Tu découvres les mots « réciproque » et « contraposée » la veille du contrôle ? On commence par le geste, rien que le geste : retourner une phrase, la nier, et trouver le nombre qui met un énoncé par terre. Les corrigés sont juste dessous.
À toi de jouer
La réciproque est : « si $\underline{\hspace{2.6em}}$ alors $\underline{\hspace{2.6em}}$ ».
La contraposée est : « si non $\underline{\hspace{2.6em}}$ alors non $\underline{\hspace{2.6em}}$ ».
Corrigé
La contraposée est : « si non $B$ alors non $A$ ».
Le geste de la contraposée se fait en deux temps : on retourne, puis on nie.
a) Écris sa réciproque.
b) Écris sa contraposée.
c) La réciproque est-elle vraie ? Si elle est fausse, donne un nombre qui le montre.
Corrigé
b) « Si $n$ n'est pas un multiple de $5$, alors $n$ n'est pas un multiple de $10$. »
c) La réciproque est fausse. Contre-exemple : $n = 15$. Il est bien un multiple de $5$ ($15 = 5 \times 3$), et pourtant il n'est pas un multiple de $10$.
a) $x = 7$ → $\underline{\hspace{2.6em}}$
b) $x \gt 0$ → $\underline{\hspace{2.6em}}$
c) $x \geqslant 3$ → $\underline{\hspace{2.6em}}$
d) $x \in \mathbb{N}$ → $\underline{\hspace{2.6em}}$
Corrigé
b) $x \leqslant 0$.
c) $x \lt 3$.
d) $x \notin \mathbb{N}$.
Attention aux deux du milieu : la négation de $x \gt 0$ est $x \leqslant 0$ et non $x \lt 0$ — le cas $x = 0$ doit bien atterrir quelque part.
Corrigé
Conclusion à écrire : « $4$ est pair mais n'est pas un multiple de $6$, donc l'affirmation est fausse. »
Corrigé
« Si non $A$ alors non $B$ » est un tout autre énoncé, qui peut très bien être faux alors que l'énoncé de départ est vrai.
Le vocabulaire te revient. On l'installe pour de bon : fabriquer réciproque et contraposée sur des énoncés venus de trois chapitres différents, nier des phrases qui contiennent un « et » ou un « ou », et reconnaître quel type de raisonnement une question appelle.
À toi de jouer
a) « Si $x = 2$, alors $x^2 = 4$. »
b) « Si $f$ est croissante sur $[0\,;\,5]$, alors $f(1) \leqslant f(4)$. »
c) « Si $n$ est impair, alors $n + 1$ est pair. »
Corrigé
b) Réciproque : « si $f(1) \leqslant f(4)$, alors $f$ est croissante sur $[0\,;\,5]$ ». Contraposée : « si $f(1) \gt f(4)$, alors $f$ n'est pas croissante sur $[0\,;\,5]$ ».
c) Réciproque : « si $n + 1$ est pair, alors $n$ est impair ». Contraposée : « si $n + 1$ n'est pas pair, alors $n$ n'est pas impair », autrement dit « si $n + 1$ est impair, alors $n$ est pair ».
Remarque : c'est la contraposée du b) qu'on utilise en contrôle pour montrer qu'une fonction n'est pas croissante — il suffit d'exhiber deux nombres qui se croisent.
a) « $x \geqslant 0$ et $y \geqslant 0$ »
b) « $x = 1$ ou $x = -1$ »
c) « $n$ est pair et $n \gt 10$ »
Corrigé
b) « $x \neq 1$ et $x \neq -1$ ».
c) « $n$ est impair ou $n \leqslant 10$ ».
Règle : nier un « et » donne un « ou », nier un « ou » donne un « et ». Le connecteur bascule à tous les coups, et chaque morceau est nié.
a) « Pour tout réel $x$ : si $x \gt 3$, alors $x^2 \gt 9$. »
b) « Pour tout réel $x$ : si $x^2 \gt 9$, alors $x \gt 3$. »
c) « Pour tout entier $n$ : si $n$ est un multiple de $6$, alors $n$ est un multiple de $3$. »
Corrigé
b) Faux. Contre-exemple : $x = -4$. On a $(-4)^2 = 16 \gt 9$, et pourtant $-4 \gt 3$ est faux.
c) Vrai. Si $n$ est un multiple de $6$, il existe un entier $k$ tel que $n = 6k$, donc $n = 3 \times (2k)$ avec $2k$ entier : $n$ est un multiple de $3$.
a) et b) sont réciproques l'une de l'autre : voilà, en deux lignes, la preuve qu'une implication vraie ne renseigne en rien sur sa réciproque. Parfois celle-ci est vraie, parfois non — dans les deux cas elle s'examine à part.
a) « Montrer que l'affirmation tout entier impair est un multiple de $3$ est fausse. »
b) « Montrer que pour tout réel $x$, $|x| \geqslant 0$. »
c) « Montrer qu'il n'existe pas d'entier $n$ vérifiant $4n = 6$. »
Corrigé
b) Disjonction des cas : selon que $x \geqslant 0$ (et alors $|x| = x \geqslant 0$) ou $x \lt 0$ (et alors $|x| = -x \gt 0$).
c) Raisonnement par l'absurde : on suppose qu'un tel entier existe, et on cherche la contradiction. Repère la formule « il n'existe pas » : elle appelle presque toujours l'absurde.
a) $x = 3$ et $x^2 = 9$
b) $2x + 1 = 7$ et $x = 3$
c) $x \geqslant 2$ et $x \geqslant 0$
Corrigé
b) Équivalence : $2x + 1 = 7 \iff 2x = 6 \iff x = 3$. Chaque étape est réversible (on retire $1$, on divise par $2$).
c) Implication seulement : $x \geqslant 2 \Rightarrow x \geqslant 0$. La réciproque est fausse (prendre $x = 1$).
On répète le même geste jusqu'à ce qu'il devienne automatique : contraposée, réciproque, contre-exemple, puis deux rédactions complètes — une disjonction des cas et un raisonnement par l'absurde. Rien de neuf : c'est du volume.
À toi de jouer
a) « Si $x \gt 5$, alors $x \gt 2$. »
b) « Si $n$ est un multiple de $9$, alors $n$ est un multiple de $3$. »
c) « Si $\det(\vec{u},\vec{v}) \neq 0$, alors $\vec{u}$ et $\vec{v}$ ne sont pas colinéaires. »
Corrigé
b) « Si $n$ n'est pas un multiple de $3$, alors $n$ n'est pas un multiple de $9$. »
c) « Si $\vec{u}$ et $\vec{v}$ sont colinéaires, alors $\det(\vec{u},\vec{v}) = 0$. » Deux négations se sont simplifiées : « non ($\det \neq 0$) » redonne « $\det = 0$ », et « non (ne sont pas colinéaires) » redonne « sont colinéaires ».
a) « Si $x = 0$, alors $x^2 = 0$. »
b) « Si $n$ est un multiple de $4$, alors $n$ est pair. »
c) « Si $x \gt 2$, alors $x \gt 1$. »
Corrigé
b) Réciproque : « si $n$ est pair, alors $n$ est un multiple de $4$ ». Fausse : $n = 6$.
c) Réciproque : « si $x \gt 1$, alors $x \gt 2$ ». Fausse : $x = 1{,}5$.
Moralité : parfois la réciproque est vraie, parfois non — et dans les deux cas il a fallu l'examiner à part.
a) « Pour tout réel $x$, $x^2 \gt x$. »
b) « Pour tous réels $a$ et $b$, si $a^2 = b^2$, alors $a = b$. »
c) « Pour tout entier $n$, si $n$ est impair, alors $n$ est un multiple de $3$. »
Corrigé
b) $a = 1$ et $b = -1$ : $a^2 = b^2 = 1$, et pourtant $a \neq b$.
c) $n = 5$ : il est impair, et il n'est pas un multiple de $3$.
Dans chaque cas, écris bien les deux vérifications : l'hypothèse est satisfaite, la conclusion ne l'est pas.
Indication : sépare selon le signe de $x$, et rappelle-toi que $|x| = x$ si $x \geqslant 0$, $|x| = -x$ si $x \lt 0$.
Corrigé
Cas 2 : $x \lt 0$. Alors $|x| = -x$, et comme $x \lt 0$ on a $-x \gt 0$. Donc $|x| \gt 0 \gt x$, et en particulier $|x| \geqslant x$.
Conclusion. Les deux cas couvrent tous les réels, et l'inégalité est vraie dans chacun : pour tout réel $x$, $|x| \geqslant x$.
Corrigé
Alors $7$ s'écrit $2 \times n$ avec $n$ entier : $7$ serait un nombre pair.
Or $7 = 2 \times 3 + 1$ est impair, et un entier ne peut pas être à la fois pair et impair.
Contradiction. Il n'existe donc aucun entier $n$ vérifiant $2n = 7$.
a) « $x \gt 0$ et $x \lt 5$ »
b) « Tous les nombres de la liste sont positifs. »
c) « Les points $A$, $B$, $C$ sont alignés ou les droites $(AB)$ et $(CD)$ sont parallèles. »
Corrigé
b) « Au moins un nombre de la liste est strictement négatif. » Deux pièges ici : le contraire de « tous » est « au moins un ne… pas », pas « aucun » ; et le contraire de « positif » (c'est-à-dire $\geqslant 0$) est « strictement négatif » ($\lt 0$), car $0$ est positif.
c) « Les points $A$, $B$, $C$ ne sont pas alignés et les droites $(AB)$ et $(CD)$ ne sont pas parallèles. » Les deux morceaux sont bien indépendants : $A$, $B$, $C$ peuvent être alignés alors que $(AB)$ et $(CD)$ se coupent, et $(AB)$ peut être parallèle à $(CD)$ sans que $C$ soit sur la droite $(AB)$.
Six exercices au format contrôle : on ne demande plus la réponse, on demande la rédaction. Annonce ton raisonnement, écris l'énoncé que tu vas démontrer, conclus. Les corrigés sont rédigés comme une copie qui prend tous les points.
À toi de jouer
Corrigé
La contraposée. On retourne et on nie : « si $n$ n'est pas pair, alors $n^2 + 1$ n'est pas impair », c'est-à-dire « si $n$ est impair, alors $n^2 + 1$ est pair » (pour un entier, « pas pair » signifie « impair »).
Démonstration. Supposons $n$ impair : il existe un entier $k$ tel que $n = 2k + 1$. Alors $n^2 = (2k+1)^2 = 4k^2 + 4k + 1$, donc $n^2 + 1 = 4k^2 + 4k + 2 = 2\,(2k^2 + 2k + 1)$. Comme $2k^2 + 2k + 1$ est un entier, $n^2 + 1$ est pair.
Conclusion. La contraposée est vraie, donc l'énoncé de départ l'est aussi : si $n^2 + 1$ est impair, alors $n$ est pair.
Corrigé
Négation de la conclusion. La conclusion est « $a \neq 0$ et $b \neq 0$ ». Sa négation bascule le connecteur et nie chaque morceau : « $a = 0$ ou $b = 0$ ».
On déroule (deux cas). Si $a = 0$, alors $a \times b = 0 \times b = 0$. Si $b = 0$, alors $a \times b = a \times 0 = 0$. Dans les deux cas, $a \times b = 0$.
Contradiction. On aurait $a \times b = 0$ et $a \times b \neq 0$ en même temps : impossible.
Conclusion. La supposition est à rejeter : on a bien $a \neq 0$ et $b \neq 0$.
Corrigé
Sens 1 : on suppose $x^2 = 5x$. Alors $x^2 - 5x = 0$, donc $x\,(x - 5) = 0$. Un produit est nul exactement quand l'un au moins des facteurs est nul : donc $x = 0$ ou $x - 5 = 0$, c'est-à-dire $x = 0$ ou $x = 5$.
Sens 2 : on suppose $x = 0$ ou $x = 5$. Si $x = 0$ : $x^2 = 0$ et $5x = 0$, l'égalité est vraie. Si $x = 5$ : $x^2 = 25$ et $5x = 25$, l'égalité est vraie encore.
Conclusion. Les deux implications sont démontrées, donc $x^2 = 5x \iff (x = 0$ ou $x = 5)$.
a) Explique précisément l'erreur de Léa.
b) Écris la contraposée correcte de l'énoncé de départ, et ce qu'elle permet de conclure sur un entier impair.
Corrigé
b) La contraposée correcte est : « si un entier n'est pas pair, alors il n'est pas un multiple de $6$ ». Elle permet de conclure qu'un entier impair n'est jamais un multiple de $6$ — ce qui est vrai, et c'est tout ce qu'on peut tirer de l'énoncé de départ.
a) Donne un contre-exemple et rédige la conclusion.
b) Propose une hypothèse supplémentaire qui rend l'énoncé vrai, et justifie brièvement.
Corrigé
b) Il suffit d'ajouter que $a$ est positif, c'est-à-dire de supposer $0 \leqslant a \lt b$. Alors, en multipliant $a \lt b$ par $a \geqslant 0$ on obtient $a^2 \leqslant a\,b$ ; et comme $b \gt a \geqslant 0$, on a $b \gt 0$, donc en multipliant $a \lt b$ par $b$ on obtient $a\,b \lt b^2$. D'où $a^2 \leqslant a\,b \lt b^2$, et donc $a^2 \lt b^2$.
Corrigé
Cas 1 : $n$ est pair. Il existe un entier $k$ tel que $n = 2k$. Alors $n^2 + n + 2 = 4k^2 + 2k + 2 = 2\,(2k^2 + k + 1)$, qui est pair.
Cas 2 : $n$ est impair. Il existe un entier $k$ tel que $n = 2k + 1$. Alors $n^2 = 4k^2 + 4k + 1$, donc $n^2 + n + 2 = 4k^2 + 4k + 1 + 2k + 1 + 2 = 4k^2 + 6k + 4 = 2\,(2k^2 + 3k + 2)$, qui est pair.
Conclusion. Dans les deux cas $n^2 + n + 2$ est pair, et il n'y a pas d'autre cas : la propriété est vraie pour tout entier $n$.
Quatre questions qui débordent du contrôle : nier une implication (le programme de seconde s'arrête juste avant), le vocabulaire « nécessaire / suffisant » de l'an prochain, une chaîne d'équivalences à justifier, et un classique de l'absurde. Bonus culture.
À toi de jouer
a) Écris sa négation.
b) Cette négation est-elle vraie ? Que faudrait-il produire pour l'établir ?
Corrigé
b) Elle est fausse, car l'énoncé de départ est vrai : si $x \gt 1$, alors $x \gt 0$, et en multipliant $x \gt 1$ par $x \gt 0$ on obtient $x^2 \gt x$. Pour établir la négation, il aurait fallu produire un contre-exemple — et il n'en existe aucun.
Au passage : « donner un contre-exemple », c'est exactement « démontrer la négation de l'énoncé ». Voilà pourquoi un exemple qui marche, lui, ne démontre rien.
a) Pour un entier, être un multiple de $4$ est une condition $\underline{\hspace{2.6em}}$ pour être pair.
b) Pour un entier, être pair est une condition $\underline{\hspace{2.6em}}$ pour être un multiple de $4$.
c) Pour un réel, $x = 3$ est une condition $\underline{\hspace{2.6em}}$ pour que $x^2 = 9$ ; et $x^2 = 9$ est une condition $\underline{\hspace{2.6em}}$ pour que $x = 3$.
Corrigé
b) nécessaire : sans être pair, impossible d'être un multiple de $4$. Mais elle n'est pas suffisante — $6$ est pair sans être un multiple de $4$.
c) suffisante, puis nécessaire. Règle générale : dans « $A \Rightarrow B$ », $A$ est suffisante pour $B$, et $B$ est nécessaire pour $A$. Cette seconde lecture n'est rien d'autre que la contraposée dite en français.
Corrigé
Étape 1 : on ajoute $5$ aux deux membres. L'opération se défait en retirant $5$ : elle est réversible, donc c'est une équivalence.
Étape 2 : on divise les deux membres par $3$. Comme $3 \gt 0$, le sens de l'inégalité est conservé, et l'opération se défait en multipliant par $3$ : c'est encore une équivalence.
L'ensemble des solutions est donc $[3\,;\,+\infty[$.
Le jour où ça coince : élever au carré n'est pas réversible. La chaîne se casse, on n'a plus qu'une implication, et il faut revenir vérifier les valeurs trouvées.
Corrigé
Le nombre $N + 1$ est lui aussi un entier, et $N + 1 \gt N$.
Donc $N$ n'est pas supérieur ou égal à tous les entiers : il est dépassé par $N + 1$. Cela contredit la supposition de départ.
Conclusion : il n'existe pas de plus grand entier.
Remarque de méthode : les énoncés qui commencent par « il n'existe pas » se prêtent presque toujours à l'absurde, parce que supposer le contraire donne enfin un objet à manipuler.