Contrôle demain, cours jamais ouvert. Voilà la leçon entière en un coup d'œil : trois besoins, ce que chacun apporte, ce qui arrive quand il manque, et les trois expériences qui le prouvent. Lis le tableau, puis les quatre pièges. C'est le minimum vital.
La phrase à retenir
Les végétaux sont des êtres vivants capables de fabriquer eux-mêmes leur propre matière organique à partir d'éléments simples prélevés dans leur milieu. Pour y arriver, il leur faut trois ressources : l'eau, la lumière et les sels minéraux. Ces trois besoins sont les mêmes pour tous les végétaux : une mousse, un géranium ou un chêne centenaire.
Le tableau des trois besoins
| Besoin | Comment la plante l'obtient | À quoi il sert | S'il manque |
|---|---|---|---|
| L'eau | Absorbée par les racines (ou par toute la surface chez les algues) | Croissance des cellules, transport des substances à l'intérieur de la plante, maintien de la rigidité | La plante se flétrit rapidement, puis meurt |
| Les sels minéraux (nitrates, phosphates, potassium…) | Dissous dans l'eau du sol, absorbés par les racines en même temps que l'eau | Apportent les éléments chimiques — notamment l'azote et le phosphore — nécessaires à la fabrication des constituants de la plante | Les feuilles jaunissent, la croissance est très ralentie |
| La lumière | Captée par la chlorophylle, pigment vert contenu dans les feuilles | Fournit l'énergie qui transforme l'eau et le dioxyde de carbone (CO2) de l'air en matière organique : c'est la photosynthèse | La plante ne fabrique plus de matière organique : elle jaunit, s'étiole et finit par mourir |
Les trois expériences, en trois lignes
- Eau — Deux plants de haricot identiques : A est arrosé régulièrement, B ne reçoit pas d'eau. Après deux semaines : A est vert et vigoureux, B est flétri et jaunit. → l'eau est indispensable au développement du végétal.
- Lumière — Deux plants identiques : A sur un rebord de fenêtre ensoleillé, B dans une boîte opaque. Après deux semaines : A est vert et développé, B est jaune, grêle et étiolé. → la lumière est indispensable à la croissance et à la verdeur de la plante.
- Sels minéraux — Deux plants identiques cultivés en milieu liquide : le lot A reçoit de l'eau enrichie en sels minéraux, le lot B de l'eau pure. Après trois semaines : A est vert et robuste, B est chétif et ses feuilles jaunissent. → les sels minéraux sont indispensables à un développement normal.
Les quatre pièges qui coûtent des points
- Les végétaux ne se nourrissent pas de la terre : ils absorbent les sels minéraux dissous dans l'eau du sol, pas la terre elle-même.
- La lumière n'est pas un aliment : c'est une source d'énergie qui permet la fabrication de matière organique, elle n'est pas consommée comme un nutriment.
- Eau et sels minéraux sont deux besoins distincts : l'eau seule, sans sels minéraux, ne suffit pas à assurer un développement normal.
- Un végétal peut survivre quelques jours sans lumière, mais une obscurité prolongée est mortelle.
Si on te demande d'analyser une expérience
- Identifier la variable testée : qu'est-ce qui change entre les deux conditions (eau, lumière ou sels minéraux) ?
- Vérifier que toutes les autres conditions sont identiques entre les deux lots : c'est le principe du témoin.
- Comparer les résultats : quelle plante se développe le mieux ?
- Conclure : la ressource absente dans la condition défavorable est bien un besoin du végétal.
Tu as suivi le cours, il te reste des morceaux. On remet la leçon dans l'ordre : d'abord ce qu'est un végétal, ensuite ce qu'il prend au sol, ensuite ce que lui apporte la lumière, et enfin la méthode d'analyse d'expérience — celle qui rapporte des points même quand on a oublié un détail.
1. L'idée de départ
Les végétaux sont des êtres vivants capables de fabriquer eux-mêmes leur propre matière organique à partir d'éléments simples prélevés dans leur milieu. C'est ce qui les rend particuliers : ils ne vont pas chercher une nourriture toute faite, ils la construisent.
Pour construire cette matière, il leur faut trois ressources essentielles : l'eau, la lumière et les sels minéraux. Ces besoins sont communs à tous les végétaux, qu'il s'agisse d'une mousse, d'un géranium ou d'un chêne centenaire. C'est un point important : on ne fait pas une liste par plante, la liste est la même pour toutes.
2. L'eau et les sels minéraux : ce que la plante prélève au sol
L'eau est absorbée par les racines — ou par toute la surface du corps chez les algues, qui n'ont pas de racines. Elle sert à trois choses : la croissance des cellules, le transport des substances à l'intérieur de la plante, et le maintien de la rigidité. C'est cette dernière fonction que l'on voit disparaître en premier : une plante privée d'eau se flétrit rapidement, puis meurt.
Les sels minéraux — nitrates, phosphates, potassium… — sont dissous dans l'eau du sol. Les racines les absorbent en même temps que l'eau : c'est le même trajet, mais ce ne sont pas les mêmes besoins. Ces sels apportent les éléments chimiques, notamment l'azote et le phosphore, nécessaires à la fabrication des constituants de la plante. En leur absence, les feuilles jaunissent et la croissance est très ralentie.
3. La lumière : une source d'énergie
Les végétaux captent l'énergie lumineuse grâce à la chlorophylle, un pigment vert contenu dans leurs feuilles. Cette énergie permet de transformer l'eau et le dioxyde de carbone (CO2) de l'air en matière organique : c'est la photosynthèse.
Sans lumière, la plante ne peut plus fabriquer de matière organique : elle jaunit, s'étiole et finit par mourir. Retiens la nuance : la lumière n'est pas avalée, elle est utilisée comme énergie pour une fabrication.
4. Les trois expériences qui le prouvent
Chaque besoin se démontre de la même façon : on prépare deux lots de plants identiques, on ne change qu'une seule chose entre les deux, et on compare après quelques semaines.
| Ce qu'on teste | Lot A | Lot B | Résultat | Conclusion |
|---|---|---|---|---|
| L'eau | Plant de haricot arrosé régulièrement | Plant de haricot sans eau | Après deux semaines : A vert et vigoureux, B flétri et jaunissant | L'eau est indispensable au développement du végétal |
| La lumière | Plant sur un rebord de fenêtre ensoleillé | Plant dans une boîte opaque | Après deux semaines : A vert et développé, B jaune, grêle et étiolé | La lumière est indispensable à la croissance et à la verdeur |
| Les sels minéraux | Culture en milieu liquide, eau enrichie en sels minéraux | Culture en milieu liquide, eau pure | Après trois semaines : A vert et robuste, B chétif, feuilles jaunissantes | Les sels minéraux sont indispensables à un développement normal |
5. Méthode — lire un résultat d'expérience
C'est la question la plus fréquente en contrôle : on te donne un protocole et un résultat, et on te demande de conclure. Quatre étapes, toujours les mêmes.
- Identifier la variable testée : qu'est-ce qui change entre les deux conditions — l'eau, la lumière ou les sels minéraux ?
- Vérifier le témoin : toutes les autres conditions sont-elles identiques entre les deux lots ? Si deux choses changent en même temps, on ne peut rien conclure.
- Comparer les résultats : quelle plante se développe le mieux, et à quels signes le voit-on ?
- Conclure : la ressource absente dans la condition défavorable est bien un besoin du végétal.
Ce qu'il faut savoir redire sans notes
- Les trois besoins : eau, lumière, sels minéraux — communs à tous les végétaux.
- Qui absorbe quoi : les racines prennent l'eau et les sels minéraux dissous dedans ; les feuilles captent la lumière grâce à la chlorophylle.
- Le mot photosynthèse : transformation de l'eau et du CO2 de l'air en matière organique, grâce à l'énergie lumineuse.
- Les quatre étapes de l'analyse d'expérience.
Le cours complet du niveau, avec les trois expériences traitées de bout en bout : protocole, résultat, analyse étape par étape, conclusion rédigée. C'est la version à lire si tu veux pouvoir répondre à n'importe quelle question du chapitre, pas seulement réciter la liste des trois besoins.
1. Un végétal fabrique sa propre matière organique
Les végétaux sont des êtres vivants capables de fabriquer eux-mêmes leur propre matière organique à partir d'éléments simples prélevés dans leur milieu. Cette phrase contient toute la leçon, à condition de la découper :
- fabriquer eux-mêmes → la plante ne reçoit pas une nourriture déjà constituée, elle l'assemble.
- matière organique → c'est ce dont la plante est faite ; ses constituants.
- éléments simples prélevés dans leur milieu → l'eau et les sels minéraux du sol, le dioxyde de carbone (CO2) de l'air.
Pour réaliser cette fabrication, trois ressources sont essentielles : l'eau, la lumière et les sels minéraux. Ces besoins sont communs à tous les végétaux — une mousse, un géranium ou un chêne centenaire ont exactement la même liste. La taille, la forme et le milieu de vie changent ; les besoins, non.
2. L'eau : absorbée par les racines
L'eau est absorbée par les racines. Chez les algues, qui n'ont pas de racines, elle est absorbée par toute la surface du corps : la fonction est la même, l'organe change.
L'eau est indispensable pour trois raisons :
- la croissance des cellules — sans eau, la plante ne grandit plus ;
- le transport des substances à l'intérieur de la plante — c'est le liquide qui déplace ce qui est absorbé ;
- le maintien de la rigidité — c'est ce qui tient la plante droite.
Une plante privée d'eau se flétrit rapidement (elle perd sa rigidité, elle retombe), puis meurt. Le mot juste est bien flétrie, pas étiolée : ce sont deux symptômes différents, qui ne renvoient pas au même manque.
3. Les sels minéraux : dissous dans l'eau du sol
Les sels minéraux (nitrates, phosphates, potassium…) sont dissous dans l'eau du sol. Les racines les absorbent en même temps que l'eau — c'est pour cela qu'on les traite ensemble, mais ce sont deux besoins distincts.
Ces sels apportent les éléments chimiques nécessaires à la fabrication des constituants de la plante, notamment l'azote et le phosphore. Ce sont, si tu veux, les matériaux de construction ; l'eau est à la fois un matériau et le véhicule qui les transporte.
En l'absence de sels minéraux, les feuilles jaunissent et la croissance est très ralentie. La plante ne s'effondre pas comme celle qui manque d'eau : elle pousse mal, elle reste chétive.
4. La lumière : l'énergie de la photosynthèse
Les végétaux captent l'énergie lumineuse grâce à la chlorophylle, un pigment vert contenu dans leurs feuilles. C'est ce pigment qui donne aux feuilles leur couleur.
Cette énergie permet de transformer l'eau et le dioxyde de carbone (CO2) de l'air en matière organique : c'est la photosynthèse. Remarque bien que les trois besoins se rejoignent ici : l'eau vient du sol, le CO2 vient de l'air, et la lumière fournit l'énergie qui permet la transformation.
Sans lumière, la plante ne peut plus fabriquer de matière organique : elle jaunit, elle s'étiole (elle devient grêle et perd sa couleur verte) et finit par mourir.
5. Expérience entièrement traitée — le besoin en eau
Question posée : l'eau est-elle nécessaire au développement d'un végétal ?
Protocole : on prend deux plants de haricot identiques. Le plant A est arrosé régulièrement. Le plant B ne reçoit pas d'eau. Tout le reste est laissé identique, et on observe pendant la même durée.
Résultat après deux semaines : le plant A est vert et vigoureux ; le plant B est flétri et jaunit.
Analyse, étape par étape :
- La variable testée est l'eau : c'est la seule chose qui change entre A et B.
- Toutes les autres conditions sont identiques : A joue le rôle de témoin, celui qui montre ce qui se passe quand rien ne manque.
- C'est le plant A, celui qui reçoit de l'eau, qui se développe le mieux : il est vert et vigoureux, alors que B a perdu sa rigidité (flétri) et sa couleur (jaunit).
- La ressource absente chez B — l'eau — est donc bien un besoin du végétal.
Conclusion rédigée : l'eau est indispensable au développement du végétal.
6. Expérience entièrement traitée — le besoin en lumière
Question posée : la lumière est-elle nécessaire au développement d'un végétal ?
Protocole : deux plants identiques. Le plant A est placé sur un rebord de fenêtre ensoleillé, le plant B dans une boîte opaque. Les deux sont suivis pendant la même durée.
Résultat après deux semaines : le plant A est vert et développé ; le plant B est jaune, grêle et étiolé.
Analyse, étape par étape :
- La variable testée est la lumière : la boîte opaque la supprime, et elle seule.
- Toutes les autres conditions doivent rester identiques, l'arrosage compris : sinon on ne saurait pas laquelle des deux ressources on teste.
- A se développe mieux : il est vert et développé, tandis que B est jaune, grêle et étiolé.
- La ressource absente chez B — la lumière — est donc bien un besoin du végétal.
Conclusion rédigée : la lumière est indispensable à la croissance et à la verdeur de la plante. On peut relier ce résultat au cours : sans lumière, la chlorophylle ne capte plus d'énergie, la photosynthèse ne se fait plus, la plante ne fabrique plus de matière organique.
7. Expérience entièrement traitée — le besoin en sels minéraux
Question posée : l'eau seule suffit-elle, ou faut-il aussi des sels minéraux ?
Protocole : deux plants identiques cultivés en milieu liquide — donc sans sol du tout. Le lot A reçoit de l'eau enrichie en sels minéraux, le lot B de l'eau pure.
Résultat après trois semaines : le lot A est vert et robuste ; le lot B est chétif et ses feuilles jaunissent.
Analyse, étape par étape :
- La variable testée est la présence de sels minéraux : les deux lots reçoivent de l'eau, seul le contenu de cette eau change.
- Les autres conditions sont identiques, y compris l'apport d'eau : c'est ce qui rend la conclusion possible. Si B avait aussi manqué d'eau, on ne saurait pas lequel des deux manques explique le résultat.
- A se développe mieux : vert et robuste, contre chétif et jaunissant pour B.
- La ressource absente chez B — les sels minéraux — est donc bien un besoin du végétal.
Conclusion rédigée : les sels minéraux sont indispensables à un développement normal. Cette expérience prouve en plus deux choses : l'eau seule ne suffit pas, et la plante n'a pas besoin de terre — elle a besoin de ce qui est dissous dedans, puisqu'ici elle pousse très bien en milieu liquide.
8. Méthode — lire un résultat d'expérience
- Identifier la variable testée : qu'est-ce qui change entre les deux conditions (eau, lumière ou sels minéraux) ?
- Vérifier le principe du témoin : toutes les autres conditions doivent être identiques entre les deux lots.
- Comparer les résultats : quelle plante se développe mieux ?
- Conclure : la ressource absente dans la condition défavorable est bien un besoin du végétal.
9. Le bilan du chapitre
| Ressource | D'où elle vient | Par où elle entre | Rôle | Signes du manque |
|---|---|---|---|---|
| Eau | Le sol | Les racines (toute la surface chez les algues) | Croissance des cellules, transport des substances, rigidité | Flétrissement rapide, puis mort |
| Sels minéraux (nitrates, phosphates, potassium…) | Dissous dans l'eau du sol | Les racines, en même temps que l'eau | Apportent l'azote, le phosphore et les autres éléments des constituants de la plante | Feuilles jaunes, croissance très ralentie, plant chétif |
| Lumière | Le milieu éclairé (dans l'expérience : un rebord de fenêtre ensoleillé) | Les feuilles, via la chlorophylle | Énergie de la photosynthèse : eau + CO2 → matière organique | Jaunissement, étiolement, mort à terme |
Le cours est su. Ce qui fait perdre des points maintenant, ce sont les formulations approximatives, les symptômes qu'on confond et les conclusions tirées trop vite. On passe en revue les pièges du chapitre, les cas limites, et la façon de rédiger une conclusion qui ne prête pas le flanc.
Rappel express de ce qui doit déjà être acquis
Trois besoins : eau, lumière, sels minéraux, communs à tous les végétaux. L'eau et les sels minéraux entrent par les racines (par toute la surface chez les algues), les sels minéraux étant dissous dans l'eau du sol. La lumière est captée par la chlorophylle des feuilles et fournit l'énergie de la photosynthèse, qui transforme l'eau et le CO2 de l'air en matière organique.
Piège n°1 — « la plante se nourrit de terre »
Faux, et c'est l'erreur la plus lourdement sanctionnée du chapitre. Les végétaux ne se nourrissent pas de la terre : ils absorbent les sels minéraux dissous dans l'eau du sol, pas la terre elle-même.
L'argument qui tue : dans l'expérience sur les sels minéraux, les plants sont cultivés en milieu liquide — il n'y a pas un gramme de terre — et le lot arrosé d'eau enrichie en sels minéraux devient malgré tout vert et robuste. Si la terre était la nourriture, rien ne pousserait. Cite cette expérience quand on te demande de justifier.
Piège n°2 — « la lumière est un aliment »
Faux. La lumière est une source d'énergie qui permet la fabrication de matière organique ; elle n'est pas consommée comme un nutriment. Formulation à écrire : la lumière fournit l'énergie nécessaire à la photosynthèse. Formulation à éviter : la plante mange la lumière, ou la lumière nourrit la plante.
Piège n°3 — confondre l'eau et les sels minéraux
Ils arrivent ensemble, par la même porte, en même temps — mais ce sont deux besoins distincts. L'eau seule, sans sels minéraux, ne suffit pas à assurer un développement normal : c'est exactement ce que montre le lot B de la troisième expérience, arrosé à l'eau pure et pourtant chétif, avec des feuilles qui jaunissent.
Retiens la répartition des rôles telle qu'elle est écrite dans le cours : l'eau sert à la croissance des cellules, au transport des substances et à la rigidité ; les sels minéraux apportent les éléments chimiques — notamment l'azote et le phosphore — des constituants de la plante.
Piège n°4 — « sans lumière, la plante meurt tout de suite »
Trop brutal. Un végétal peut survivre quelques jours sans lumière ; c'est une obscurité prolongée qui est mortelle. C'est cohérent avec l'expérience : après deux semaines dans une boîte opaque, le plant B est jaune, grêle et étiolé — très abîmé, mais l'énoncé décrit un état, pas une plante morte. La mort survient si la privation se prolonge.
Cas limite — le jaunissement ne suffit pas à identifier le manque
C'est le piège d'analyse le plus fréquent. Les feuilles jaunissent dans plusieurs situations :
- sans eau : le plant est flétri et jaunit ;
- sans lumière : le plant est jaune, grêle et étiolé ;
- sans sels minéraux : le plant est chétif, ses feuilles jaunissent.
Donc « la plante est jaune » ne prouve rien à soi seul. Ce qui discrimine, c'est le symptôme associé : flétri → manque d'eau (perte de rigidité) ; grêle et étiolé → manque de lumière ; chétif, croissance très ralentie → manque de sels minéraux. Et surtout : dans une expérience, ce n'est pas le symptôme qui désigne la cause, c'est le protocole — on sait ce qui manquait, puisqu'on l'a retiré exprès.
Cas limite — vocabulaire : flétri, étiolé, chétif
| Mot | Ce qu'on voit | Manque associé dans le cours |
|---|---|---|
| Flétri | La plante retombe, elle a perdu sa rigidité | Eau (l'eau assure le maintien de la rigidité) |
| Étiolé (et grêle) | Plante fine et frêle, qui a perdu sa couleur verte | Lumière |
| Chétif | Plant petit et peu développé, croissance très ralentie | Sels minéraux |
Employer le mauvais mot dans une réponse revient à annoncer la mauvaise cause. C'est un point perdu pour un mot.
Cas limite — les algues et le milieu liquide
Deux situations du cours cassent le réflexe « racines + terre » :
- Chez les algues, l'eau est absorbée par toute la surface, pas par des racines. Les besoins sont les mêmes, l'organe d'absorption change.
- Dans l'expérience sur les sels minéraux, les plants poussent en milieu liquide. Il n'y a pas de sol, et pourtant le lot bien alimenté est vert et robuste.
Conclusion à savoir formuler : ce dont la plante a besoin, c'est de l'eau et des sels minéraux dissous — le sol est le lieu habituel où elle les trouve, pas un besoin en soi.
Le principe du témoin — là où les conclusions s'effondrent
Une expérience ne prouve quelque chose que si une seule variable change. Si l'énoncé te donne un lot placé dans le noir et non arrosé, tu ne peux pas conclure : le retard de croissance peut venir de l'un, de l'autre, ou des deux. La bonne réponse est alors : l'expérience n'est pas valable car deux conditions changent en même temps ; il manque un témoin.
Vérifie aussi la durée : dans le cours, les deux premières expériences sont lues après deux semaines, celle sur les sels minéraux après trois semaines. Comparer deux lots observés pendant des durées différentes n'a pas de sens.
Rédiger une conclusion qui rapporte tous les points
Une conclusion complète contient trois éléments : ce qui a été comparé, ce qu'on a observé, ce qu'on en déduit.
- Modèle : « Le plant privé de [ressource] est [symptôme observé], alors que le plant témoin, qui en reçoit, est vert et bien développé. Donc [la ressource] est indispensable au développement du végétal. »
- Appliqué à la lumière : « Le plant placé dans une boîte opaque est jaune, grêle et étiolé, alors que le plant placé sur un rebord de fenêtre ensoleillé est vert et développé. Donc la lumière est indispensable à la croissance et à la verdeur de la plante. »
Les quatre étapes, à ne jamais sauter
- Identifier la variable testée.
- Vérifier que toutes les autres conditions sont identiques (principe du témoin).
- Comparer les résultats.
- Conclure : la ressource absente dans la condition défavorable est bien un besoin du végétal.
Cette leçon n'est pas un point final : c'est la porte d'entrée de tout ce que tu verras ensuite sur le fonctionnement des êtres vivants. On fait le tri entre ce qui est définitivement acquis, ce que le cours de 6e laisse volontairement ouvert, et les questions qui trouveront leur réponse plus tard.
Ce qui est acquis, et qui resservira tel quel
- Un végétal fabrique lui-même sa matière organique à partir d'éléments simples prélevés dans son milieu. C'est la propriété qui le distingue, et elle sera reprise à chaque niveau.
- La liste des trois ressources : eau, lumière, sels minéraux, plus le CO2 de l'air qui entre dans la photosynthèse.
- Le mot photosynthèse : grâce à l'énergie captée par la chlorophylle, l'eau et le dioxyde de carbone sont transformés en matière organique.
- La démarche expérimentale : une seule variable qui change, un témoin, une comparaison, une conclusion. Cette méthode n'est pas propre aux végétaux — tu l'utiliseras dans tout le programme de SVT, et en physique-chimie.
Ce que le cours de 6e dit — et où il s'arrête volontairement
| Ce que tu sais maintenant | La question laissée ouverte |
|---|---|
| Les racines absorbent l'eau et les sels minéraux dissous. | Comment cette eau monte-t-elle jusqu'aux feuilles, parfois tout en haut d'un chêne centenaire ? Le cours dit qu'il y a un transport des substances à l'intérieur de la plante, sans dire par quel chemin. |
| Le CO2 de l'air entre dans la fabrication de la matière organique. | Par où entre-t-il exactement ? Le cours situe la chlorophylle dans les feuilles, mais ne décrit pas l'entrée du gaz. |
| La chlorophylle capte l'énergie lumineuse. | Où se trouve-t-elle précisément dans la feuille, et que devient l'énergie une fois captée ? |
| Les sels minéraux apportent notamment l'azote et le phosphore. | Dans quels constituants de la plante se retrouvent-ils ? Et pourquoi ces éléments-là plutôt que d'autres ? |
| Une plante privée de lumière jaunit et s'étiole. | Pourquoi jaunit-elle, précisément ? Qu'arrive-t-il au pigment vert ? |
Aucune de ces questions n'est un trou dans ton cours : ce sont les endroits où le programme reprendra la main. Savoir où ton cours s'arrête est déjà un acquis.
Le pont vers le reste du chapitre
La notion de matière organique fabriquée par le végétal est le point de départ de plusieurs autres leçons de l'année. Dans le même thème, « La planète Terre, les êtres vivants dans leur environnement » :
- Chaînes et réseaux alimentaires — si le végétal fabrique lui-même sa matière organique, une question se pose immédiatement : et les autres êtres vivants, qui ne la fabriquent pas, d'où tirent-ils la leur ?
- Peuplement des milieux, répartition des êtres vivants — puisque les trois besoins sont les mêmes partout, la disponibilité en eau, en lumière et en sels minéraux devient un critère pour comprendre où on trouve tel ou tel végétal.
- Interactions entre les êtres vivants et leur milieu — la plante prélève dans son milieu ; c'est le même prélèvement, regardé du côté du milieu.
Et dans le thème « Le vivant, sa diversité et les fonctions qui le caractérisent » : la leçon Développement et croissance reprendra pour elle-même la croissance des cellules, citée ici comme l'un des rôles de l'eau.
Trois réflexes à emporter
- Distinguer énergie et matière. La lumière apporte de l'énergie ; l'eau, les sels minéraux et le CO2 apportent de la matière. Cette distinction, apprise ici sur un géranium, se retrouvera partout ensuite.
- Ne jamais conclure d'une observation isolée. Le jaunissement d'une feuille est compatible avec plusieurs manques ; c'est le protocole, pas le symptôme, qui autorise la conclusion. Réflexe valable bien au-delà de la SVT.
- Chercher l'organe qui remplit la fonction. Les racines chez une plante, toute la surface du corps chez une algue : la fonction (absorber l'eau) est constante, la structure qui l'assure varie. C'est une des grandes idées de la biologie.
Le noyau à ne jamais perdre
Si tu ne devais garder qu'une chose de cette leçon en montant de niveau : tous les végétaux, de la mousse au chêne centenaire, ont besoin d'eau, de lumière et de sels minéraux pour fabriquer eux-mêmes leur matière organique — l'eau et les sels minéraux venant du milieu par les racines (ou par toute la surface du corps chez les algues), la lumière étant captée par la chlorophylle des feuilles, et le CO2 de l'air complétant la photosynthèse.