Tout le cours en un coup d'œil : les deux voix, la condition qui autorise le passage de l'une à l'autre, la méthode en cinq gestes, un exemple mené jusqu'au bout et les quatre erreurs qui coûtent des points. À lire la veille au soir.
1. L'idée en trois lignes
Un verbe peut s'employer à deux voix différentes. À la voix active, le sujet fait l'action : il est l'agent. À la voix passive, le sujet subit l'action : il est le patient.
Une même action, deux façons de la présenter. Devant une phrase, la question est toujours la même : le sujet agit-il, ou subit-il ?
2. Les deux voix côte à côte
| Voix active | Voix passive | |
|---|---|---|
| La phrase | Le jardinier plante des arbres. | Des arbres sont plantés par le jardinier. |
| Le sujet | le jardinier — c'est l'agent, il fait l'action | des arbres — c'est le patient, il subit l'action |
| Le verbe | plante | sont plantés : auxiliaire être + participe passé |
| L'autre élément | COD : des arbres | complément d'agent : par le jardinier |
Tout est dans ce tableau : le COD de la phrase active est devenu le sujet de la phrase passive, et le sujet de la phrase active est devenu complément d'agent, introduit par par. Le participe passé, lui, s'accorde avec le nouveau sujet.
3. La condition à ne pas oublier
Seuls les verbes transitifs directs — ceux qui ont un COD — peuvent être mis à la voix passive. Pas de COD, pas de patient à installer en sujet : la transformation est impossible. Dormir, partir, tomber n'ont pas de voix passive.
4. La méthode en cinq gestes
- Repérer le COD du verbe actif : il deviendra le sujet de la phrase passive.
- Le sujet actif devient le complément d'agent, introduit par par (parfois de).
- Le verbe actif devient être (au même temps) + participe passé.
- Accorder le participe passé avec le nouveau sujet.
- Si le verbe n'a pas de COD, la transformation est impossible.
5. Un exemple mené jusqu'au bout
Phrase de départ : La tempête détruit les maisons. (présent)
- COD : les maisons → il devient le sujet de la phrase passive.
- Sujet actif : la tempête → il devient complément d'agent : par la tempête.
- Verbe : détruit est au présent, donc être au présent (sont) + participe passé détruit.
- Accord avec le nouveau sujet les maisons (féminin pluriel) → détruites.
Résultat : Les maisons sont détruites par la tempête.
6. Le temps est porté par l'auxiliaire
C'est l'auxiliaire être qui prend le temps du verbe actif. Le participe passé, lui, ne bouge pas.
- Présent — Le vent renverse les poubelles. → Les poubelles sont renversées par le vent.
- Imparfait — Le roi récompensait les chevaliers. → Les chevaliers étaient récompensés par le roi.
- Passé composé — Un architecte a conçu ce bâtiment. → Ce bâtiment a été conçu par un architecte.
7. Quand l'agent disparaît
Si l'agent est inconnu ou sans intérêt, on peut omettre le complément d'agent : On a volé mon vélo. → Mon vélo a été volé. La phrase passive reste complète et correcte sans par + agent.
8. Les quatre erreurs qui coûtent des points
- Oublier d'accorder le participe passé avec le nouveau sujet : ✗ Les maisons est détruit → ✓ Les maisons sont détruites.
- Confondre le temps : c'est l'auxiliaire être qui porte le temps, pas le participe passé.
- Tenter de mettre au passif un verbe sans COD : dormir, partir, tomber… ne peuvent pas se mettre à la voix passive.
- Oublier par devant le complément d'agent : ✗ Les arbres sont plantés le jardinier.
9. Si tu ne retiens qu'une chose
Passif = être + participe passé, l'ancien COD passé en tête, l'ancien sujet renvoyé derrière par, et l'accord fait avec le nouveau sujet. Et sans COD, pas de passif du tout.
Le cours remis d'aplomb : les trois mots à avoir en tête (verbe, sujet, COD), les deux voix et leurs rôles, la forme du verbe passif, ce qui change de place, la méthode en cinq étapes appliquée pas à pas et les erreurs à surveiller.
1. Trois mots à remettre en place d'abord
Avant de parler de voix, il faut être à l'aise avec trois mots.
- Le verbe : il exprime une action ou un état (manger, dormir, être, observer).
- Le sujet : c'est celui qui fait l'action (ou qui est dans l'état). Dans Le chat mange la souris, le sujet est le chat.
- Le COD (complément d'objet direct) : il désigne l'être ou la chose qui subit directement l'action du verbe, sans préposition. Dans Le chat mange la souris, le COD est la souris. Pour le trouver, on pose la question qui ? ou quoi ? après le verbe : le chat mange quoi ? → la souris.
Ces trois mots suffisent, parce que la voix ne fait rien d'autre que de les faire changer de place.
2. Deux voix pour une même action
Un même événement peut être raconté de deux manières, selon le point de vue qu'on choisit.
- À la voix active, le sujet fait l'action : il est l'agent. Le jardinier plante des arbres. Le jardinier agit sur les arbres.
- À la voix passive, le sujet subit l'action : il est le patient. Des arbres sont plantés par le jardinier. Les arbres subissent l'action.
C'est le même fait dans les deux cas : quelqu'un plante des arbres. Ce qui change, c'est qui occupe la place de sujet, donc ce que la phrase met en avant.
3. À quoi ressemble un verbe à la voix passive
Dans la phrase passive, le verbe est toujours formé de l'auxiliaire être, conjugué au même temps que le verbe actif, suivi du participe passé. Le participe passé s'accorde avec le nouveau sujet.
Deux conséquences à retenir tout de suite : c'est être qui porte le temps, et c'est le nouveau sujet qui commande l'accord.
4. Ce qui change de place
| Voix active | Voix passive |
|---|---|
| le sujet (agent) | devient le complément d'agent, introduit par par (parfois de) |
| le COD | devient le sujet (patient) |
| le verbe conjugué | devient être au même temps + participe passé |
| — | le participe passé s'accorde avec le nouveau sujet |
Sur l'exemple du jardinier : le jardinier (sujet) passe derrière par, des arbres (COD) passe en tête, et plante devient sont plantés.
5. La méthode — transformer une phrase active en passive
- Repérer le COD du verbe actif : il deviendra le sujet de la phrase passive. C'est le geste qui décide de tout le reste.
- Le sujet actif devient le complément d'agent, introduit par par (parfois de).
- Le verbe actif devient être (au même temps) + participe passé. On regarde le temps du verbe actif, et on met être à ce temps-là.
- Accorder le participe passé avec le nouveau sujet, en genre et en nombre.
- Si le verbe n'a pas de COD, la transformation est impossible. On le dit, et on justifie par l'absence de COD.
6. La méthode appliquée pas à pas
Phrase de départ : La tempête détruit les maisons. (présent)
- COD = les maisons (féminin pluriel) : ce sera le nouveau sujet.
- Sujet = la tempête → complément d'agent par la tempête.
- Verbe au présent actif : détruit → être au présent = sont, + participe passé détruit.
- Accord avec les maisons → détruites.
- Phrase passive : Les maisons sont détruites par la tempête.
Le même déroulé fonctionne à n'importe quel temps. À l'imparfait : Le roi récompensait les chevaliers. → Les chevaliers étaient récompensés par le roi. Seul le geste 3 change : l'auxiliaire être prend le temps du verbe actif, donc l'imparfait étaient.
7. Le complément d'agent, et son absence
Le complément d'agent désigne celui qui fait réellement l'action dans la phrase passive. Il est introduit par par, parfois par de.
Mais il n'est pas obligatoire. Si l'agent est inconnu ou sans intérêt, on peut l'omettre : On a volé mon vélo. → Mon vélo a été volé. La phrase reste une phrase passive complète, avec son sujet patient et son verbe être + participe passé.
8. La condition d'existence : le COD
Seuls les verbes transitifs directs, ceux qui ont un COD, peuvent être mis à la voix passive. C'est logique : sans COD, il n'y a personne qui subit l'action, donc personne à installer comme sujet patient.
Les verbes comme dormir, partir, tomber, arriver n'ont pas de COD : pas de voix passive possible. Le chat dort sur le canapé ne peut pas se transformer, et Nous partons en voyage non plus.
9. Les erreurs à surveiller
- Oublier d'accorder le participe passé avec le nouveau sujet : ✗ Les maisons est détruit → ✓ Les maisons sont détruites.
- Confondre le temps : c'est l'auxiliaire être qui porte le temps, pas le participe passé.
- Tenter de mettre au passif un verbe sans COD.
- Oublier par devant le complément d'agent : ✗ Les arbres sont plantés le jardinier.
10. Le récap
Voix active : le sujet agit, il est l'agent. Voix passive : le sujet subit, il est le patient, et le verbe devient être + participe passé. Pour passer de l'une à l'autre : le COD monte en sujet, le sujet descend derrière par, être prend le temps du verbe, le participe passé prend l'accord du nouveau sujet. Et rien de tout cela n'est possible si le verbe n'a pas de COD.
Le cours complet du niveau : le vocabulaire (agent, patient, complément d'agent), la forme du verbe passif temps par temps, la méthode dans les deux sens, sept phrases entièrement traitées (cinq de l'actif vers le passif, deux dans l'autre sens), la reconnaissance de la voix dans une phrase et le test du COD.
1. Le point de départ : verbe, sujet, COD
Toute la leçon repose sur trois notions déjà connues.
- Le verbe exprime une action ou un état : manger, dormir, être, observer.
- Le sujet est celui qui fait l'action, ou qui est dans l'état. Dans Le chat mange la souris, c'est le chat.
- Le COD désigne l'être ou la chose qui subit directement l'action du verbe, sans préposition. Dans Le chat mange la souris, c'est la souris. On le trouve avec la question qui ? ou quoi ? posée après le verbe.
2. Les deux voix
Un verbe peut s'employer à deux voix différentes.
- À la voix active, le sujet fait l'action : il est l'agent.
- À la voix passive, le sujet subit l'action : il est le patient. Le verbe se construit alors avec l'auxiliaire être suivi du participe passé, accordé avec le nouveau sujet.
Attention : seuls les verbes transitifs directs — ceux qui ont un COD — peuvent être mis à la voix passive.
3. Comparer les deux voix sur un même exemple
| Voix active | Voix passive |
|---|---|
| Le jardinier plante des arbres. | Des arbres sont plantés par le jardinier. |
| Sujet = le jardinier (agent) | Sujet = des arbres (patient) |
| COD = des arbres | Complément d'agent = par le jardinier |
| Verbe = plante | Verbe = sont plantés (être + participe passé) |
Le fait raconté est identique. Ce sont les places qui ont changé : l'ancien COD est devenu sujet, l'ancien sujet est devenu complément d'agent, et le verbe s'est dédoublé en auxiliaire + participe passé.
4. Le verbe passif, temps par temps
L'auxiliaire être prend le temps du verbe actif. Le participe passé reste le même quel que soit le temps ; seul son accord bouge.
| Temps du verbe actif | Phrase active | Phrase passive |
|---|---|---|
| Présent | La tempête détruit les maisons. | Les maisons sont détruites par la tempête. |
| Imparfait | Le roi récompensait les chevaliers. | Les chevaliers étaient récompensés par le roi. |
| Passé composé | Un architecte a conçu ce bâtiment. | Ce bâtiment a été conçu par un architecte. |
| Plus-que-parfait | Les élèves avaient organisé la fête. | La fête avait été organisée par les élèves. |
5. La méthode — de l'actif au passif
- Repérer le COD du verbe actif : il deviendra le sujet de la phrase passive.
- Le sujet actif devient le complément d'agent, introduit par par (parfois de).
- Le verbe actif devient être (au même temps) + participe passé.
- Accorder le participe passé avec le nouveau sujet.
- Si le verbe n'a pas de COD, la transformation est impossible.
6. Cinq transformations entièrement traitées
a. Au présent. La tempête détruit les maisons.
- COD : les maisons (féminin pluriel) → nouveau sujet.
- Sujet : la tempête → complément d'agent par la tempête.
- Temps : présent → être au présent = sont.
- Accord : détruit → détruites.
- Résultat : Les maisons sont détruites par la tempête.
b. À l'imparfait. Le roi récompensait les chevaliers.
- COD : les chevaliers (masculin pluriel) → nouveau sujet.
- Sujet : le roi → complément d'agent par le roi.
- Temps : imparfait → être à l'imparfait = étaient.
- Accord : récompensé → récompensés.
- Résultat : Les chevaliers étaient récompensés par le roi.
c. Au passé composé. Un architecte a conçu ce bâtiment.
- COD : ce bâtiment (masculin singulier) → nouveau sujet.
- Sujet : un architecte → complément d'agent par un architecte.
- Temps : passé composé → être au passé composé = a été.
- Accord : masculin singulier, donc pas de marque visible sur conçu.
- Résultat : Ce bâtiment a été conçu par un architecte.
d. Au passé composé, avec un accord au féminin. Le jury a choisi la gagnante.
- COD : la gagnante (féminin singulier) → nouveau sujet.
- Sujet : le jury → complément d'agent par le jury.
- Temps : passé composé → a été.
- Accord : choisi → choisie.
- Résultat : La gagnante a été choisie par le jury.
e. Sans complément d'agent. On a volé mon vélo.
- COD : mon vélo (masculin singulier) → nouveau sujet.
- Sujet : on — l'agent est inconnu et sans intérêt, on peut donc omettre le complément d'agent.
- Temps : passé composé → a été.
- Accord : masculin singulier, pas de marque visible sur volé.
- Résultat : Mon vélo a été volé.
7. Le chemin inverse : du passif à l'actif
On peut faire le trajet dans l'autre sens. La mécanique est la même, mais il faut repartir du complément d'agent : c'est lui qui redevient sujet.
- Le complément d'agent devient le sujet de la phrase active.
- Le sujet passif (le patient) redevient le COD.
- Le verbe repasse à la forme active, conjugué au temps qu'indiquait l'auxiliaire être, et accordé avec le nouveau sujet.
a. Le trésor est gardé par un dragon.
- Sujet passif : le trésor → devient COD.
- Complément d'agent : un dragon → devient sujet.
- Temps : est est au présent → garde.
- Résultat : Un dragon garde le trésor.
b. La fête avait été organisée par les élèves.
- Sujet passif : la fête → devient COD.
- Complément d'agent : les élèves → devient sujet.
- Temps : avait été est au plus-que-parfait → avaient organisé, au pluriel parce que le nouveau sujet les élèves est au pluriel.
- Résultat : Les élèves avaient organisé la fête.
8. Reconnaître la voix d'une phrase
Deux indices se complètent : le sens (le sujet fait-il ou subit-il l'action ?) et la construction du verbe (y a-t-il être + participe passé ?). Quatre cas traités.
- Le détective interroge les témoins. → voix active : le sujet (le détective) fait l'action ; le verbe interroge est à une forme simple, sans auxiliaire être passif.
- La forêt est traversée par un sentier. → voix passive : verbe est traversée (être + participe passé), complément d'agent par un sentier.
- Les enfants ont mangé la tarte. → voix active : l'auxiliaire est avoir (passé composé actif), pas être ; le sujet (les enfants) fait l'action.
- Ce roman a été écrit par une autrice célèbre. → voix passive : verbe a été écrit (être au passé composé + participe passé), complément d'agent par une autrice célèbre.
9. Possible ou impossible ?
La question se tranche toujours de la même façon : le verbe a-t-il un COD ? Quatre cas traités.
- Le chat dort sur le canapé. → impossible : dormir est un verbe sans COD ; on ne peut identifier aucun patient.
- La sorcière prépare une potion. → possible, COD une potion : Une potion est préparée par la sorcière.
- Nous partons en voyage. → impossible : partir n'admet pas de COD.
- Le jury a choisi la gagnante. → possible, COD la gagnante : La gagnante a été choisie par le jury.
10. Les erreurs fréquentes
- Oublier d'accorder le participe passé avec le nouveau sujet : ✗ Les maisons est détruit → ✓ Les maisons sont détruites.
- Confondre le temps : c'est l'auxiliaire être qui porte le temps, pas le participe passé.
- Tenter de mettre au passif un verbe sans COD : dormir, partir, tomber…
- Oublier par devant le complément d'agent : ✗ Les arbres sont plantés le jardinier.
11. Le récap du niveau
Deux voix, deux rôles pour le sujet : agent à l'actif, patient au passif. Un seul moule pour le verbe passif : être au temps du verbe actif + participe passé accordé avec le nouveau sujet. Une seule condition : un COD. Et un aller-retour possible dans les deux sens, à condition de savoir d'où l'on repart — du COD quand on va vers le passif, du complément d'agent quand on revient vers l'actif.
Là où les points se perdent : l'accord du participe passé, le temps qu'on croit porté par le participe, les verbes qu'on ne peut pas passiver, le complément d'agent oublié, les fausses voix passives construites avec avoir, le chemin inverse mal repris — et une relecture en cinq questions.
1. Le rappel minimal avant les pièges
Voix active : le sujet fait l'action, il est l'agent. Voix passive : le sujet subit l'action, il est le patient, et le verbe s'écrit être + participe passé, accordé avec le nouveau sujet. Seuls les verbes transitifs directs, ceux qui ont un COD, peuvent passer au passif. Tout ce qui suit est une façon de rater l'une de ces quatre lignes.
2. Erreur n° 1 — l'accord du participe passé
C'est l'erreur la plus coûteuse, parce qu'elle se voit immédiatement : ✗ Les maisons est détruit → ✓ Les maisons sont détruites.
Le participe passé s'accorde avec le nouveau sujet, celui de la phrase passive — jamais avec l'ancien sujet devenu complément d'agent. Quatre cas pour s'en convaincre :
| Nouveau sujet | Genre et nombre | Participe passé |
|---|---|---|
| les maisons | féminin pluriel | sont détruites |
| les chevaliers | masculin pluriel | étaient récompensés |
| la gagnante | féminin singulier | a été choisie |
| ce bâtiment | masculin singulier | a été conçu (pas de marque visible) |
Le piège du dernier cas : parce qu'on n'entend rien et qu'on ne voit rien, on croit avoir oublié l'accord. Le masculin singulier est l'accord ; il n'ajoute simplement aucune lettre.
3. Erreur n° 2 — le temps n'est pas où tu crois
C'est l'auxiliaire être qui porte le temps, pas le participe passé. Le participe passé ne change jamais de forme d'un temps à l'autre ; seul son accord bouge.
| Temps demandé | Forme de l'auxiliaire | Exemple |
|---|---|---|
| Présent | sont | Les poubelles sont renversées par le vent. |
| Imparfait | étaient | Les copies étaient corrigées par le professeur. |
| Passé composé | a été | Ce bâtiment a été conçu par un architecte. |
| Plus-que-parfait | avait été | La fête avait été organisée par les élèves. |
Au passé composé et au plus-que-parfait, le verbe passif compte trois mots : a été conçu, avait été organisée. Le mot qu'on perd en route est toujours le même : été. Si ta phrase passive au passé composé ne contient pas été, elle est fausse.
4. Erreur n° 3 — passiver un verbe qui n'a pas de COD
La consigne demande souvent de transformer si c'est possible. Ce n'est pas une politesse : certaines phrases sont là précisément pour qu'on réponde impossible. Dormir, partir, tomber, arriver n'ont pas de COD, donc pas de voix passive.
Le test tient en une question posée après le verbe : qui ? ou quoi ?
- Le chat dort sur le canapé. — dort quoi ? Rien. Pas de COD → impossible.
- Nous partons en voyage. — partons quoi ? Rien : en voyage n'est pas un COD, il y a une préposition. → impossible.
- La sorcière prépare une potion. — prépare quoi ? une potion. COD → possible : Une potion est préparée par la sorcière.
Et il ne suffit pas de répondre « impossible » : on attend une justification, et elle est toujours la même — le verbe n'a pas de COD.
5. Erreur n° 4 — le complément d'agent mal introduit
✗ Les arbres sont plantés le jardinier → ✓ Les arbres sont plantés par le jardinier. Le complément d'agent n'est jamais collé au participe passé : il est introduit par par, parfois par de.
Le cas de de concerne surtout les verbes qui expriment un sentiment. Le cours accepte alors les deux formes : Ce dessin animé est aimé de tous les enfants ou … par tous les enfants. Avec un verbe d'action, c'est par qu'on emploie : Cette candidate a été choisie par le jury.
6. Piège — l'auxiliaire avoir n'est pas la voix passive
Beaucoup de copies classent au passif toute phrase où elles voient un participe passé. Or un passé composé actif contient lui aussi un participe passé — mais avec l'auxiliaire avoir.
- Les enfants ont mangé la tarte. → voix active : auxiliaire avoir, et le sujet les enfants fait l'action. Il y a même un COD, la tarte.
- Nous avons terminé le gâteau. → voix active, même raison.
- Ce film a été réalisé par un jeune réalisateur. → voix passive : là, l'auxiliaire est bien être, au passé composé (a été).
La bonne question n'est donc pas « y a-t-il un participe passé ? » mais « quel est l'auxiliaire, et le sujet fait-il ou subit-il l'action ? ».
7. Piège — être + participe passé ne suffit pas non plus
La règle du COD tranche toujours en dernier ressort. Le cours est catégorique : tomber ne peut pas se mettre à la voix passive, parce qu'il n'a pas de COD. Donc, même quand on croit reconnaître la forme être + participe passé, si le verbe n'admet aucun COD, ce n'est pas une voix passive.
Réflexe : avant de dire « passif », vérifie qu'on pourrait remettre la phrase à l'actif avec un agent qui fait l'action. Si personne ne peut faire cette action à quelqu'un ou à quelque chose, ce n'est pas un passif.
8. Piège — le chemin inverse, où l'on repart du mauvais mot
Quand on va du passif vers l'actif, le réflexe fautif est de garder le sujet en place. C'est le complément d'agent qui redevient sujet, et le sujet passif qui redevient COD.
- Le trésor est gardé par un dragon. → sujet passif le trésor = COD ; complément d'agent un dragon = nouveau sujet ; est au présent → garde. Résultat : Un dragon garde le trésor.
- Les documents avaient été classés par la secrétaire. → La secrétaire avait classé les documents. Le plus-que-parfait passif avaient été classés redevient un plus-que-parfait actif avait classé.
Deuxième détail qui coûte un point : l'auxiliaire du nouveau verbe actif s'accorde avec le nouveau sujet. La secrétaire est au singulier, donc avait classé, pas avaient classé.
9. Piège — inventer un agent qui n'existe pas
Quand la phrase active commence par on, l'agent est inconnu ou sans intérêt. La consigne demande alors de supprimer ce on, pas de le déplacer derrière par.
- On a volé mon vélo. → ✓ Mon vélo a été volé.
- On a découvert des vestiges antiques lors des travaux. → ✓ Des vestiges antiques ont été découverts lors des travaux.
Une phrase passive sans complément d'agent n'est pas une phrase incomplète : c'est un emploi prévu par la règle.
10. La relecture en cinq questions
Avant de rendre, repasse sur chaque phrase transformée :
- Le verbe de départ avait-il un COD ? Sinon, la réponse attendue était « impossible ».
- Mon nouveau sujet est-il bien l'ancien COD ?
- Mon auxiliaire être est-il au même temps que le verbe actif de départ — et, au passé composé ou au plus-que-parfait, ai-je bien écrit été ?
- Mon participe passé est-il accordé avec ce nouveau sujet, en genre et en nombre ?
- Mon complément d'agent est-il introduit par par (ou de) — ou volontairement supprimé parce que l'agent était inconnu ?
Cinq questions, cinq endroits où les points se gagnent. Aucune ne demande d'imagination : elles se vérifient toutes sur la phrase de départ.
On ne demande plus si la transformation est possible, mais pourquoi on la choisit : ce que la voix passive met en tête de phrase, l'agent qu'on efface et l'effet que cela produit, le complément d'agent introduit par « de », et l'intention de l'auteur derrière le choix d'une voix.
1. Changer de question
Jusqu'ici, la voix passive était un exercice de mécanique : repérer le COD, déplacer, accorder, vérifier le temps. Cette mécanique reste vraie, mais elle cesse d'être le but. La question devient : pourquoi choisir cette voix plutôt que l'autre ? La voix passive devient un outil de mise en valeur, et c'est sous cet angle qu'on la retravaillera les années suivantes.
Le point de départ ne change pas : une même action, deux façons de la présenter. Ce qu'on ajoute, c'est que ces deux façons ne disent pas la même chose au lecteur.
2. Ce qui passe en tête de phrase est ce qu'on met en avant
Le sujet est la première chose que le lecteur rencontre. En passant au passif, on change de sujet : on change donc ce que la phrase met en avant.
- Actif — Des inconnus ont dérobé le célèbre tableau hier soir au musée. Le lecteur commence par les voleurs.
- Passif — Le célèbre tableau a été dérobé par des inconnus hier soir au musée. Le lecteur commence par le tableau.
Le contenu est rigoureusement identique — même vol, mêmes voleurs, même musée. Seule la hiérarchie a changé. C'est exactement le service que rend la voix passive : mettre en valeur le patient plutôt que l'agent.
Autre couple, même observation : Les élèves ont nettoyé la cour met en avant les élèves ; La cour a été nettoyée par les élèves met en avant la cour, c'est-à-dire le résultat de l'action.
3. Effacer l'agent : ce que cela produit
Le cours autorise déjà l'omission du complément d'agent quand l'agent est inconnu ou sans intérêt. Ce qui devient intéressant, c'est l'effet de cette omission.
On a découvert des vestiges antiques lors des travaux. → Des vestiges antiques ont été découverts lors des travaux.
La version passive sans agent met l'accent sur l'information importante — les vestiges, leur découverte — plutôt que sur un agent inconnu ou sans importance. Elle donne aussi un ton plus objectif et officiel. C'est pour cela qu'on la rencontre si souvent dans la presse et dans les textes administratifs.
Le même mécanisme joue dans Mon vélo a été volé : la phrase parle du vélo, pas du voleur, parce que le voleur, on ne le connaît pas.
4. Par ou de : un choix qui dépend du verbe
Le complément d'agent est introduit par par, parfois par de. La répartition n'est pas aléatoire : de est plus fréquent avec les verbes exprimant un sentiment (aimer, admirer, détester), par avec les verbes d'action. Les deux sont parfois interchangeables.
| Phrase active | Phrase passive | Introducteur |
|---|---|---|
| Tous les enfants aiment ce dessin animé. | Ce dessin animé est aimé de tous les enfants. | de (ou par) — verbe de sentiment |
| Les spectateurs admirent l'actrice. | L'actrice est admirée des spectateurs. | de (ou par) — verbe de sentiment |
| Le jury a choisi cette candidate. | Cette candidate a été choisie par le jury. | par — verbe d'action |
5. Justifier un choix d'écriture
L'exercice qui t'attend ne dit plus « transforme » mais « réécris pour mettre en valeur X plutôt que Y », ou « explique ce que chaque version met en avant ». La démarche tient en trois temps.
- Identifier ce qu'on veut mettre en avant. Si c'est le patient (celui qui subit), c'est le passif ; si c'est l'agent (celui qui agit), c'est l'actif.
- Appliquer la mécanique du cours — COD en sujet, sujet en complément d'agent, être au même temps + participe passé accordé. Une intention juste dans une phrase mal construite ne rapporte rien.
- Dire l'effet obtenu, en une phrase : ce que la version choisie met en avant, et ce qu'elle laisse au second plan.
Exemple complet. Consigne : mettre en valeur le tableau plutôt que les voleurs, à partir de Des inconnus ont dérobé le célèbre tableau hier soir au musée.
- COD : le célèbre tableau → nouveau sujet, donc il passe en tête : c'est bien lui qu'on met en valeur.
- Sujet : des inconnus → complément d'agent par des inconnus.
- Temps : passé composé → a été ; accord au masculin singulier, donc dérobé sans marque visible.
- Résultat : Le célèbre tableau a été dérobé par des inconnus hier soir au musée.
- Effet : la phrase parle d'abord de l'œuvre volée ; les voleurs, relégués au complément d'agent, deviennent secondaires. On pourrait même les effacer complètement si leur identité n'importait pas.
6. Ce que tu emportes pour la suite
Trois acquis, dans cet ordre. D'abord la mécanique, qui ne changera plus : être + participe passé, l'ancien COD en sujet, l'accord avec ce nouveau sujet, et la condition du COD sans laquelle rien n'est possible. Ensuite le vocabulaire — agent, patient, complément d'agent — qui sert à décrire une phrase, pas seulement à la transformer. Enfin l'usage : un passif dans un texte n'est presque jamais là par hasard, et repérer ce qu'il met en avant, ou ce qu'il dissimule quand il efface l'agent, devient une façon de lire.