Contrôle demain, et l'accord sujet-verbe est resté au fond du cahier ? Il n'y a pas grand-chose à apprendre : ce chapitre tient en une règle et une question. La règle : le verbe s'accorde avec son sujet, jamais avec un autre mot de la phrase. La question : « Qui est-ce qui… ? », posée devant le verbe, te donne le sujet à tous les coups. Apprends ce soir la règle, la question, les quatre situations du tableau et les trois erreurs classiques : c'est exactement ce qui sera noté.

La règle, en une phrase

En français, le verbe s'accorde en personne et en nombre avec son sujet — et avec lui seul. Le verbe s'accorde toujours avec son sujet, jamais avec un autre mot de la phrase.

  • sujet au singulier → le verbe prend la terminaison du singulier ;
  • sujet au pluriel → le verbe prend la terminaison du pluriel.

Le sujet, c'est le mot ou le groupe de mots qui désigne qui fait l'action ou de qui on parle. Retiens tout de suite l'avertissement du cours : il peut se trouver avant ou après le verbe, et parfois en être éloigné par d'autres mots. C'est ce qui rend l'accord délicat, et c'est exactement là que les points se perdent.

La question qui trouve le sujet

Trois gestes, toujours les mêmes, dans cet ordre :

  • repère le verbe conjugué ;
  • pose devant lui la question « Qui est-ce qui… ? » (pour une personne ou un animal) ou « Qu'est-ce qui… ? » (pour une chose) ;
  • la réponse est le sujet du verbe.

L'exemple de référence du cours : Les arbres du jardin perdent leurs feuilles. → Qui est-ce qui perd ? → les arbres (3e personne du pluriel) → perdent. Remarque bien : la réponse n'est pas le jardin, qui est pourtant le mot collé au verbe.

Les quatre situations à connaître

Tout le chapitre se ramène à ces quatre cas. Apprends une ligne du tableau par cas, tu es couvert.

SituationExempleSujetVerbe
Sujet simple, avant le verbeLe chat dort sur le canapé.le chat (3e pers. sing.)dort
Sujet séparé du verbe par un groupe de motsLa maison de mes voisins semble abandonnée.la maison (sing.) — pas voisinssemble
Deux sujets reliés par « et »Le chien et le chat dorment.deux sujetsdorment (pluriel)
Sujet après le verbe (sujet inversé)Où vont tes amis ?tes amis (après le verbe)vont

Deux exemples de secours, un par extrémité : Nous regardons un film. (sujet nous, 1re pers. plur. → regardons) et Les enfants jouent dehors. (sujet les enfants, 3e pers. plur. → jouent).

Les trois erreurs qui coûtent des points

Ce sont les trois que le cours signale, et elles reviennent à chaque contrôle.

  • S'accorder avec le mot le plus proche. La couleur des murs est jaune : le sujet est la couleur (singulier), pas murs. On écrit est, et non sont.
  • Oublier le sujet inversé. Dans une question ou après un verbe de parole, le sujet suit le verbe. Il faut quand même aller le chercher avec « Qui est-ce qui ? ».
  • Confondre « tout le monde » et « tous ». Tout le monde mange : tout le monde est toujours singulier (3e personne du singulier), même s'il désigne plusieurs personnes.

Ce que tu fais demain, devant chaque phrase

La méthode du cours, dans l'ordre. Ne saute aucune étape, surtout pas la dernière.

  • 1. Repère le verbe conjugué dans la phrase.
  • 2. Pose la question « Qui est-ce qui + verbe ? » pour identifier le sujet.
  • 3. Détermine la personne (1re, 2e, 3e) et le nombre (singulier ou pluriel) du sujet.
  • 4. Applique la terminaison correspondante.
  • 5. Vérifie : n'as-tu pas accordé avec un mot placé entre le sujet et le verbe ?

Si tu n'as le temps que d'une seule chose ce soir : entraîne-toi à poser la question sur cinq phrases au hasard de ton livre. Trouver le sujet, c'est 90 % du travail ; la terminaison suit toute seule.

« Le verbe s'accorde avec le sujet » : ça, tu le sais déjà. Ce qui coince, c'est de trouver le sujet quand il n'est pas là où l'œil le cherche — caché derrière un autre nom, dédoublé par un « et », ou passé carrément après le verbe. On remet donc tout dans l'ordre : ce que veut dire accorder en personne et en nombre, la question qui isole le sujet, les quatre situations du cours une par une, la méthode en cinq temps, et les trois erreurs à connaître par cœur.

1. Ce que « accorder » veut dire exactement

En français, le verbe s'accorde en personne et en nombre avec son sujet. Deux informations, donc, à lire dans le sujet avant d'écrire quoi que ce soit.

  • La personne : la 1re (celui qui parle : je, nous), la 2e (celui à qui l'on parle : tu, vous), la 3e (celui ou ce dont on parle : il, elle, ils, elles, et tous les nomsle chat, les arbres, la maison).
  • Le nombre : singulier (un seul) ou pluriel (plusieurs).

La conséquence est mécanique : si le sujet est singulier, le verbe prend la terminaison du singulier ; s'il est pluriel, il prend la terminaison du pluriel. Les deux couples que le cours te met sous les yeux :

Sujet singulierSujet pluriel
Le chat dort sur le canapé.Le chien et le chat dorment.
La couleur des murs est jaune.Les livres que tu lis sont passionnants.

Même verbe, même temps : seule la forme du verbe change, et elle ne dépend que du sujet.

2. Le sujet : ce que c'est, et comment on le trouve

Définition. Le sujet est le mot ou groupe de mots qui désigne qui fait l'action ou de qui on parle.

Sa position n'est pas fixe. Il peut se trouver avant ou après le verbe, et parfois en être éloigné par d'autres mots. Voilà pourquoi on ne peut pas se fier à la place : il faut une procédure.

La procédure.

  • Repère le verbe conjugué.
  • Pose la question « Qui est-ce qui… ? » (pour une personne ou un animal) ou « Qu'est-ce qui… ? » (pour une chose) devant le verbe.
  • La réponse est le sujet.

Exemple. Les arbres du jardin perdent leurs feuilles. → verbe conjugué : perdent → Qui est-ce qui perd ? → les arbres → 3e personne du pluriel → perdent. Le mot jardin touche presque le verbe, mais il ne répond pas à la question : il n'est pas le sujet.

3. Premier cas : sujet simple, placé avant le verbe

Le cas le plus simple, et celui qu'il faut maîtriser parfaitement avant les autres : le sujet est juste devant le verbe.

  • Le chat dort sur le canapé. → sujet : le chat (3e pers. sing.) → dort.
  • Nous regardons un film. → sujet : nous (1re pers. plur.) → regardons.
  • Les enfants jouent dehors. → sujet : les enfants (3e pers. plur.) → jouent.

Note les deux dernières lignes : nous et les enfants sont tous les deux au pluriel, mais ils ne donnent pas la même terminaison, parce qu'ils ne sont pas à la même personne. Le nombre ne suffit donc jamais à lui seul.

4. Deuxième cas : un groupe de mots s'intercale entre le sujet et le verbe

C'est le cas qui fait tomber le plus d'élèves. Le sujet est bien avant le verbe, mais il n'est plus collé à lui : d'autres mots se sont glissés entre les deux, et ces mots-là ne commandent rien.

  • La maison de mes voisins semble abandonnée. → sujet : la maison (singulier), pas voisinssemble.
  • Les livres que tu lis sont passionnants. → sujet : les livres (pluriel) → sont.

Le geste qui sauve : mets entre parenthèses le groupe intercalé et relis. La maison (de mes voisins) semble… — l'oreille entend immédiatement la bonne forme. Attention, le piège fonctionne dans les deux sens : dans Les arbres du jardin perdent leurs feuilles, le mot intercalé est au singulier et le sujet au pluriel.

5. Troisième cas : deux sujets reliés par « et »

Quand deux sujets sont reliés par et, ils comptent ensemble : le verbe se met au pluriel, même si chacun des deux est au singulier.

  • Le chien et le chat dorment. → deux sujets → verbe au pluriel : dorment.
  • Mon frère et moi partons en voyage. → deux sujets dont « moi » → 1re personne du pluriel : partons.

La deuxième ligne ajoute quelque chose : quand l'un des sujets est moi, l'ensemble ne passe pas seulement au pluriel, il passe à la 1re personne du pluriel. On dit partons, pas partent.

6. Quatrième cas : le sujet est placé après le verbe

On parle alors de sujet inversé. La règle ne change pas d'un pouce : on cherche le sujet avec la même question, on l'accorde de la même façon. Seule sa place a changé.

  • Où vont tes amis ? → sujet : tes amis (après le verbe) → vont.
  • « Viens ! » dit le professeur. → sujet de dit : le professeur (singulier) → dit.

Deux contextes à repérer, parce que ce sont ceux du contrôle : la question et le verbe de parole (dans un dialogue, après les paroles rapportées).

7. La méthode, en cinq temps

C'est la démarche à appliquer telle quelle devant n'importe quelle phrase, même une phrase que tu n'as jamais vue.

  • 1. Repère le verbe conjugué dans la phrase.
  • 2. Pose la question « Qui est-ce qui + verbe ? » pour identifier le sujet.
  • 3. Détermine la personne (1re, 2e, 3e) et le nombre (singulier ou pluriel) du sujet.
  • 4. Applique la terminaison correspondante.
  • 5. Vérifie : n'as-tu pas accordé avec un mot placé entre le sujet et le verbe ?

L'ordre compte. Beaucoup d'erreurs viennent du fait qu'on écrit la terminaison avant d'avoir cherché le sujet — c'est-à-dire qu'on saute directement à l'étape 4.

8. Les trois erreurs fréquentes

  • S'accorder avec le mot le plus proche. La couleur des murs est jaune — le sujet est la couleur (singulier), pas murs. On écrit est, pas sont.
  • Oublier le sujet inversé. Dans une question ou après un verbe de parole, le sujet suit le verbe. Il faut quand même le chercher avec « Qui est-ce qui ? ».
  • Confondre « tout le monde » et « tous ». Tout le monde mange (3e pers. sing.) — tout le monde est toujours singulier, même s'il désigne plusieurs personnes.

Ces trois erreurs ont une seule et même cause : on a accordé sans avoir posé la question. La parade est donc unique : cherche le sujet d'abord, écris la terminaison ensuite.

Le cours est en place ; on le met en mouvement. Ici, tout le chapitre est déroulé — ce que « personne » et « nombre » veulent dire, la question qui isole le sujet, les quatre situations une par une — puis les neuf phrases du cours traitées de bout en bout, chacune selon les cinq étapes de la méthode, plus trois phrases nouvelles, dont une qui combine deux cas à la fois. À la fin, tu dois pouvoir prendre n'importe quelle phrase et dérouler le raisonnement à voix haute.

1. Le point de départ : accorder, c'est copier deux informations

En français, le verbe s'accorde en personne et en nombre avec son sujet. Autrement dit, le verbe ne décide de rien tout seul : il copie deux informations qu'il va chercher dans le sujet.

  • Si le sujet est singulier, le verbe prend la terminaison du singulier.
  • Si le sujet est pluriel, le verbe prend la terminaison du pluriel.

Et la règle est exclusive : le verbe s'accorde toujours avec son sujet, jamais avec un autre mot de la phrase. Le piège le plus fréquent du chapitre consiste justement à placer près du verbe un mot qui n'est pas son sujet.

2. Les deux informations à lire dans le sujet

La personne. Elle dit qui parle, à qui, de qui.

  • 1re personne : celui qui parle — je au singulier, nous au pluriel.
  • 2e personne : celui à qui l'on parle — tu au singulier, vous au pluriel.
  • 3e personne : ce ou celui dont on parle — il, elle au singulier, ils, elles au pluriel, et tous les noms : le chat, les arbres, la maison, le professeur sont à la 3e personne.

Le nombre. Singulier (un seul) ou pluriel (plusieurs).

Les deux ensemble donnent l'étiquette complète : le chat = 3e personne du singulier ; nous = 1re personne du pluriel ; les enfants = 3e personne du pluriel. C'est cette étiquette, et rien d'autre, qui commande la terminaison.

Comparaison utile : Nous regardons un film et Les enfants jouent dehors ont tous deux un sujet pluriel, et pourtant les terminaisons diffèrent — parce que la personne n'est pas la même. Retenir « pluriel » sans retenir « personne » ne suffit pas.

3. Le sujet : définition et repérage

Définition. Le sujet est le mot ou groupe de mots qui désigne qui fait l'action ou de qui on parle. C'est un groupe : « les arbres du jardin », « la maison de mes voisins » sont des groupes, mais dans chacun un seul mot commande l'accord.

Position. Le sujet peut se trouver avant ou après le verbe, et parfois en être éloigné par d'autres mots — ce qui rend l'accord délicat. Conclusion pratique : ne juge jamais à la place, pose la question.

La question. Repère le verbe conjugué, puis pose devant lui « Qui est-ce qui… ? » (personne ou animal) ou « Qu'est-ce qui… ? » (chose). La réponse est le sujet.

Exemple traité : Les arbres du jardin perdent leurs feuilles.

  • Verbe conjugué : perdent.
  • La phrase parle de choses → question : « Qu'est-ce qui perd ? » — on peut aussi dire « Qui est-ce qui perd ? », la réponse est la même.
  • Réponse : les arbres. Ce n'est pas le jardin : le jardin ne perd pas ses feuilles, ce sont les arbres.
  • Étiquette : nom au pluriel → 3e personne du pluriel.
  • Terminaison : perdent.

4. Cas 1 — Sujet simple, avant le verbe

Le sujet est un seul groupe, placé juste devant le verbe. Trois phrases, traitées entièrement.

a) Le chat dort sur le canapé.

  • Verbe conjugué : dort.
  • Question : « Qui est-ce qui dort ? » (un animal) → le chat.
  • Personne et nombre : nom, un seul → 3e pers. sing.
  • Terminaison : dort.
  • Vérification : rien ne s'est intercalé ; sur le canapé vient après le verbe, il n'entre pas en jeu.

b) Nous regardons un film.

  • Verbe conjugué : regardons.
  • Question : « Qui est-ce qui regarde ? » → nous.
  • Personne et nombre : 1re pers. plur.
  • Terminaison : regardons.
  • Vérification : un film est après le verbe, il n'a aucun rôle dans l'accord.

c) Les enfants jouent dehors.

  • Verbe conjugué : jouent.
  • Question : « Qui est-ce qui joue ? » → les enfants.
  • Personne et nombre : nom au pluriel → 3e pers. plur.
  • Terminaison : jouent.

5. Cas 2 — Sujet séparé du verbe par un groupe de mots

Ici le sujet est toujours avant le verbe, mais un groupe s'est glissé entre les deux. Ce groupe contient souvent un nom d'un autre nombre : c'est lui l'appât.

a) La maison de mes voisins semble abandonnée.

  • Verbe conjugué : semble.
  • Question : la phrase parle d'une chose → « Qu'est-ce qui semble abandonné ? » → la maison.
  • Personne et nombre : singulier, 3e personne. Ce n'est pas voisins.
  • Terminaison : semble.
  • Vérification : le groupe intercalé est de mes voisins. Mets-le entre parenthèses et relis : La maison (de mes voisins) semble abandonnée. Si l'on avait accordé avec voisins, on aurait écrit semblent : faute.

b) Les livres que tu lis sont passionnants.

  • Verbe conjugué à accorder : sont.
  • Question : « Qu'est-ce qui est passionnant ? » → les livres.
  • Personne et nombre : pluriel, 3e personne.
  • Terminaison : sont.
  • Vérification : le groupe intercalé est que tu lis. Il contient lui-même un verbe, lis — mais ce n'est pas le verbe qu'on accorde ici. Le sujet de sont reste les livres.

Le piège marche dans les deux sens. Dans Les arbres du jardin perdent leurs feuilles, le mot intercalé (jardin) est au singulier et le sujet au pluriel. On ne peut donc pas se contenter de « prendre l'autre nombre » : il faut vraiment identifier le sujet.

6. Cas 3 — Deux sujets reliés par « et »

Deux sujets reliés par et forment un ensemble : le verbe se met au pluriel.

a) Le chien et le chat dorment.

  • Verbe conjugué : dorment.
  • Question : « Qui est-ce qui dort ? » → le chien et le chat — deux réponses, donc deux sujets.
  • Personne et nombre : chacun est singulier, mais à eux deux ils font plusieurs → 3e pers. pluriel.
  • Terminaison : dorment. Compare avec Le chat dort sur le canapé : même verbe, sujet singulier, dort.

b) Mon frère et moi partons en voyage.

  • Verbe conjugué : partons.
  • Question : « Qui est-ce qui part ? » → mon frère et moi.
  • Personne et nombre : deux sujets dont « moi »1re personne du pluriel.
  • Terminaison : partons.
  • Astuce de contrôle : remplace le groupe par le pronom qui lui correspond. Mon frère et moinousnous partons. La terminaison se lit alors toute seule.

7. Cas 4 — Sujet après le verbe (sujet inversé)

Le sujet passe derrière le verbe. Rien d'autre ne change : même question, même accord.

a) Où vont tes amis ?

  • Verbe conjugué : vont.
  • Question : « Qui est-ce qui va ? » → tes amis, placés après le verbe.
  • Personne et nombre : nom au pluriel → 3e pers. plur.
  • Terminaison : vont.
  • Contrôle : remets la phrase dans l'ordre habituel — tes amis vont… — et l'accord devient évident.

b) « Viens ! » dit le professeur.

  • Verbe à accorder : dit, le verbe de parole qui suit les paroles rapportées.
  • Question : « Qui est-ce qui dit ? » → le professeur.
  • Personne et nombre : singulier, 3e personne.
  • Terminaison : dit.

Ces deux contextes — la question et le verbe de parole — sont ceux où le sujet inversé apparaît dans les exercices.

8. La méthode complète, en cinq temps

Toutes les analyses ci-dessus suivent exactement le même chemin. Le voici isolé, à appliquer tel quel :

  • 1. Repère le verbe conjugué dans la phrase.
  • 2. Pose la question « Qui est-ce qui + verbe ? » pour identifier le sujet.
  • 3. Détermine la personne (1re, 2e, 3e) et le nombre (singulier ou pluriel) du sujet.
  • 4. Applique la terminaison correspondante.
  • 5. Vérifie : n'as-tu pas accordé avec un mot placé entre le sujet et le verbe ?

Les étapes 1 et 2 font le vrai travail. Les étapes 3 et 4 sont mécaniques. L'étape 5 rattrape la faute la plus fréquente du chapitre.

9. Des phrases nouvelles, la même méthode

Au contrôle, les phrases ne seront pas celles du cours. Trois phrases construites avec les mêmes mots : deux fois le cas 2, puis une où deux situations se superposent — la méthode, elle, ne change pas.

a) Le chat de mes voisins dort. (cas 2)

  • Verbe : dort. Question : « Qui est-ce qui dort ? » → le chat, et non voisins.
  • 3e pers. sing. → dort.

b) Les livres du professeur sont passionnants. (cas 2)

  • Verbe : sont. Question : « Qu'est-ce qui est passionnant ? » → les livres, et non professeur.
  • 3e pers. plur. → sont.

c) Où dorment le chien et le chat ? (cas 3 + cas 4)

  • Verbe : dorment. Question : « Qui est-ce qui dort ? » → le chien et le chat, placés après le verbe.
  • Deux sujets → pluriel → dorment.

10. Les erreurs fréquentes, traitées

a) S'accorder avec le mot le plus proche. La couleur des murs est jaune.

  • Verbe : est. Question : « Qu'est-ce qui est jaune ? » → la couleur (singulier), pas murs.
  • On écrit est, et non sont. Le mot murs est au pluriel et touche le verbe : c'est précisément ce qui le rend dangereux.

b) Oublier le sujet inversé. Dans une question ou après un verbe de parole, le sujet suit le verbe. Beaucoup d'élèves cherchent le sujet uniquement à gauche du verbe et n'en trouvent pas — ou en inventent un. Il faut quand même le chercher avec « Qui est-ce qui ? ».

c) Confondre « tout le monde » et « tous ». Tout le monde mange.

  • Question : « Qui est-ce qui mange ? » → tout le monde.
  • Tout le monde est toujours singulier — 3e personne du singulier — même s'il désigne plusieurs personnes. On écrit mange.

11. Récapitulatif du chapitre

À retenirÉnoncéPhrase-témoin
La règleLe verbe s'accorde en personne et en nombre avec son sujet, jamais avec un autre mot.Le chat dort sur le canapé.
Le sujetMot ou groupe de mots qui désigne qui fait l'action ou de qui on parle.Les arbres du jardin perdent leurs feuilles.
La question« Qui est-ce qui… ? » (personne, animal) / « Qu'est-ce qui… ? » (chose)Qui est-ce qui perd ? → les arbres
Cas 1Sujet simple avant le verbeLes enfants jouent dehors.
Cas 2Sujet séparé du verbe par un groupe de motsLa maison de mes voisins semble abandonnée.
Cas 3Deux sujets reliés par « et » → plurielLe chien et le chat dorment.
Cas 4Sujet après le verbe (inversé)Où vont tes amis ?
Erreur n° 1Accorder avec le mot le plus procheLa couleur des murs est jaune.
Cas particulier« Tout le monde » est toujours singulierTout le monde mange.

Le mécanisme, tu l'as : verbe, question, personne et nombre, terminaison. Ce qui fait perdre des points maintenant, c'est une petite série de situations où le sujet n'est pas là où l'œil le cherche — le nom le plus proche du verbe qui n'est pas le sujet, un groupe intercalé qui contient son propre verbe, le sujet passé derrière le verbe, « tout le monde » qui a l'air pluriel et ne l'est pas, deux sujets qui n'en font qu'un. On les prend un par un, avec le test qui tranche à chaque fois, et on finit par la checklist à dérouler pendant la relecture.

Piège 1 — Accorder avec le mot le plus proche

C'est l'erreur n° 1 du chapitre, celle que le cours signale en premier. L'œil attrape le nom collé au verbe et accorde dessus.

La couleur des murs est jaune. — le sujet est la couleur (singulier), pas murs. On écrit est, pas sont.

Le test. Mets le groupe intercalé entre parenthèses et relis sans lui :

  • La couleur (des murs) est jaune.
  • La maison (de mes voisins) semble abandonnée.
  • Les arbres (du jardin) perdent leurs feuilles.

Le contre-piège à connaître : ne retiens pas « le mot le plus proche est au pluriel, donc le sujet est au singulier ». Dans le troisième exemple, c'est l'inverse : jardin est singulier et le sujet les arbres est pluriel. Le seul critère fiable reste la question.

Piège 2 — Le groupe intercalé contient un verbe

Variante méchante du piège précédent : entre le sujet et le verbe se glisse un groupe qui contient lui-même un verbe conjugué.

Les livres que tu lis sont passionnants.

  • Le verbe qu'on accorde est sont.
  • Son sujet est les livres (pluriel) → sont.
  • Le groupe intercalé est que tu lis. Le mot tu est bien plus proche de sont que les livres, mais il n'est pas son sujet.

La parade. À l'étape 1 de la méthode, ne te contente pas de repérer un verbe : repère celui que la question porte. Ici, on demande ce qui est passionnant, donc on travaille sur sont. Puis la question : « Qu'est-ce qui est passionnant ? » → les livres.

Piège 3 — Le sujet inversé qu'on ne cherche pas

Deuxième erreur signalée par le cours : dans une question ou après un verbe de parole, le sujet suit le verbe. Beaucoup d'élèves ne regardent qu'à gauche du verbe, ne trouvent rien, et accordent au hasard.

  • Où vont tes amis ? → Qui est-ce qui va ? → tes amis (pluriel) → vont.
  • « Viens ! » dit le professeur. → Qui est-ce qui dit ? → le professeur (singulier) → dit.

Les deux signaux d'alerte : un point d'interrogation dans la phrase, ou des paroles entre guillemets suivies d'un verbe de parole. Dès que tu en vois un, cherche le sujet à droite du verbe. La règle, elle, ne change pas : il faut quand même le chercher avec « Qui est-ce qui ? ».

Piège 4 — « Tout le monde »

Troisième erreur du cours, et la plus contre-intuitive : tout le monde désigne plusieurs personnes, mais il est toujours singulier.

Tout le monde mange. → sujet : tout le monde, 3e personne du singuliermange.

Ne le confonds pas avec « tous », qui, lui, est pluriel. C'est la confusion exacte que le cours te demande d'éviter : le sens (« beaucoup de gens ») tire vers le pluriel, la forme grammaticale impose le singulier, et c'est la forme qui gagne.

Piège 5 — Deux sujets, et la personne qui change

Quand deux sujets sont reliés par et, le verbe se met au pluriel — même si chacun des deux est singulier.

  • Le chien et le chat dorment. → deux sujets → dorment, et non dort. Compare : Le chat dort sur le canapé.
  • Mon frère et moi partons en voyage. → deux sujets dont « moi »1re personne du plurielpartons.

Le vrai piège est la seconde ligne. Beaucoup d'élèves passent bien au pluriel mais restent à la 3e personne et écrivent partent. Dès que moi figure parmi les sujets, l'ensemble équivaut à nous : remplace mentalement le groupe par nous avant d'écrire la terminaison.

Piège 6 — Croire que « pluriel » suffit

Le cours dit « en personne et en nombre ». Deux informations, pas une. Si tu n'en lis qu'une, tu écris la mauvaise terminaison dès que le sujet est nous ou vous.

  • Nous regardons un film. → sujet pluriel, 1re personne → regardons.
  • Les enfants jouent dehors. → sujet pluriel, 3e personne → jouent.

Deux sujets pluriels, deux terminaisons différentes. À l'étape 3 de la méthode, dis toujours l'étiquette complète à voix basse : « 1re personne du pluriel », « 3e personne du singulier ». Jamais « c'est pluriel » tout court.

Piège 7 — N'utiliser qu'une seule des deux questions

Le cours donne deux formes de la question : « Qui est-ce qui… ? » pour une personne ou un animal, « Qu'est-ce qui… ? » pour une chose.

Or les phrases les plus piégeuses du chapitre ont justement un sujet inanimé : la couleur, la maison, les livres, les arbres. Si tu ne connais que la première forme, la question sonne faux à ton oreille, tu l'abandonnes, et tu accordes « au feeling » — c'est-à-dire sur le mot le plus proche. Retiens les deux formes.

La checklist de relecture

À dérouler sur chaque phrase de la copie, dans cet ordre. Elle reprend la méthode du cours en ajoutant, à chaque étape, le piège correspondant.

ÉtapeCe que tu faisCe que tu vérifies
1Repérer le verbe conjuguéY en a-t-il un second, caché dans un groupe intercalé ? (piège 2)
2Poser « Qui est-ce qui… ? » / « Qu'est-ce qui… ? »Ai-je essayé les deux formes ? Ai-je cherché à droite du verbe ? (pièges 3 et 7)
3Dire la personne et le nombreY a-t-il deux sujets ? L'un est-il « moi » ? Est-ce « tout le monde » ? (pièges 4, 5, 6)
4Écrire la terminaisonElle correspond à l'étiquette complète, pas au nombre seul.
5Relire sans le groupe intercaléN'ai-je pas accordé avec un mot placé entre le sujet et le verbe ? (piège 1)

Tu tiens le chapitre. Regarde maintenant ce qu'il t'a fait faire sans le dire : relier deux mots qui ne se touchent pas. C'est le geste central de la grammaire française, et il va revenir chaque année, sur des phrases plus longues et des groupes plus discrets. Voici ce que deviennent, au niveau suivant, les quatre situations que tu viens d'apprendre — et la leçon de fond que « tout le monde mange » cache sous ses trois mots.

Ce que ce chapitre t'a vraiment appris : une dépendance à distance

Relis la règle : le verbe s'accorde toujours avec son sujet, jamais avec un autre mot de la phrase. Vue de haut, elle ne parle pas de terminaisons : elle dit qu'en français, deux mots peuvent dépendre l'un de l'autre sans être voisins.

Les quatre situations du cours ne sont d'ailleurs que quatre façons d'éloigner le sujet de son verbe :

  • Cas 1 : distance nulle — Le chat dort.
  • Cas 2 : un groupe s'intercale — La maison de mes voisins semble…
  • Cas 3 : le sujet se dédouble — Le chien et le chat dorment.
  • Cas 4 : le sujet passe derrière — Où vont tes amis ?

C'est pourquoi la méthode marche partout : elle ne suppose jamais que le sujet soit à tel endroit. Elle pose une question, et elle suit la réponse. Garde ce réflexe : plus les phrases s'allongeront, plus il sera rentable.

Les groupes qui s'intercalent finiront par avoir un nom

Le cours les désigne par ce qu'ils font — « un groupe de mots » qui sépare le sujet du verbe. Mais regarde-les de près, ils ne sont pas tous de la même famille :

  • de mes voisins, des murs, du jardin : de petits groupes qui complètent le nom placé juste devant eux (la maison de qui ? la couleur de quoi ?). Les années suivantes les appelleront compléments du nom.
  • que tu lis : un groupe qui contient son propre verbe conjugué. Celui-là deviendra une proposition subordonnée relative, et tu l'étudieras pour elle-même.

Aujourd'hui, tu n'as pas besoin de ces noms. Tu as besoin de savoir les enjamber — et c'est déjà ce que tu fais quand tu mets le groupe entre parenthèses avant de relire. Quand on te demandera de les nommer, tu sauras déjà les repérer : c'est l'ordre le plus confortable.

Le sujet inversé : un détail de 6e, un outil d'écrivain

Le cours te montre le sujet inversé dans deux contextes : la question (Où vont tes amis ?) et le verbe de parole (« Viens ! » dit le professeur.).

Le second cas n'est pas une curiosité : dès que tu écriras un dialogue — et on t'en demandera — tu produiras toi-même des sujets inversés à chaque réplique. Ce sont des phrases que tu écris, pas seulement des phrases qu'on te donne à corriger : l'accord y est donc de ta responsabilité entière, sans exercice pour te prévenir.

Retiens la formulation exacte du cours, elle reste vraie quel que soit le niveau : le sujet suit le verbe, il faut quand même le chercher avec « Qui est-ce qui ? ».

La leçon cachée : la forme l'emporte sur le sens

C'est la phrase la plus riche du cours, et elle a l'air de rien : tout le monde est toujours singulier, même s'il désigne plusieurs personnes.

Traduis : la grammaire n'accorde pas sur le nombre de gens, elle accorde sur la forme du sujet. Tout le monde a beau réunir toute une classe, il se conjugue comme le chat. Le sens dit « plusieurs », la forme dit « un », et c'est la forme qui commande.

Ce principe explique par avance beaucoup de règles que tu croiseras plus tard et qui semblent absurdes tant qu'on raisonne sur le sens. Chaque fois qu'un accord te paraîtra contraire au bon sens, pose-toi la bonne question : non pas « combien sont-ils ? », mais « quelle est la forme du sujet ? ».

Le cas que le cours ouvre sans le refermer

Mon frère et moi partons en voyage. → deux sujets dont « moi » → 1re personne du pluriel.

Arrête-toi une seconde sur ce que cette ligne implique. Les deux sujets ne sont pas à la même personne : mon frère est à la 3e, moi à la 1re. Il a donc fallu trancher, et c'est la 1re qui l'a emporté. Le cours te donne le résultat pour ce cas précis — celui où moi figure parmi les sujets — et s'arrête là.

Ce que ça annonce : il existe une hiérarchie entre les personnes, et la question se posera pour d'autres combinaisons de pronoms que celle-ci. Ne devine pas la règle générale maintenant : retiens le cas traité, sache qu'il est un cas particulier, et tu accueilleras la règle complète sans surprise.

Ce qui change au niveau suivant

  • La règle ne bouge pas. Verbe conjugué, question, personne et nombre, terminaison, vérification : la méthode en cinq temps reste la même jusqu'au lycée.
  • Les phrases s'allongent. Les groupes intercalés deviendront plus longs, et il pourra y en avoir plusieurs entre le sujet et son verbe. L'étape 5 ne sera plus un luxe.
  • On ne t'indiquera plus où chercher. Au lieu de phrases isolées avec un verbe souligné, on te donnera un texte suivi : à toi de repérer chaque verbe conjugué et chaque sujet.
  • L'accord sujet-verbe se combinera aux autres accords. Il faudra le tenir en même temps que les accords à l'intérieur du groupe nominal — deux mécaniques distinctes, à vérifier séparément.

Autrement dit : rien de neuf à apprendre, tout à automatiser. Le chapitre que tu viens de finir est un des rares dont on ne sort jamais vraiment — autant que le réflexe soit bon dès maintenant.