Contrôle demain et le chapitre n'a jamais été ouvert ? Tout tient dans une seule idée : dans une phrase, chaque groupe de mots joue un rôle par rapport au verbe, et pour trouver ce rôle on pose une question précise au verbe. Cinq fonctions, cinq questions, une méthode en six étapes et une phrase analysée en entier — c'est tout ce qu'il faut pour ce soir.
1. L'idée, en deux phrases
Dans une phrase, chaque groupe de mots remplit un rôle vis-à-vis du verbe. Ce rôle s'appelle la fonction grammaticale.
Pour l'identifier, on ne devine pas : on pose une question précise au verbe.
Exemple : « Le chien mange un os dans le jardin. »
- Qui mange ? → Le chien = sujet.
- mange quoi ? → un os = COD.
- mange où ? → dans le jardin = CC de lieu.
Une phrase, trois questions, trois fonctions. Le chapitre entier fonctionne comme ça.
2. Les cinq fonctions et leur question
| Fonction | Question à poser | Exemple |
|---|---|---|
| Sujet | « Qui est-ce qui + verbe ? » / « Qu'est-ce qui + verbe ? » | Lucie lit un roman. → Lucie |
| COD | « verbe + qui ? / quoi ? » — sans préposition | Lucie lit un roman. → un roman |
| COI | « verbe + à qui ? / à quoi ? / de qui ? / de quoi ? » — avec préposition | Il téléphone à sa mère. → à sa mère |
| Attribut du sujet | verbe d'état (être, paraître, sembler, devenir, rester…) + mot qui qualifie le sujet | Ce film est passionnant. → passionnant |
| CC | Où ? (lieu) — Quand ? (temps) — Comment ? (manière) — Pourquoi ? (cause) | Il téléphone le soir. → le soir (CC de temps) |
La ligne qui décide de presque tout : le COD n'a jamais de préposition, le COI en a une.
3. La méthode, en six étapes
- 1. Repérer le verbe conjugué.
- 2. Poser « Qui est-ce qui / Qu'est-ce qui + verbe ? » → sujet.
- 3. Poser « verbe + qui ? / quoi ? » sans préposition → COD.
- 4. Poser « verbe + à qui ? / de quoi ? … » avec préposition → COI.
- 5. Si le verbe est être, paraître, sembler, devenir, rester… : le mot qui suit et qualifie le sujet = attribut du sujet.
- 6. Poser « où ? / quand ? / comment ? / pourquoi ? » → CC (supprimable et déplaçable).
L'ordre compte : on commence toujours par le verbe, jamais par le premier mot de la phrase.
4. Une phrase analysée en entier
« Il téléphone à sa mère le soir. »
- Étape 1 — Verbe conjugué : téléphone.
- Étape 2 — Qui est-ce qui téléphone ? → il = sujet. Un pronom peut très bien être sujet.
- Étape 3 — Il téléphone quoi ? → aucune réponse sans préposition : pas de COD ici.
- Étape 4 — Il téléphone à qui ? → à sa mère = COI (préposition à).
- Étape 5 — téléphoner n'est pas un verbe d'état : pas d'attribut.
- Étape 6 — Il téléphone quand ? → le soir = CC de temps. On peut le supprimer et le déplacer : « Le soir, il téléphone à sa mère. »
Une phrase peut n'avoir ni COD, ni attribut : c'est normal, on ne remplit pas les cinq cases à tout prix.
5. Les erreurs qui coûtent des points
- COD ≠ COI : le COD n'a jamais de préposition. « Je pense à toi » → COI, pas COD.
- Attribut ≠ COD : avec un verbe d'état, le mot qui qualifie le sujet est attribut. « Il est médecin » (attribut) ≠ « Il appelle un médecin » (COD).
- Le sujet peut être un pronom (il, elle, nous…) ou placé après le verbe : « Mange-t-il ? » → il est sujet.
- Tous les groupes prépositionnels ne sont pas des COI. « Il mange dans la cuisine » → CC de lieu (le verbe manger ne se construit pas avec dans).
6. Si tu ne retiens qu'une chose ce soir
Trouve le verbe conjugué, pose les questions dans l'ordre, et regarde s'il y a une préposition.
- Question sans préposition qui trouve une réponse → sujet ou COD.
- Question avec à ou de → COI.
- Verbe d'état (être, paraître, sembler, devenir, rester…) → attribut du sujet.
- Groupe qu'on peut supprimer et déplacer, et qui répond à où / quand / comment / pourquoi → CC.
Avec ces quatre réflexes, tu passes le contrôle.
« Sujet », « COD », « attribut » : ces mots te disent quelque chose, mais au moment de répondre tu hésites entre deux étiquettes. On remet le chapitre dans l'ordre où il se pense — le verbe d'abord, puis les cinq fonctions une par une avec leur question, puis la méthode en six étapes appliquée du début à la fin sur trois phrases complètes.
1. Une fonction, c'est un rôle par rapport au verbe
Dans une phrase, chaque groupe de mots remplit un rôle vis-à-vis du verbe. Ce rôle s'appelle la fonction grammaticale. Pour l'identifier, on pose une question précise au verbe.
Deux conséquences immédiates, et ce sont elles qui séparent une analyse juste d'une étiquette posée au hasard :
- On part du verbe, pas du premier mot. Le verbe conjugué est le pivot : sujet, COD, COI, attribut du sujet et CC se définissent tous par rapport à lui.
- On pose la question à voix basse avant d'écrire une étiquette. La question est la preuve ; l'étiquette n'est que la conclusion.
L'exemple qui installe le réflexe : « Le chien mange un os dans le jardin. »
- Qui mange ? → Le chien = sujet.
- mange quoi ? → un os = COD.
- mange où ? → dans le jardin = CC de lieu.
2. Les cinq fonctions, une par une
- Le sujet — Question : « Qui est-ce qui + verbe ? » ou « Qu'est-ce qui + verbe ? » On emploie Qui est-ce qui pour une personne ou un animal, Qu'est-ce qui pour une chose. Le sujet peut être un nom, un pronom ou un groupe nominal entier.
- Le COD (complément d'objet direct) — Question : « verbe + qui ? » ou « verbe + quoi ? ». Le mot direct dit exactement ce qu'il faut vérifier : le complément est accroché au verbe sans préposition.
- Le COI (complément d'objet indirect) — Question : « verbe + à qui ? / à quoi ? / de qui ? / de quoi ? ». Il est indirect parce qu'il passe par une préposition, le plus souvent à ou de.
- L'attribut du sujet — Il n'apparaît qu'avec un verbe d'état : être, paraître, sembler, devenir, rester… Ce verbe ne décrit pas une action : il relie le sujet à un mot qui le qualifie, et ce mot est l'attribut du sujet.
- Les compléments circonstanciels (CC) — Questions : Où ? (lieu), Quand ? (temps), Comment ? (manière), Pourquoi ? (cause). Ils sont supprimables et déplaçables : c'est leur signature.
Retiens le couple qui structure tout : COD sans préposition, COI avec préposition. Et le déclencheur unique de l'attribut : un verbe d'état.
3. La méthode d'analyse, en six étapes
- Étape 1 — Repérer le verbe conjugué.
- Étape 2 — Poser « Qui est-ce qui / Qu'est-ce qui + verbe ? » → sujet.
- Étape 3 — Poser « verbe + qui ? / quoi ? » sans préposition → COD.
- Étape 4 — Poser « verbe + à qui ? / de quoi ? … » avec préposition → COI.
- Étape 5 — Si le verbe est être, paraître, sembler, devenir, rester… : le mot qui suit et qualifie le sujet = attribut du sujet.
- Étape 6 — Poser « où ? / quand ? / comment ? / pourquoi ? » → CC (supprimable et déplaçable).
Trois remarques sur cet ordre, parce qu'il n'est pas arbitraire :
- L'étape 1 conditionne toutes les autres. Sans verbe conjugué identifié, aucune question n'a de point d'appui.
- Les étapes 3 et 4 sont volontairement séparées : c'est la présence ou l'absence de préposition qui les distingue, rien d'autre.
- L'étape 5 ne se déclenche que si le verbe est un verbe d'état. Si ton verbe exprime une action, tu sautes l'étape : il n'y aura pas d'attribut.
4. La méthode appliquée, trois fois de suite
Phrase 1 : « Lucie lit un roman. »
- Verbe conjugué : lit.
- Qui est-ce qui lit ? → Lucie = sujet.
- Lucie lit quoi ? → un roman = COD (aucune préposition).
- lire n'est pas un verbe d'état : pas d'attribut. Aucune réponse à où / quand / comment / pourquoi : pas de CC.
Phrase 2 : « Il téléphone à sa mère le soir. »
- Verbe conjugué : téléphone.
- Qui est-ce qui téléphone ? → il = sujet (un pronom fait un sujet parfaitement valable).
- Il téléphone quoi ? → rien sans préposition : pas de COD.
- Il téléphone à qui ? → à sa mère = COI (préposition à).
- Il téléphone quand ? → le soir = CC de temps.
Phrase 3 : « Ce film est passionnant. »
- Verbe conjugué : est. C'est un verbe d'état : il relie le sujet à un mot qui le qualifie.
- Qu'est-ce qui est passionnant ? → ce film = sujet.
- passionnant = attribut du sujet ce film.
- Attention au faux réflexe : ici, on ne demande pas « est quoi ? » pour trouver un COD. Avec un verbe d'état, il n'y a pas de COD.
5. Les quatre confusions à connaître dès maintenant
- COD ≠ COI : le COD n'a jamais de préposition. « Je pense à toi » → COI, pas COD.
- Attribut ≠ COD : avec un verbe d'état, le mot qui qualifie le sujet est attribut. « Il est médecin » (attribut) ≠ « Il appelle un médecin » (COD). Le mot est le même ; c'est le verbe qui change tout.
- Le sujet n'est pas toujours en tête : il peut être un pronom (il, elle, nous…) ou placé après le verbe. « Mange-t-il ? » → il est sujet.
- Préposition ne veut pas dire COI : « Il mange dans la cuisine » → CC de lieu, parce que le verbe manger ne se construit pas avec dans.
6. Ce qu'il faut retenir
- Une fonction est un rôle vis-à-vis du verbe : on part donc toujours du verbe conjugué.
- Chaque fonction a sa question : c'est elle qu'on écrit sur la copie pour justifier.
- Sans préposition → COD ; avec préposition → COI.
- Verbe d'état (être, paraître, sembler, devenir, rester…) → attribut du sujet, jamais COD.
- Un CC se reconnaît à ce qu'il est supprimable et déplaçable, et qu'il répond à où / quand / comment / pourquoi.
Sur une copie, la bonne réponse n'est pas « COD » toute seule : c'est « COD, parce que Lucie lit quoi ? un roman, sans préposition ». La question posée vaut souvent la moitié des points.
Le cours complet du niveau, et on met les mains dedans — mais je rédige avec toi. D'abord les cinq fonctions posées entièrement, avec leur question et ce qui les déclenche ; ensuite la méthode ; puis quatre phrases menées de bout en bout, groupe après groupe, dans l'ordre exact des six étapes. Rien à chercher seul ici : du modèle propre à imiter.
1. Le point de départ : la fonction se définit par rapport au verbe
Dans une phrase, chaque groupe de mots remplit un rôle vis-à-vis du verbe. Ce rôle s'appelle la fonction grammaticale. Pour l'identifier, on pose une question précise au verbe.
Deux idées à poser avant toute chose :
- Le verbe conjugué est le pivot de la phrase. Sujet, COD, COI, attribut du sujet et CC se définissent tous par rapport à lui. C'est pourquoi la première étape de la méthode est de le repérer, et non de commencer par le premier mot.
- La fonction n'est pas une étiquette qu'on colle à vue : c'est la réponse à une question. Chaque fonction a la sienne, et c'est cette question qu'on écrit pour justifier.
L'exemple de référence du cours : « Le chien mange un os dans le jardin. »
- Qui mange ? → Le chien (sujet)
- mange quoi ? → un os (COD)
- mange où ? → dans le jardin (CC de lieu)
Trois questions au même verbe, trois fonctions différentes. Toute l'analyse grammaticale de 6e tient dans ce geste, répété.
2. Le sujet
Question : « Qui est-ce qui + verbe ? » ou « Qu'est-ce qui + verbe ? »
- On emploie Qui est-ce qui quand on attend une personne ou un animal, Qu'est-ce qui quand on attend une chose.
- Le sujet peut être un nom (Lucie lit un roman), un pronom (il, elle, nous…) ou un groupe nominal entier — dans « Le chien mange un os », le sujet est le chien, déterminant compris.
- Il n'est pas obligatoirement en tête de phrase : il peut être placé après le verbe. Dans « Mange-t-il ? », le sujet est il.
Exemple traité — « Lucie lit un roman. » : Qui est-ce qui lit ? → Lucie = sujet du verbe lit.
Sur une copie, on nomme le sujet de quelque chose : « sujet du verbe lit ». La fonction se dit toujours par rapport au verbe.
3. Le COD et le COI : toute la différence tient à la préposition
Le COD (complément d'objet direct). Question : « verbe + qui ? » / « verbe + quoi ? » — et la réponse arrive sans préposition. C'est le sens du mot direct : le complément est accroché directement au verbe.
Le COI (complément d'objet indirect). Question : « verbe + à qui ? / à quoi ? / de qui ? / de quoi ? » — la réponse passe par une préposition, le plus souvent à ou de. C'est le sens du mot indirect.
| COD | COI | |
|---|---|---|
| Question | verbe + qui ? / quoi ? | verbe + à qui ? / à quoi ? / de qui ? / de quoi ? |
| Préposition | aucune | à ou de |
| Exemple | Lucie lit un roman. | Il téléphone à sa mère. |
Les deux exemples traités côte à côte :
- « Lucie lit un roman. » — Lucie lit quoi ? → un roman. Rien devant : COD.
- « Il téléphone à sa mère. » — Il téléphone à qui ? → à sa mère. Préposition à : COI.
Deux points de rédaction : on écrit le COI avec sa préposition (« à sa mère », et non « sa mère »), et on précise cette préposition dans la justification. C'est elle qui prouve que ce n'est pas un COD.
4. L'attribut du sujet
L'attribut du sujet n'apparaît qu'avec un verbe d'état : être, paraître, sembler, devenir, rester…
Un verbe d'état ne décrit pas une action. Il relie le sujet à un mot qui le qualifie : ce mot est l'attribut du sujet. La conséquence pratique est nette : après un verbe d'état, on ne cherche pas de COD.
Exemple traité — « Ce film est passionnant. »
- est est un verbe d'état : il relie le sujet à un mot qui le qualifie.
- Qu'est-ce qui est passionnant ? → ce film = sujet.
- passionnant = attribut du sujet ce film.
Le même mot peut changer de fonction selon le verbe qui le précède — c'est le cœur du chapitre :
- « Il est médecin. » → est est un verbe d'état ; médecin qualifie le sujet : attribut du sujet.
- « Il appelle un médecin. » → appeler exprime une action ; il appelle qui ? un médecin, sans préposition : COD.
Le premier réflexe, devant un mot placé après le verbe, n'est donc pas « COD ou attribut ? » mais « ce verbe est-il un verbe d'état ? ». La réponse à cette question décide de l'étiquette.
5. Les compléments circonstanciels
Les CC répondent aux questions de circonstance :
| Question | Type de CC | Exemple |
|---|---|---|
| Où ? | CC de lieu | Le chien mange un os dans le jardin. |
| Quand ? | CC de temps | Il téléphone à sa mère le soir. |
| Comment ? | CC de manière | Il range ses affaires rapidement. |
| Pourquoi ? | CC de cause | Elle tremble de froid. |
Leur signature : un CC est supprimable et déplaçable. C'est le test à faire avant d'écrire l'étiquette.
- Suppression : « Il téléphone à sa mère le soir. » → « Il téléphone à sa mère. » La phrase tient debout : le soir est bien un CC.
- Déplacement : « Le soir, il téléphone à sa mère. » Le groupe bouge sans casser la phrase : même conclusion.
Compare avec un COD : dans « Lucie lit un roman. », on ne peut ni supprimer un roman ni le déplacer en tête. Un complément d'objet ne se comporte pas comme un CC.
Une même phrase peut contenir plusieurs CC, de types différents : on les relève tous, et on précise le type de chacun.
6. La méthode, en six étapes
- Étape 1 — Repérer le verbe conjugué.
- Étape 2 — Poser « Qui est-ce qui / Qu'est-ce qui + verbe ? » → sujet.
- Étape 3 — Poser « verbe + qui ? / quoi ? » sans préposition → COD.
- Étape 4 — Poser « verbe + à qui ? / de quoi ? … » avec préposition → COI.
- Étape 5 — Si le verbe est être, paraître, sembler, devenir, rester… : le mot qui suit et qualifie le sujet = attribut du sujet.
- Étape 6 — Poser « où ? / quand ? / comment ? / pourquoi ? » → CC (supprimable et déplaçable).
Toutes les étapes ne donnent pas forcément une réponse : une phrase peut n'avoir ni COD, ni COI, ni attribut, ni CC. Passer une étape à vide n'est pas une erreur, c'est un résultat — et il vaut mieux l'écrire (« pas de COD ») que le laisser en blanc.
7. Quatre phrases analysées entièrement
Phrase 1 — « Le chien mange un os dans le jardin. »
- 1. Verbe conjugué : mange.
- 2. Qui est-ce qui mange ? → Le chien = sujet.
- 3. Le chien mange quoi ? → un os, sans préposition = COD.
- 4. Le chien mange à qui ? de quoi ? → pas de réponse : pas de COI.
- 5. manger n'est pas un verbe d'état : pas d'attribut.
- 6. Le chien mange où ? → dans le jardin = CC de lieu. Test : « Dans le jardin, le chien mange un os. » — déplaçable, donc CC.
Phrase 2 — « Il téléphone à sa mère le soir. »
- 1. Verbe conjugué : téléphone.
- 2. Qui est-ce qui téléphone ? → il = sujet (pronom).
- 3. Il téléphone quoi ? → rien sans préposition : pas de COD.
- 4. Il téléphone à qui ? → à sa mère = COI (préposition à).
- 5. téléphoner n'est pas un verbe d'état : pas d'attribut.
- 6. Il téléphone quand ? → le soir = CC de temps. Test : « Le soir, il téléphone à sa mère. »
Phrase 3 — « Ce film est passionnant. »
- 1. Verbe conjugué : est — c'est un verbe d'état.
- 2. Qu'est-ce qui est passionnant ? → ce film = sujet.
- 3. et 4. Avec un verbe d'état, on ne cherche ni COD ni COI.
- 5. est relie le sujet à un mot qui le qualifie : passionnant = attribut du sujet ce film.
- 6. Aucune réponse à où / quand / comment / pourquoi : pas de CC.
Phrase 4 — « La maîtresse lit une histoire aux enfants dans la classe. »
- 1. Verbe conjugué : lit.
- 2. Qui est-ce qui lit ? → La maîtresse = sujet.
- 3. La maîtresse lit quoi ? → une histoire, sans préposition = COD.
- 4. La maîtresse lit à qui ? → aux enfants = COI (préposition à + les = aux).
- 5. lire n'est pas un verbe d'état : pas d'attribut.
- 6. Où lit-elle ? → dans la classe = CC de lieu. Supprimable : la phrase reste correcte sans lui.
Cette quatrième phrase est la plus complète : quatre fonctions différentes d'un coup. Remarque surtout qu'elle contient deux groupes prépositionnels, aux enfants et dans la classe, et qu'ils n'ont pas la même fonction. La préposition seule ne suffit donc pas : c'est la question qui tranche.
8. Récapitulatif
| Fonction | Ce qui la déclenche | Question |
|---|---|---|
| Sujet | — | Qui est-ce qui / Qu'est-ce qui + verbe ? |
| COD | absence de préposition | verbe + qui ? / quoi ? |
| COI | préposition (à, de) | verbe + à qui ? / à quoi ? / de qui ? / de quoi ? |
| Attribut du sujet | verbe d'état (être, paraître, sembler, devenir, rester…) | quel mot qualifie le sujet ? |
| CC | groupe supprimable et déplaçable | Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? |
Et la formulation attendue sur une copie : fonction + question posée. Par exemple : « à sa mère : COI du verbe téléphone — il téléphone à qui ? préposition à. »
Tu connais les cinq fonctions et la méthode. Ce qui te coûte des points maintenant, ce sont quatre confusions classiques — dont deux qui se ressemblent beaucoup à l'écrit — et une poignée de cas limites : le groupe prépositionnel qui n'est pas un COI, le sujet qui n'est pas en tête de phrase, la phrase qui n'a ni COD ni attribut. On les prend un par un, avec le test qui permet de trancher à chaque fois.
1. Où se perdent les points
Les erreurs de ce chapitre ne sont presque jamais des trous de mémoire : ce sont des étiquettes posées trop vite, sans avoir posé la question. Quatre confusions reviennent systématiquement :
- Prendre un COI pour un COD (ou l'inverse) : on n'a pas regardé la préposition.
- Prendre un attribut du sujet pour un COD : on n'a pas regardé le verbe.
- Prendre un CC pour un COI : on a vu une préposition et on a conclu.
- Rater le sujet parce qu'il n'est pas au début de la phrase, ou parce que c'est un pronom.
La parade est toujours la même : écrire la question posée à côté de la réponse. Une étiquette sans question, c'est un pari ; une étiquette avec sa question, c'est une démonstration — et elle rapporte souvent la moitié des points.
2. Piège n°1 — COD ou COI ? La préposition décide
La règle est absolue : le COD n'a jamais de préposition. Si la réponse à ta question est introduite par la préposition à ou de, ce n'est pas un COD. Attention : du, de la, de l' sont des déterminants, pas des prépositions — dans « Il boit de l'eau », de l'eau reste un COD.
- « Je pense à toi. » → Je pense à qui ? → à toi, préposition à : COI, pas COD. C'est le contre-exemple type du cours, parce que la phrase « sonne » comme un COD alors qu'elle n'en est pas un.
- « Lucie lit un roman. » → lit quoi ? → un roman, rien devant : COD.
Deux fautes de rédaction à éviter, même quand l'analyse est juste :
- Amputer le COI de sa préposition. On écrit « COI : à sa mère », pas « COI : sa mère ». La préposition fait partie du groupe.
- Oublier de citer la question. « COI » tout seul ne prouve rien ; « COI, parce que il téléphone à qui ? à sa mère » prouve tout.
Attention aussi à la forme contractée : dans « La maîtresse lit une histoire aux enfants », aux est la contraction de à + les. La préposition est bien là, même si on ne la voit pas au premier coup d'œil : aux enfants est un COI.
3. Piège n°2 — Attribut du sujet ou COD ? Le verbe décide
Le mot placé après le verbe ne dit rien de sa propre fonction. C'est le verbe qui commande.
- Verbe d'état (être, paraître, sembler, devenir, rester…) → le mot qui qualifie le sujet est attribut du sujet.
- Verbe qui exprime une action → le mot sans préposition qui répond à « qui ? / quoi ? » est COD.
La paire du cours, à savoir refaire de tête :
- « Il est médecin. » → est = verbe d'état ; médecin qualifie le sujet il → attribut du sujet.
- « Il appelle un médecin. » → appeler exprime une action ; il appelle qui ? un médecin, sans préposition → COD.
Même mot, deux fonctions. Le seul élément qui a changé, c'est le verbe.
Deux précisions qui rapportent :
- L'attribut n'est pas forcément un adjectif. Dans « Ce film est passionnant », c'est un adjectif ; dans « Il est médecin », c'est un nom. Les deux sont bien des attributs du sujet.
- Il faut connaître la liste des verbes d'état par cœur : être, paraître, sembler, devenir, rester… Sans elle, l'étape 5 de la méthode ne se déclenche jamais au bon moment.
Le bon réflexe, avant même de regarder le complément : « mon verbe est-il un verbe d'état ? » Si oui, tu es sur le rail de l'attribut, et il n'y a pas de COD à chercher.
4. Piège n°3 — COI ou CC ? Tous les groupes prépositionnels ne sont pas des COI
C'est l'erreur la plus coûteuse du chapitre, parce qu'elle se déclenche sur un réflexe juste à moitié : « il y a une préposition, donc c'est un COI ». Faux.
Le contre-exemple du cours : « Il mange dans la cuisine. » → CC de lieu, et non COI, parce que le verbe manger ne se construit pas avec dans.
Deux tests pour trancher, à faire dans cet ordre :
- Quelle question a trouvé ce groupe ? Si c'est « à qui / à quoi / de qui / de quoi ? » → COI. Si c'est « où ? quand ? comment ? pourquoi ? » → CC.
- Le groupe est-il supprimable et déplaçable ? Un CC l'est : « Dans la cuisine, il mange. » fonctionne, et « Il mange. » aussi.
Appliqué aux deux groupes prépositionnels d'une même phrase, « La maîtresse lit une histoire aux enfants dans la classe » :
| Groupe | Question qui le trouve | Fonction |
|---|---|---|
| aux enfants | lit à qui ? | COI |
| dans la classe | lit où ? | CC de lieu |
Deux prépositions, deux fonctions différentes, dans la même phrase. C'est exactement le genre de couple qu'un sujet de contrôle place pour séparer les copies.
5. Piège n°4 — Le sujet n'est pas toujours où tu l'attends
Deux cas font rater des sujets pourtant faciles :
- Le sujet est un pronom. il, elle, nous… sont des sujets à part entière. Dans « Il téléphone à sa mère le soir », le sujet est il — et il faut l'écrire, pas le sauter parce qu'il est court.
- Le sujet est placé après le verbe. Dans « Mange-t-il ? », le sujet est il, bien qu'il suive le verbe. La question « Qui est-ce qui mange ? » le retrouve sans problème : c'est précisément pour cela qu'on pose la question au lieu de regarder la place des mots.
La leçon générale : la position dans la phrase ne détermine pas la fonction. Un CC peut être en tête (« Le soir, il téléphone à sa mère. »), un sujet peut être après le verbe. Seule la question posée au verbe est fiable.
6. Cas limites à avoir vus au moins une fois
- Une phrase sans COD ni COI. « Le chien dort dans le jardin. » — sujet + CC de lieu, c'est tout. Ne force pas une fonction qui n'existe pas : écris « pas de COD ».
- Plusieurs CC dans la même phrase. Quand la consigne dit « relève tous les CC », il faut vraiment tous les relever et préciser le type de chacun (lieu, temps, manière, cause). Un CC oublié, c'est un point perdu même si les autres sont justes.
- Le CC de cause. C'est le moins fréquent des quatre, et le plus vite oublié. Il répond à « pourquoi ? » : « Elle tremble de froid. » → elle tremble pourquoi ? → de froid = CC de cause. Note qu'il commence par de et que ce n'est pourtant pas un COI : c'est la question qui tranche, pas la préposition.
- Le COD peut être un groupe entier. Dans « Le chien mange un os », le COD est un os — déterminant compris. On ne cite pas le nom tout seul.
- Un verbe d'état ferme la porte au COD. Devant « Ce film est passionnant », la question « est quoi ? » ne cherche pas un COD : elle mène à l'attribut du sujet.
7. La check-list de relecture
Avant de rendre, repasse sur chaque phrase analysée et vérifie ces six points :
- Ai-je bien identifié le verbe conjugué de chaque phrase ?
- Pour chaque complément d'objet : y a-t-il une préposition, oui ou non ? (non → COD ; oui → COI)
- Le verbe est-il être, paraître, sembler, devenir, rester… ? Si oui, ai-je bien écrit attribut du sujet et non COD ?
- Chaque groupe prépositionnel que j'ai appelé COI répond-il vraiment à à qui / à quoi / de qui / de quoi, et non à où / quand / comment / pourquoi ?
- Ai-je relevé tous les CC, avec leur type ?
- Ai-je écrit la question posée à côté de chaque fonction ?
Les quatre erreurs à ne jamais réécrire, en une ligne chacune : le COD n'a jamais de préposition ; après un verbe d'état c'est un attribut, pas un COD ; le sujet peut être un pronom ou être placé après le verbe ; tous les groupes prépositionnels ne sont pas des COI.
Ce chapitre est une porte d'entrée, pas une fin. Il installe un geste — devant un groupe de mots, poser une question au verbe avant d'écrire une étiquette — et ce geste ne bougera plus pendant des années. Voyons ce que tu emportes tel quel, et ce que le cours laisse volontairement entrouvert pour la 5e.
1. Ce que tu emportes tel quel
Le socle posé cette année ne sera jamais défait :
- Une fonction est un rôle vis-à-vis du verbe. On part donc toujours du verbe conjugué.
- Chaque fonction se trouve par une question posée au verbe, et cette question reste la justification attendue, longtemps après la 6e.
- COD sans préposition, COI avec préposition : cette ligne de partage ne changera pas.
- Un verbe d'état (être, paraître, sembler, devenir, rester…) appelle un attribut du sujet, jamais un COD.
- Un CC est supprimable et déplaçable : le test survivra à toutes les phrases, même longues.
Ce qui va changer, ce ne sont pas ces règles : ce sont les phrases auxquelles tu vas les appliquer.
2. En 5e : les mêmes fonctions, dans des phrases plus complexes
L'année prochaine, tu retrouveras exactement les cinq fonctions du programme de 6e — sujet, COD, COI, attribut du sujet, CC — mais dans des phrases plus longues, contenant des propositions subordonnées.
Concrètement, cela veut dire qu'une fonction ne sera plus toujours tenue par un simple groupe de mots : elle pourra être tenue par toute une proposition, avec son propre verbe conjugué à l'intérieur. La méthode ne change pas, mais l'étape 1 devient plus exigeante : il faudra repérer plusieurs verbes conjugués dans la même phrase, et savoir auquel chaque question s'adresse.
Le réflexe à prendre dès maintenant, pendant que les phrases sont courtes : nommer le verbe à chaque fois. Ne pas écrire « COD » mais « COD du verbe lit ». Cette habitude, presque inutile aujourd'hui, devient indispensable dès que la phrase contient deux verbes.
3. La distinction qui va se durcir : COI ou CC ?
Cette année, le cours te prévient déjà que tous les groupes prépositionnels ne sont pas des COI : « Il mange dans la cuisine » est un CC de lieu, parce que manger ne se construit pas avec dans.
Ce point sera repris et approfondi, avec des cas où à et de — les prépositions du COI — introduisent pourtant un CC :
| Phrase | Question | Fonction |
|---|---|---|
| Il parle de son voyage. | parle de quoi ? | COI |
| Il revient de Paris. | revient d'où ? | CC de lieu |
| Elle tient à sa poupée. | tient à quoi ? | COI |
| Elle travaille à la bibliothèque. | travaille où ? | CC de lieu |
Même préposition, fonctions différentes. La conclusion est déjà celle de cette année, et elle se confirmera : c'est la question qui tranche, pas la préposition.
4. Une fonction qu'on te montre sans te la demander : l'attribut du COD
Cette année, tu n'as qu'un seul attribut : l'attribut du sujet, avec un verbe d'état.
Plus tard, tu rencontreras un second attribut, l'attribut du COD : un mot qui qualifie non plus le sujet, mais le COD. Compare :
- « Ce film est passionnant. » → passionnant qualifie le sujet ce film : attribut du sujet (programme de 6e).
- « Je trouve ce film passionnant. » → passionnant qualifie ce film, qui est ici le COD de trouve : c'est un attribut du COD (pour plus tard).
Tu n'as pas à savoir le nommer cette année. Ce qu'il faut voir, c'est la logique : un attribut qualifie toujours quelque chose, et on précise quoi. C'est déjà ce que tu fais quand tu écris « attribut du sujet ce film » au lieu de « attribut » tout court.
5. Les listes qui vont s'allonger
- Les compléments circonstanciels. Tu en connais quatre : lieu, temps, manière, cause. D'autres circonstances viendront s'ajouter à cette liste au fil des années. La méthode, elle, reste identique : une question, un type de CC, et toujours le test de suppression et de déplacement.
- Les compléments d'objet. Quand un verbe a déjà un COD et reçoit en plus un complément introduit par à — comme dans « La maîtresse lit une histoire aux enfants » — on l'appelle COI en 6e. Plus tard, ce second complément recevra un nom plus précis. La construction que tu analyses, elle, est déjà exactement la même.
Aucune de ces extensions ne remet en cause ce que tu as appris : elles ajoutent des cases au tableau, elles ne changent pas la méthode qui sert à le remplir.
6. Trois habitudes à prendre dès maintenant
- Toujours nommer le verbe. « Sujet du verbe lit », « COI du verbe téléphone ». Indispensable dès que la phrase aura deux verbes conjugués.
- Toujours écrire la question posée. C'est ce qui transforme une étiquette en justification — et c'est ce qu'on te demandera encore dans quatre ans.
- Toujours citer le groupe entier, préposition et déterminant compris : « à sa mère », « un os », « dans le jardin ». Quand les groupes s'allongeront, ce sera la seule façon de montrer que tu as bien vu où ils commencent et où ils finissent.
La phrase de la fiche — « Le chien mange un os dans le jardin » — se traitera de la même façon l'an prochain, en dix secondes. Ce sont les phrases autour qui auront grandi.