chanterais (conditionnel) : un -s change tout. Le test : passe à nous. Nous chanterons = futur ; nous chanterions = conditionnel.
  • Après si, jamais de conditionnel : Si j'avais le temps, je lirais ce livre.
  • Les verbes en -re perdent leur -e : je prendrais, et non « je prenderais ».
  • À nous et à vous, ne mange pas le -i- : nous chantions, vous voyiez, nous verrions.
  • Le radical de certains verbes change d'une personne à l'autre : je peux, nous pouvons, ils peuvent.

7. Si tu ne retiens qu'une chose

Devant une forme verbale, découpe-la : radical, marque de temps, marque de personne. Les trois questions posées dans cet ordre donnent le temps sans deviner. Et quand tu reconnais l'infinitif complet (ou une base irrégulière du futur) suivi des terminaisons de l'imparfait, c'est le conditionnel : chante-r-ais, fini-r-ions, ser-i-ez.

Tu as déjà croisé tout cela sans forcément l'avoir mis en ordre. On reprend la fabrication d'une forme verbale, puis les six temps et modes au programme cette année, puis les verbes dont le radical bouge.

1. Décomposer une forme verbale

Toute forme simple se lit de gauche à droite : radical, puis marque de temps, puis marque de personne. Le radical se trouve en général sur la forme en nous du présent : nous finiss-ons, nous pren-ons, nous voy-ons.

FormeRadicalMarque de tempsMarque de personneTemps
nous finissionsfiniss--i--onsimparfait
tu prendrasprend--r--asfutur simple
il chanteraitchante--r--aitconditionnel
vous partîtespart--î--tespassé simple

Au conditionnel, la marque de personne -ait est en réalité le -ai- de l'imparfait suivi du -t de la 3e personne : chante-r-ai-t. C'est pour cela que le conditionnel « sonne » comme l'imparfait.

2. Les six temps et modes de l'année

Présent de l'indicatif — radical + marque de personne. Verbes en -er : je chante, tu chantes, il chante, nous chantons, vous chantez, ils chantent. Autres verbes : je finis, tu finis, il finit, nous finissons, vous finissez, ils finissent.

Imparfait de l'indicatif — radical de la forme en nous du présent + -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient : nous prenonsje prenais, nous prenions, ils prenaient. Un seul verbe échappe à la règle : être (j'étais, nous étions, vous étiez, ils étaient).

Passé simple de l'indicatif — le temps du récit écrit. Verbes en -er : je chantai, tu chantas, il chanta, nous chantâmes, vous chantâtes, ils chantèrent. Beaucoup d'autres : je finis, il finit, nous finîmes, vous finîtes, ils finirent ; je pris, il prit, ils prirent. Quelques-uns en -u- : je fus, il fut, nous fûmes, ils furent ; j'eus, il eut, ils eurent.

Futur simple de l'indicatif — base du futur + -ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont : je finirai, tu finiras, il finira, nous finirons, vous finirez, ils finiront.

Conditionnel — la même base du futur, mais les terminaisons de l'imparfait : je finirais, tu finirais, il finirait, nous finirions, vous finiriez, ils finiraient.

Présent de l'impératif — trois formes, sans pronom sujet : finis, finissons, finissez ; prends, prenons, prenez ; sois, soyons, soyez ; aie, ayons, ayez. Les verbes en -er et aller perdent le -s à la deuxième personne du singulier : chante, va.

3. Le conditionnel, base par base

VerbeBaseConditionnel (je / nous / ils)
chanterchanter-je chanterais · nous chanterions · ils chanteraient
finirfinir-je finirais · nous finirions · ils finiraient
prendreprendr-je prendrais · nous prendrions · ils prendraient
êtreser-je serais · nous serions · ils seraient
avoiraur-j'aurais · nous aurions · ils auraient
allerir-j'irais · nous irions · ils iraient
fairefer-je ferais · nous ferions · ils feraient
voirverr-je verrais · nous verrions · ils verraient
venirviendr-je viendrais · nous viendrions · ils viendraient
pouvoirpourr-je pourrais · nous pourrions · ils pourraient

On rencontre le conditionnel dans l'hypothèse (Si le train partait à l'heure, nous arriverions avant midi.), dans la demande polie (Pourriez-vous m'aider ?) et dans l'information que l'on rapporte sans la garantir (Il y aurait un blessé.). Cette année, ce qu'on te demande, c'est de savoir le former et le reconnaître ; l'étude complète de ses valeurs viendra l'an prochain.

4. Verbes réguliers, verbes irréguliers : le radical qui bouge

Un verbe est régulier quand son radical ne change pas : chanter garde chant- presque partout. Il est irrégulier quand son radical varie d'une personne ou d'un temps à l'autre. Ce sont les plus fréquents, donc ceux qu'il faut connaître.

VerbePrésent (je / nous / ils)Base du futur et du conditionnel
êtreje suis · nous sommes · ils sontser-
avoirj'ai · nous avons · ils ontaur-
allerje vais · nous allons · ils vontir-
faireje fais · nous faisons · ils fontfer-
pouvoirje peux · nous pouvons · ils peuventpourr-
vouloirje veux · nous voulons · ils veulentvoudr-
venirje viens · nous venons · ils viennentviendr-
prendreje prends · nous prenons · ils prennentprendr-
voirje vois · nous voyons · ils voientverr-
savoirje sais · nous savons · ils saventsaur-

5. Les temps composés : auxiliaire + participe passé

Le passé composé = auxiliaire au présent + participe passé : j'ai fini, nous avons pris, il est venu, elles sont venues.
Le plus-que-parfait = auxiliaire à l'imparfait + participe passé : j'avais fini, nous avions pris, il était venu, elles étaient venues.

Le participe passé, lui, ne se conjugue pas : il s'accorde parfois, et c'est une autre fiche.

6. Ce que les temps racontent

Un temps simple présente l'action en train de se faire, un temps composé la présente achevée : Il mange / Il a mangé, Il finissait son devoir / Il avait fini son devoir.

Dans un récit au passé, les deux temps ne servent pas à la même chose : l'imparfait installe le décor et les actions qui durent ; le passé simple fait avancer l'histoire par des actions brèves. Il pleuvait sur le port ; soudain, un homme sortit de l'ombre.

Enfin, deux modes se distinguent nettement : l'indicatif raconte, décrit, affirme ; l'impératif donne un ordre ou un conseil, sans pronom sujet et à trois personnes seulement.

7. Les erreurs fréquentes

  • je chanterai / je chanterais : le premier est un futur, le second un conditionnel.
  • nous voyions (imparfait) / nous verrons (futur) / nous verrions (conditionnel) : trois formes, trois temps.
  • je prenderais n'existe pas : la base est prendr-.
  • Au passé simple, la 1re et la 2e personne du pluriel portent un accent circonflexe : nous chantâmes, vous chantâtes, nous finîmes, vous finîtes.

Trois exemples traités du début à la fin, avec les gestes dans l'ordre : découper une forme pour nommer son temps, conjuguer un verbe dont le radical bouge, trancher entre futur et conditionnel dans une phrase. Chacun se termine par un contrôle et par une seconde application du même geste. Lis-les la main sur la feuille, pas seulement des yeux.

Exemple 1 — Nommer le temps de vous partiez

Étape 0 — recopier la forme. On l'écrit seule, sans le reste de la phrase : partiez. Tout ce dont on a besoin est dedans.

Étape 1 — la marque de personne. La forme se termine par -ez : c'est vous. On la met de côté, il reste parti-.

Étape 2 — la marque de temps. Juste avant -ez, il y a un -i- : c'est la marque de l'imparfait. Il n'y a pas de -r- devant lui, donc ni futur simple ni conditionnel.

Étape 3 — le radical. Ce qui reste, part-, est bien le radical du verbe partir : on le retrouve dans nous part-ons.

Conclusion. vous partiez = imparfait de l'indicatif, 2e personne du pluriel.

Contrôle. Quatre formes du même verbe, à la même personne, se distinguent uniquement par leurs marques :

FormeDécoupageTemps
vous partiezpart- + -i- + -ezimparfait
vous partirezparti- + -r- + -ezfutur simple
vous partiriezparti- + -r- + -i- + -ezconditionnel
vous partîtespart- + -î- + -tespassé simple

Le même geste, une seconde fois. nous disions : la marque de personne est -ons ; devant elle, un -i- sans -r- ; le radical dis- se retrouve dans nous dis-ons. C'est donc l'imparfait, 1re personne du pluriel — à ne pas confondre avec le présent nous disons, qui n'a pas ce -i-.

Exemple 2 — Conjuguer voir au conditionnel

Étape 1 — la base. voir est irrégulier : sa base de futur n'est pas l'infinitif, c'est verr-. On la vérifie sur le futur, que l'on connaît déjà : je verrai.

Étape 2 — les terminaisons. Le conditionnel prend celles de l'imparfait : -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient.

Étape 3 — on assemble, personne par personne. je verrais · tu verrais · il verrait · nous verrions · vous verriez · ils verraient.

Contrôle. Trois séries se ressemblent à l'oral et se distinguent à l'écrit :

TempsBasenousvous
Imparfaitvoy-nous voyionsvous voyiez
Futur simpleverr-nous verronsvous verrez
Conditionnelverr-nous verrionsvous verriez

Le même geste, une seconde fois. venir : base viendr- (contrôle sur le futur, je viendrai), plus les terminaisons de l'imparfait → je viendrais · tu viendrais · il viendrait · nous viendrions · vous viendriez · ils viendraient. Attention à ne pas repartir du présent nous venons, qui donnerait l'imparfait nous venions.

Exemple 3 — Futur ou conditionnel ?

L'énoncé. Si le train arrivait à l'heure, nous (être) à Paris à midi.

Étape 1 — lire l'autre verbe. La phrase commence par si suivi d'un imparfait (arrivait). Ce montage annonce une hypothèse : l'autre verbe se met au conditionnel, jamais au futur.

Étape 2 — la base. Le verbe demandé est être, dont la base de futur est ser-.

Étape 3 — la terminaison. Le sujet est nous : terminaison -ions. On obtient nous serions.

Phrase complète. Si le train arrivait à l'heure, nous serions à Paris à midi.

Contrôle. Nous serons serait un futur, et le futur ne va pas avec si + imparfait. Vérification à la première personne du singulier, là où la faute se voit le mieux : je serais (avec -s), et non je serai.

Le même geste, une seconde fois. Si tu venais avec nous, tu (voir) la mer. Après si, l'imparfait venais ; donc conditionnel pour l'autre verbe ; base verr- ; sujet tu, terminaison -aisSi tu venais avec nous, tu verrais la mer.

Ce sont toujours les mêmes formes qui font perdre des points, et elles sont prévisibles. Dix pièges, chacun avec la faute, la raison et le geste de vérification. À la fin, une relecture en cinq questions à faire sur ta copie avant de rendre.

Rappel express avant les pièges

Radical + marque de temps + marque de personne. Le -r- annonce le futur simple ou le conditionnel ; ce qui suit tranche : terminaisons du futur (-ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont) ou terminaisons de l'imparfait (-ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient).

Piège n° 1 — je chanterai pris pour je chanterais

À l'oreille, les deux se ressemblent. À l'écrit, ils n'ont ni le même temps ni le même sens : Demain, je chanterai devant la classe (futur : c'est prévu) ; Je chanterais volontiers, si tu m'accompagnais (conditionnel : c'est suspendu à une condition).

Le geste : mets la phrase à nous. Nous chanterons → futur, donc je chanterai. Nous chanterions → conditionnel, donc je chanterais. Le pluriel ne ment pas, l'oreille si.

Piège n° 2 — le conditionnel placé après si

« Si j'aurais le temps » est une faute célèbre. Après si qui pose une hypothèse, on emploie l'imparfait ; le conditionnel, lui, se trouve dans l'autre partie de la phrase : Si j'avais le temps, j'irais au musée.

Le geste : souligne le verbe qui suit si. S'il porte le -r- du conditionnel, il est mal placé : c'est l'autre verbe qui doit le porter.

Piège n° 3 — le -e de l'infinitif gardé ou perdu

Pour les verbes dont l'infinitif finit par -re, la base du futur et du conditionnel perd le -e : prendreje prendrais ; écrirej'écrirais ; direnous dirions ; mettreils mettraient. Pour les verbes en -er, au contraire, l'infinitif reste entier : je chanterais, nous jouerions, vous étudieriez.

Le geste : écris d'abord l'infinitif complet, puis raye le -e final s'il vient après un r (prendre, écrire, dire, mettre). Jamais « je prenderais ».

Piège n° 4 — le -i- avalé à nous et à vous

C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre, parce qu'on ne l'entend presque pas. Elle touche l'imparfait comme le conditionnel : nous chantions, vous chantiez, nous serions, vous auriez, nous prendrions, vous feriez.

Elle devient spectaculaire quand le radical finit déjà par i ou par y. Il faut alors écrire deux lettres qui n'en font qu'une à l'oreille : imparfait nous criions, vous criiez (radical cri- + le -i- de l'imparfait), nous étudiions, nous voyions, vous voyiez, nous payions.

Le geste : compare toujours avec le présent. Nous crions (présent) / nous criions (imparfait) ; vous voyez (présent) / vous voyiez (imparfait). Si le présent a une seule lettre, l'imparfait en a deux.

Piège n° 5 — les bases irrégulières que l'on fabrique

« je courirais », « il pouvra », « ils voudreraient » : ces formes n'existent pas. Les bases irrégulières s'apprennent, elles ne se déduisent pas de l'infinitif : courircourr- (je courrais), mourirmourr-, pouvoirpourr- (il pourrait), vouloirvoudr- (je voudrais), envoyerenverr- (j'enverrais), falloirfaudr- (il faudrait).

Le geste : vérifie la base sur le futur, que tu connais mieux : si je courrai prend deux r, alors je courrais aussi.

Piège n° 6 — je courais ou je courrais ?

Un seul r : imparfait, le radical est cour- (nous couronsje courais). Deux r : conditionnel, la base est courr- (Je courrais plus vite avec de vraies baskets.). Même piège avec mourir : il mourait de faim (imparfait) / il mourrait de honte (conditionnel).

Le geste : demande-toi si le fait est raconté (imparfait) ou suspendu à une condition (conditionnel), puis compte les r.

Piège n° 7 — le radical figé alors qu'il varie

Les verbes les plus courants changent de radical d'une personne à l'autre : je peux mais nous pouvons et ils peuvent ; je viens mais nous venons et ils viennent ; je prends mais nous prenons et ils prennent ; je vais mais nous allons et ils vont. Écrire « nous peuvons » ou « ils prendent », c'est avoir figé un radical qui bouge.

Le geste : pour ces verbes, récite trois formes du présent — je, nous, ils — avant de conjuguer à un autre temps. C'est sur la forme en nous que se lit le radical de l'imparfait.

Piège n° 8 — l'accent oublié au passé simple

À la 1re et à la 2e personne du pluriel, le passé simple porte un accent circonflexe : nous chantâmes, vous chantâtes ; nous finîmes, vous finîtes ; nous fûmes, vous fûtes ; nous vînmes, vous vîntes. Et à la 3e personne du pluriel, méfie-toi des formes courtes : ils firent, ils prirent, ils virent, ils vinrent, ils eurent, ils furent.

Le geste : au passé simple, coche mentalement les deux personnes du pluriel : ce sont les seules à porter l'accent.

Piège n° 9 — l'impératif présent traité comme un présent ordinaire

L'impératif présent n'a que trois formes et aucun pronom sujet : on écrit Prends ton cahier, et non « Tu prends ton cahier » si c'est un ordre. Les verbes en -er et le verbe aller perdent le -s à la deuxième personne du singulier : chante, écoute, va — mais on le rétablit devant y ou en : vas-y, manges-en.

Le geste : relis la phrase à voix haute en imaginant que tu t'adresses à quelqu'un. Si c'est un ordre ou un conseil, supprime le pronom sujet et vérifie le -s.

Piège n° 10 — le participe passé écrit comme un infinitif

Dans un temps composé, c'est l'auxiliaire qui est conjugué et le verbe qui suit est au participe passé : il a mangé, et non « il a manger ». Après une préposition, en revanche, c'est l'infinitif : il vient de manger.

Le geste : remplace le verbe par prendre. Si la phrase accepte pris, il faut un participe passé (il a prisil a mangé) ; si elle appelle prendre, il faut un infinitif (il vient de prendreil vient de manger).

La relecture en cinq questions

  1. Chaque forme verbale se découpe-t-elle en radical + marque de temps + marque de personne ?
  2. Les formes en -r- sont-elles du futur (-ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont) ou du conditionnel (-ais, -ait, -ions, -iez, -aient), selon le sens de la phrase ?
  3. Ai-je écrit le -i- à nous et à vous, à l'imparfait comme au conditionnel ?
  4. Les verbes irréguliers ont-ils leur vraie base, vérifiée sur le futur, et leur vrai radical, vérifié sur la forme en nous du présent ?
  5. Dans un récit au passé, l'imparfait décrit-il et le passé simple fait-il avancer l'action ?

Ce que tu viens d'installer — radical, marques de temps, marques de personne — ne sera plus jamais réexpliqué : c'est l'outil avec lequel on ouvrira les temps et les modes des années suivantes. Voici ce qui vient ensuite, et ce qui est désormais supposé acquis.

1. Le socle qu'on emporte

Une forme verbale se lit, elle ne se devine pas. Radical, marque de temps, marque de personne : ces trois questions serviront pour tous les temps que tu n'as pas encore rencontrés, exactement comme elles servent aujourd'hui pour l'imparfait ou le conditionnel. C'est la raison pour laquelle on t'a fait décomposer des formes plutôt que réciter des listes.

Second acquis, moins visible : les verbes ne sont plus rangés dans des cases, ils sont classés par le comportement de leur radical. Un verbe régulier garde le sien ; un verbe irrégulier le fait varier, et ce sont justement les plus employés. Savoir lequel varie, et comment, vaut mieux que n'importe quelle liste apprise par cœur.

2. Les temps composés, d'abord par imitation

Tu sais déjà que le passé composé et le plus-que-parfait se fabriquent avec un auxiliaire conjugué suivi d'un participe passé. Le même montage donne d'autres temps, que tu croiseras surtout dans les textes : l'auxiliaire au passé simple (il eut fini, il fut parti) ou au futur (il aura fini, il sera parti).

Cette année, on ne te demande pas de les apprendre par cœur : on te demande de les conjuguer par imitation, c'est-à-dire de reproduire le modèle sur un autre verbe. Le modèle quand il eut fini, il sortit te permet d'écrire quand il eut compris, il sourit sans avoir appris de tableau. C'est l'an prochain que ces temps deviendront des formes à mémoriser.

3. Le conditionnel : la forme cette année, les valeurs ensuite

Cette année, l'exigence porte sur la morphologie : savoir former le conditionnel, le reconnaître dans un texte, ne pas le confondre avec le futur. L'an prochain, on étudiera ce qu'il vaut : sa valeur temporelle — un futur vu depuis le passé : Il annonça qu'il partirait le lendemain. — et ses valeurs modales : l'hypothèse, le souhait, la politesse, l'information que l'on rapporte sans la garantir.

Autrement dit, tu construis maintenant l'outil ; on t'apprendra ensuite tout ce qu'on peut en faire. Les élèves qui se trompent en 4e sur les valeurs sont presque toujours ceux qui hésitent encore sur la forme.

4. Les valeurs des temps, plus finement

Tu as vu cette année qu'un temps simple laisse l'action en cours et qu'un temps composé la donne pour achevée : il mange / il a mangé. On ira plus loin : une action peut être présentée comme limitée ou non dans le temps, achevée ou non achevée, et ce sont ces nuances qui expliquent qu'un récit choisisse l'imparfait ici et le passé simple là.

Rien de neuf sur les formes, donc : tout se jouera sur l'emploi. Raison de plus pour que les formes, elles, soient devenues automatiques.

5. Écrire avec ce que tu sais

Un récit au passé tient sur deux temps : l'imparfait pour le décor et les actions qui durent, le passé simple pour les actions brèves qui font avancer l'histoire. La pluie tombait sur le port désert ; soudain, une silhouette sortit de l'ombre et s'approcha du bateau.

Le conditionnel, lui, sert à ouvrir une autre porte : celle de ce qui n'est pas encore, ou pas sûr. Avec un peu de chance, le bateau partirait avant l'aube. Deux phrases suffisent, dans une rédaction, pour montrer qu'on maîtrise les deux régimes.

6. Les automatismes supposés acquis

  1. Découper une forme verbale en radical, marque de temps, marque de personne.
  2. Ne jamais confondre je parlerai et je parlerais.
  3. Écrire le -i- de nous et de vous, à l'imparfait comme au conditionnel.
  4. Connaître les bases ser-, aur-, ir-, fer-, verr-, viendr-, pourr-, voudr-, saur-, devr-.
  5. Justifier un temps en citant les marques qu'on lit dans la forme, jamais l'impression qu'elle donne.

Ces cinq points ne seront plus réexpliqués : ils seront utilisés.

7. La règle qui ne change jamais

Une forme conjuguée est un assemblage, pas un mot appris en bloc. Tant qu'on sait nommer le radical, la marque de temps et la marque de personne, on peut écrire juste un verbe qu'on n'a jamais conjugué — et c'est exactement ce qu'on te demandera de faire, chaque année, avec des temps de plus en plus nombreux.