Contrôle bientôt et tu n'as jamais vu ce chapitre ? Pas de panique, on va à l'essentiel. Une droite dans un repère, ce n'est qu'une règle du type $y = mx + p$ : je te donne le vocabulaire minimal, la formule qui sauve la mise, et un exemple déroulé du début à la fin.

Les prérequis express + l'idée en une phrase

Ce qu'il faut déjà savoir : dans le plan, on repère chaque point par deux coordonnées, $A(x_A ; y_A)$ — la première pour l'horizontale (abscisse), la seconde pour la verticale (ordonnée). Le repère, c'est $(O, \vec{i}, \vec{j})$ : un point $O$ et deux directions.

L'idée en une phrase : une droite, c'est l'ensemble des points qui suivent la même règle. Si elle n'est pas verticale, cette règle s'écrit toujours $y = mx + p$.

  • $m$ est le coefficient directeur (la pente) : il dit à quel point la droite monte ou descend.
  • $p$ est l'ordonnée à l'origine : c'est la valeur de $y$ quand $x = 0$, donc l'endroit où la droite croise l'axe des ordonnées.

Seule exception : une droite verticale ne rentre pas dans ce moule, son équation est $x = a$.

xyOp1m

La formule clé + un exemple fait en entier

La formule à retenir absolument, pour calculer la pente à partir de deux points $A$ et $B$ de la droite :

Coefficient directeur
$m = \dfrac{y_B - y_A}{x_B - x_A}$
Équation réduite
$y = mx + p$
Droite passant par $A(1 ; 3)$ et $B(4 ; 9)$
Étape 1 — la pente. $m = \dfrac{y_B - y_A}{x_B - x_A} = \dfrac{9 - 3}{4 - 1} = \dfrac{6}{3} = 2$.
Étape 2 — trouver $p$. L'équation est de la forme $y = 2x + p$. Comme $A(1 ; 3)$ est sur la droite, ses coordonnées vérifient l'équation : $3 = 2 \times 1 + p$, donc $p = 1$.
Étape 3 — conclusion. La droite a pour équation $y = 2x + 1$.

Et voilà, tu sais déjà faire l'exercice le plus classique du chapitre. S'il te reste du temps, passe au palier suivant pour le cours complet.

Ça y est, le déclic : le $y = mx + p$, c'est la cousine de la fonction affine vue en seconde. On reprend tout au propre — les définitions exactes, tous les cas (même la droite verticale qui adore piéger), et comment deux droites se rencontrent... ou pas.

Toutes les façons d'écrire une droite

Dans un repère $(O, \vec{i}, \vec{j})$, une droite peut s'écrire de plusieurs manières selon sa position.

Équation réduite (droite non verticale) : $y = mx + p$, où $m$ est le coefficient directeur et $p$ l'ordonnée à l'origine. Deux points suffisent à la déterminer.

Droite verticale : tous les points ont la même abscisse, l'équation est $x = a$. Ici le coefficient directeur n'existe pas (on ne peut pas diviser par $x_B - x_A = 0$).

Équation cartésienne (la forme la plus générale, valable pour TOUTES les droites) : $ax + by + c = 0$ avec $(a ; b) \neq (0 ; 0)$. Si $b \neq 0$, on peut la ramener à la forme réduite ; si $b = 0$, on retrouve une droite verticale.

Réduite
$y = mx + p$
Coefficient directeur
$m = \dfrac{y_B - y_A}{x_B - x_A}$
Cartésienne
$ax + by + c = 0$
Verticale
$x = a$

Trouver l'équation d'une droite qui passe par deux points

Méthode pas à pas
  • Vérifier d'abord si la droite est verticale : si $x_A = x_B$, l'équation est directement $x = x_A$, on s'arrête là.
  • Sinon, calculer le coefficient directeur $m = \dfrac{y_B - y_A}{x_B - x_A}$.
  • Écrire la forme $y = mx + p$, puis remplacer $x$ et $y$ par les coordonnées de l'un des deux points pour trouver $p$.
  • Conclure avec l'équation complète.
Cas général — $A(1 ; 3)$ et $B(4 ; 9)$
$x_A \neq x_B$ : la droite n'est pas verticale.
$m = \dfrac{9 - 3}{4 - 1} = \dfrac{6}{3} = 2$.
Forme $y = 2x + p$ ; avec $A(1 ; 3)$ : $3 = 2 \times 1 + p$, donc $p = 1$.
Équation : $y = 2x + 1$.
Cas vertical — $C(2 ; 5)$ et $D(2 ; -1)$
$x_C = x_D = 2$ : les deux points ont la même abscisse, la droite est verticale.
Le coefficient directeur n'existe pas ; on n'écrit surtout pas $y = mx + p$.
Équation : $x = 2$.

Deux droites dans le plan : sécantes, parallèles ou confondues

Deux droites du plan ne peuvent se trouver que dans l'une de ces trois situations :

  • Sécantes : elles se coupent en un seul point. C'est le cas dès que leurs coefficients directeurs sont différents.
  • Parallèles non confondues : aucun point commun. Elles ont le même coefficient directeur mais des ordonnées à l'origine différentes.
  • Confondues : c'est la même droite, une infinité de points communs (même équation réduite).

Chercher le point d'intersection de deux droites revient donc à résoudre un système de deux équations : $\begin{cases} a_1 x + b_1 y = c_1 \\ a_2 x + b_2 y = c_2 \end{cases}$. Un système impossible (aucune solution) correspond à deux droites parallèles non confondues ; un système indéterminé (une infinité de solutions) à deux droites confondues.

sécantesparallèlesconfondues

On enfile le survêt et on refait les gestes ensemble, tranquillement. Je rédige chaque exemple en entier et je commente ligne par ligne — l'objectif, c'est que tu voies comment on raisonne, pas seulement le résultat final.

Ensemble — l'équation d'une droite par deux points

On cherche l'équation de la droite passant par $A(-1 ; 2)$ et $B(2 ; 8)$
On regarde d'abord les abscisses. $x_A = -1$ et $x_B = 2$ : elles sont différentes, donc la droite n'est pas verticale, on peut utiliser $y = mx + p$.
On calcule la pente. $m = \dfrac{y_B - y_A}{x_B - x_A} = \dfrac{8 - 2}{2 - (-1)} = \dfrac{6}{3} = 2$. Attention au signe au dénominateur : $2 - (-1) = 3$, pas $1$.
On écrit la forme provisoire. $y = 2x + p$. Il ne reste qu'à trouver $p$.
On injecte un point. Prenons $A(-1 ; 2)$ : $2 = 2 \times (-1) + p$, soit $2 = -2 + p$, donc $p = 4$.
On conclut. L'équation est $y = 2x + 4$.
On vérifie avec l'autre point $B(2 ; 8)$ : $2 \times 2 + 4 = 8$. C'est bon, $B$ est bien sur la droite.

Ensemble — résoudre un système par substitution

On résout $\begin{cases} y = 3x - 1 \\ 2x + y = 9 \end{cases}$ (intersection de deux droites)
Une inconnue est déjà isolée. La première ligne donne $y = 3x - 1$ : c'est cadeau, on va remplacer $y$ dans la deuxième.
On substitue. Dans $2x + y = 9$, on remplace $y$ par $3x - 1$ : $2x + (3x - 1) = 9$.
On résout en $x$. $2x + 3x - 1 = 9$, soit $5x = 10$, donc $x = 2$.
On revient chercher $y$. Avec $y = 3x - 1$ : $y = 3 \times 2 - 1 = 5$.
On conclut. Le système a une unique solution $(x ; y) = (2 ; 5)$ : les deux droites sont sécantes au point $S(2 ; 5)$.
On vérifie dans les deux équations : $3 \times 2 - 1 = 5$ (correct) et $2 \times 2 + 5 = 9$ (correct).
xyO(d1)(d2)S(2 ; 5)25

Ensemble — la méthode par combinaison

On résout $\begin{cases} 3x + 2y = 7 \\ x - 2y = -3 \end{cases}$ par combinaison
On repère ce qui s'élimine tout seul. La première ligne a $+2y$, la seconde $-2y$ : si on additionne les deux lignes, les $y$ disparaissent.
On additionne membre à membre. $(3x + 2y) + (x - 2y) = 7 + (-3)$, ce qui donne $4x = 4$, donc $x = 1$.
On remplace dans une équation d'origine. Dans $x - 2y = -3$ : $1 - 2y = -3$, soit $-2y = -4$, donc $y = 2$.
On conclut. Solution unique $(x ; y) = (1 ; 2)$.
Vérification. $3 \times 1 + 2 \times 2 = 7$ (correct) et $1 - 2 \times 2 = -3$ (correct).
Le bon réflexe

Substitution quand une inconnue est déjà (ou presque) isolée ; combinaison quand les coefficients d'une même inconnue sont opposés ou faciles à rendre opposés. Les deux méthodes donnent le même résultat, choisis la plus rapide.

Niveau contrôle. C'est ici qu'on grappille les points : les cas piégeux, ce que le correcteur veut lire noir sur blanc, et les deux ou trois étourderies qui font perdre des points bêtement. On sécurise.

Problème type — position relative puis point d'intersection

On donne $(d_1) : y = 2x - 3$ et $(d_2) : y = -x + 3$. Préciser leur position relative et, le cas échéant, leur point d'intersection.
On compare les coefficients directeurs. Pour $(d_1)$, $m_1 = 2$ ; pour $(d_2)$, $m_2 = -1$. Comme $m_1 \neq m_2$, les droites sont sécantes : il existe un unique point d'intersection.
On cherche ce point en résolvant le système. $\begin{cases} y = 2x - 3 \\ y = -x + 3 \end{cases}$. Les deux expressions de $y$ sont égales : $2x - 3 = -x + 3$.
On résout. $2x + x = 3 + 3$, soit $3x = 6$, donc $x = 2$. Puis $y = 2 \times 2 - 3 = 1$.
On conclut. Les droites se coupent au point $S(2 ; 1)$.
Vérification dans les deux équations : $2 \times 2 - 3 = 1$ (correct) et $-2 + 3 = 1$ (correct).
Le réflexe qui rapporte

Si à la place on avait eu $(d_1) : y = 2x - 3$ et $(d_3) : y = 2x + 5$, même coefficient directeur $2$ mais ordonnées à l'origine différentes ($-3 \neq 5$) : les droites seraient parallèles non confondues, sans point commun, et le système serait impossible.

xyO(d1)(d2)S(2 ; 1)21

Le piège du contrôle — système impossible ou indéterminé

Certains systèmes n'ont pas une solution unique. Il faut savoir le reconnaître et l'interpréter géométriquement.

Système impossible — $\begin{cases} 2x - y = 1 \\ 4x - 2y = 5 \end{cases}$
De la première ligne : $y = 2x - 1$.
On substitue dans la seconde : $4x - 2(2x - 1) = 5$, soit $4x - 4x + 2 = 5$, donc $2 = 5$.
L'égalité $2 = 5$ est fausse : le système n'a aucune solution. Géométriquement, les deux droites sont parallèles non confondues.
Système indéterminé — $\begin{cases} 2x - y = 1 \\ 4x - 2y = 2 \end{cases}$
De la première ligne : $y = 2x - 1$.
On substitue dans la seconde : $4x - 2(2x - 1) = 2$, soit $4x - 4x + 2 = 2$, donc $2 = 2$.
L'égalité $2 = 2$ est toujours vraie : il y a une infinité de solutions. Les deux droites sont confondues (la seconde équation est le double de la première).

Ce que le correcteur attend + pièges classiques

Ce que le correcteur veut voir
  • La conclusion géométrique écrite en toutes lettres (sécantes / parallèles non confondues / confondues), pas seulement des nombres.
  • Le calcul du coefficient directeur détaillé, avec la fraction écrite avant simplification.
  • Les coordonnées du point d'intersection vérifiées dans les deux équations.
  • Pour un cas $2 = 5$ ou $2 = 2$, l'interprétation (système impossible / infinité de solutions), et pas seulement le constat que c'est étrange.
Pièges classiques
  • Confondre $m$ et $p$ : dans $y = mx + p$, $m$ est le coefficient de $x$, $p$ la constante.
  • Oublier le cas vertical : si $x_A = x_B$, pas de coefficient directeur, l'équation est $x = a$.
  • Conclure « pas de solution » sans vérifier que les droites ne sont pas confondues (même équation réduite).
  • Se tromper de signe dans $x_B - x_A$ quand une coordonnée est négative (le classique $2 - (-1) = 3$).
  • Ne pas vérifier la solution dans les deux équations de départ.

Contrôle en poche ? On regarde par-dessus la clôture. D'où vient vraiment ce $y = mx + p$, quel petit vecteur se cache derrière chaque droite, et ce que deviennent les systèmes quand on monte d'un cran l'an prochain.

D'où vient la formule de la pente ?

La pente n'est pas une formule tombée du ciel. Sur une droite, quand on va de $A$ vers $B$, l'abscisse augmente de $x_B - x_A$ (le déplacement horizontal) et l'ordonnée de $y_B - y_A$ (la montée). Le coefficient directeur est simplement le rapport montée sur déplacement :


$$m = \dfrac{\text{variation de } y}{\text{variation de } x} = \dfrac{y_B - y_A}{x_B - x_A}$$

Ce qui est propre à une droite, c'est que ce rapport ne dépend pas des deux points choisis : que tu prennes deux points proches ou éloignés, tu trouves toujours le même $m$ (c'est une conséquence du théorème de Thalès). C'est même une façon de caractériser une droite. Quant à $p$, il suffit de faire $x = 0$ dans $y = mx + p$ : on obtient $y = p$, donc $p$ est bien l'ordonnée du point où la droite croise l'axe des ordonnées.

Le vecteur caché : le vecteur directeur d'une droite

En géométrie repérée, chaque droite possède un vecteur directeur : un vecteur qui donne sa direction. Pour une droite d'équation réduite $y = mx + p$, un vecteur directeur est $\vec{u}(1 ; m)$ : on avance de $1$ le long de l'axe des abscisses, on monte de $m$ — exactement la pente.

Pour une droite cartésienne $ax + by + c = 0$, un vecteur directeur est $\vec{u}(-b ; a)$. Cela relie tout ce chapitre à la colinéarité des vecteurs : deux droites sont parallèles exactement quand leurs vecteurs directeurs sont colinéaires, c'est-à-dire quand $a_1 b_2 - a_2 b_1 = 0$ — la même condition que « même coefficient directeur ».

xyO(d)u1m

L'an prochain : déterminant, perpendicularité et tangentes

Quelques portes que ce chapitre vient d'ouvrir :

  • Le déterminant. La quantité $a_1 b_2 - a_2 b_1$ décide d'un coup du sort d'un système : non nulle, les droites sont sécantes (solution unique) ; nulle, elles sont parallèles ou confondues. Plus tard, on généralise aux systèmes à trois inconnues et aux matrices.
  • La perpendicularité. Avec le produit scalaire (aussi au programme de 1re), on montre que deux droites non verticales sont perpendiculaires exactement quand $m \times m' = -1$.
  • Le lien avec l'analyse. La tangente à une courbe en un point est une droite $y = mx + p$ dont le coefficient directeur $m$ est le nombre dérivé : la dérivation et la géométrie repérée parlent la même langue.

Autrement dit, ce petit $y = mx + p$ est une brique qu'on retrouvera un peu partout ensuite.