Pas de panique ! Tu découvres la fonction exponentielle juste avant un contrôle ? Cette fiche te donne l'essentiel, en partant de ce que tu sais déjà sur les dérivées. On va droit au but pour que tu sois vite fonctionnel.
Avant de parler exponentielle, rappelle-toi :
La fonction exponentielle, notée x ↦ ex, est l'unique fonction dérivable sur ℝ qui vérifie deux choses :
Le nombre e ≈ 2,718 est appelé nombre d'Euler.
| Produit | ea+b = ea · eb |
| Quotient | ea–b = ea / eb |
| Opposé | e–a = 1 / ea |
| Puissance | (ea)n = en a |
ex est strictement positif pour tout réel x. Elle est strictement croissante.
Limites :
De plus, pour tout polynôme P, P(x)ex → 0 quand x → –∞ (l'exponentielle écrase le polynôme).
Si u est une fonction dérivable, alors :
(eu(x))' = u'(x) eu(x).
Exercice 1 – Simplifications avec des exponentielles
Complète chaque égalité en utilisant les propriétés du cours.
Corrigé :
Exercice 2 – Dérivées simples
Complète les pointillés pour obtenir la dérivée.
Corrigé :
Exercice 3 – Vrai ou Faux ?
Écris « Vrai » ou « Faux » dans chaque case .
Corrigé :
Ah oui, ces règles sur l'exponentielle, tu les as déjà croisées ! On reprend tout calmement, avec des méthodes pas-à-pas pour simplifier, dériver et étudier le signe. Après ça, plus aucune hésitation.
Objectif : écrire l'expression sous la forme equelque chose.
Formule clé : (eu)' = u' eu.
Comme ex > 0 pour tout réel x, le signe d'une expression du type P(x) × ex est celui du polynôme P(x). Il suffit donc d'étudier le signe de P.
Exercice 1 – Simplifications dirigées
Complète chaque ligne pour obtenir une seule puissance de e.
Corrigé :
a) e3
b) e2
c) e–6
d) e–3
e) e8
Exercice 2 – Dérivation pas à pas
Complète les étapes.
Corrigé :
a) u' = 5, f '(x)=5 e5x
b) u' = –2, g'(x)= –2 e–2x+1
c) u' = 2x, h'(x)=2×2x ex^2 = 4x ex^2
Exercice 3 – Signe d'un produit avec ex
On donne A(x) = (3x – 6) ex.
Complète :
Pour tout x, ex est (positif / négatif).
Donc le signe de A(x) est celui de .
Résolvons 3x – 6 = 0 : x = .
Ainsi A(x) est négatif pour x et positif pour x .
Corrigé : ex est strictement positif ; le signe de A(x) est celui de 3x–6.
3x–6=0 ⇔ x=2.
A(x) ≤ 0 pour x ≤ 2, A(x) ≥ 0 pour x ≥ 2.
C'est l'heure de l'entraînement intensif. Voici cinq mini-exercices de simplification, tous construits sur le même modèle. Tu vas les enchaîner pour que la mécanique devienne un réflexe. Allez, on s'échauffe !
Simplifie en une seule puissance de e : e2 × e5 = e
e7
Simplifie : \dfrac{e8}{e3} = e
e5
Simplifie : e–4 × e6 = e
e2
Simplifie : (e2)4 = e
e8
Simplifie : e–3 × e–2 = e
e–5
Tu as les bases bien en main ? Alors on passe aux choses sérieuses : des exercices de contrôle, sans aide, pour vérifier que tu maîtrises tout. Respire, tu es prêt.
1. Simplifications
Écris chaque expression sous la forme ek où k est un nombre réel.
a) A = e4 × e–2
b) B = \dfrac{e7}{e3}
c) C = (e3)–2
a) A = e4–2 = e2
b) B = e7–3 = e4
c) C = e3×(–2) = e–6
2. Dérivées
Calcule la dérivée de chaque fonction et factorise si possible.
a) f(x) = e3x–2
b) g(x) = 4 e–x^2
c) h(x) = (x – 1) ex
a) u=3x–2, u'=3 ⇒ f '(x)=3 e3x–2.
b) u=–x2, u'=–2x ⇒ g'(x)=4(–2x) e–x^2 = –8x e–x^2.
c) Produit : h'(x) = 1·ex + (x–1)·ex = ex(1 + x – 1) = x ex.
3. Équations et inéquations
Résous dans ℝ les équations / inéquations suivantes.
a) e2x = e5
b) ex–3 = e2x+1
c) ex ≤ 1
a) Par injectivité de exp : 2x = 5 donc x = 2,5.
b) x – 3 = 2x + 1 ⇒ –x = 4 ⇒ x = –4.
c) 1 = e0 ; exp est strictement croissante, donc ex ≤ e0 ⇔ x ≤ 0.
4. Étude complète d'une fonction
Soit f(x) = (x – 2) ex définie sur ℝ.
a) Calcule f '(x) et factorise.
b) Étudie le signe de f '(x) sur ℝ.
c) Dresse le tableau de variations de f.
d) Détermine les limites en +∞ et en –∞.
e) Résous f(x) = 0 et interprète.
a) f '(x) = 1·ex + (x–2)ex = (x–1)ex.
b) ex > 0, donc signe de f ' est celui de (x–1) : f '(x) < 0 sur ]–∞ ; 1[, f '(1)=0, f '(x) > 0 sur ]1 ; +∞[.
c) Tableau :
x : –∞ … 1 … +∞
f '(x) : – 0 +
f(x) : décroît, minimum f(1)= –e, puis croît.
d) En +∞ : (x–2) → +∞ et ex → +∞ ⇒ f(x) → +∞.
En –∞ : par croissance comparée, (x–2)ex → 0 (car ex l'emporte).
e) f(x) = 0 ⇔ (x–2)ex = 0 ⇔ x–2 = 0 (car ex ≠ 0) ⇒ x = 2. La courbe coupe l'axe des abscisses en (2 ; 0).
5. Modélisation – Croissance de bactéries
Un biologiste modélise la taille d'une colonie par N(t) = 300 e0,05 t, où t est le temps en heures (t ≥ 0).
a) Calcule N(0) et interprète.
b) Donne la valeur exacte de N(10) puis une valeur approchée à l'unité près (on prendra e0,5 ≈ 1,6487).
c) Calcule N'(t). Que déduis-tu sur l'évolution de la colonie ?
d) À quel instant t0 a-t-on N(t0) = 300 e2 ? Justifie sans calculatrice.
a) N(0) = 300 e0 = 300. Il y a 300 bactéries à l'instant initial.
b) N(10) = 300 e0,05×10 = 300 e0,5. Valeur approchée : 300 × 1,6487 = 494,61 → 495 bactéries.
c) N'(t) = 300 × 0,05 e0,05 t = 15 e0,05 t. N'(t) > 0 donc la colonie croît constamment.
d) 300 e0,05 t0 = 300 e2 ⇒ e0,05 t0 = e2 ⇒ 0,05 t0 = 2 ⇒ t0 = 2 / 0,05 = 40 heures.
Bravo ! Tu es fin prêt pour le contrôle. Maintenant, on pousse un peu le raisonnement pour entrevoir ce qui t'attend l'an prochain. Si tu réussis ces exercices, tu as une sérieuse longueur d'avance.
1. Équation mêlant exponentielle et second degré
On considère l'équation (E) : e2x – 3 ex + 2 = 0.
a) Pose X = ex. Montre que (E) devient X2 – 3X + 2 = 0.
b) Résous cette équation du second degré.
c) En revenant à ex, déduis-en les solutions exactes de (E) (pour la plus grande, on admet qu'il existe un unique réel noté ln(2) tel que eln(2) = 2 ; tu verras cela en terminale).
a) (ex)2 – 3 ex + 2 = 0 ⇒ X2 – 3X + 2 = 0.
b) Δ = 9 – 8 = 1, deux solutions X1 = 1, X2 = 2.
c) ex = 1 ⇔ x = 0 ; ex = 2 ⇔ x = ln(2) (unique). Ainsi S = {0 ; ln(2)}.
2. Étude de f(x) = e–x^2
Soit f la fonction définie sur ℝ par f(x) = e–x^2.
a) Calcule f '(x).
b) Dresse le tableau de variations de f.
c) Détermine les limites de f en +∞ et en –∞. Que peut-on dire de la droite d'équation y = 0 ?
d) En quel point le maximum est-il atteint ? Combien vaut-il ?
a) u = –x2, u' = –2x ⇒ f '(x) = –2x e–x^2.
b) e–x^2 > 0, signe de f '(x) = signe de –2x. f ' positive sur ]–∞ ; 0], nulle en 0, négative sur [0 ; +∞[. f croît sur ]–∞ ; 0], maximum en 0, décroît sur [0 ; +∞[.
c) En ±∞, –x2 → –∞, donc e–x^2 → 0. La droite y = 0 est asymptote horizontale des deux côtés.
d) Maximum en x = 0 : f(0) = e0 = 1.
3. Problème d'optimisation
On définit g(x) = x e–x pour x ≥ 0.
a) Calcule g'(x) et factorise.
b) Étudie le signe de g'(x) sur [0 ; +∞[.
c) Dresse le tableau de variations de g.
d) En déduire la valeur maximale de g sur [0 ; +∞[.
a) g'(x) = 1·e–x + x·(–e–x) = (1 – x)e–x.
b) e–x > 0, donc signe de g'(x) = signe de (1 – x). g'(x) ≥ 0 pour 0 ≤ x ≤ 1 ; g'(x) ≤ 0 pour x ≥ 1.
c) Tableau : x=0, g(0)=0 ; croît jusqu'à x=1, maximum g(1)=1/e ; décroît ensuite vers 0.
d) Maximum atteint en x = 1, valeur g(1) = 1/e.
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