Mathématiques · 2nde

Comparaison additive et multiplicative

Contrôle demain et tu découvres le chapitre ? Bonne nouvelle : il n'y a que deux calculs à savoir faire, une soustraction et une division. Toute la difficulté est de savoir lequel des deux répond à la question posée. C'est exactement ce qu'on va régler ici.

Les prérequis (deux minutes)

Trois gestes déjà connus, rien de plus :

  • soustraire : $12-3=9$ ;
  • diviser : $12\div 3=4$, ce qu'on écrit aussi $\dfrac{12}{3}=4$ ;
  • lire un pourcentage : $25\,\%$ veut dire $\dfrac{25}{100}=0{,}25$.

Si tu sais faire ces trois choses, tu sais déjà tout comparer.

L'essentiel : deux questions, deux calculs

Comparer deux quantités $a$ et $b$, ce n'est pas une seule opération, c'est un choix entre deux questions.

Comparaison additive
« Combien de plus ? » $\;\to\; a-b$
Comparaison multiplicative
« Combien de fois plus ? » $\;\to\; \dfrac{a}{b}$ (pour $a$ et $b$ strictement positifs)

Sur l'exemple $a=12$ et $b=3$ :

  • comparaison additive : $12-3=9$, donc $12$ vaut $9$ de plus que $3$ ;
  • comparaison multiplicative : $\dfrac{12}{3}=4$, donc $12$ vaut $4$ fois $3$. On ne divise que si les deux quantités sont strictement positives.

Les deux phrases sont vraies en même temps et décrivent le même couple de nombres. Elles ne se contredisent pas : elles ne répondent simplement pas à la même question.

a = 12b = 3a − b = 9 (comparaison additive)a contient 4 fois b : a / b = 4 (comparaison multiplicative)

Un exemple, du début à la fin

Un abonnement passe de $80$ € à $100$ €

Étape 1 — comparaison additive. On soustrait : $100-80=20$. L'abonnement a augmenté de $20$ €. La réponse porte une unité, ici l'euro.

Étape 2 — comparaison multiplicative. On divise : $\dfrac{100}{80}=1{,}25$. Le nouveau prix vaut $1{,}25$ fois l'ancien. Ce nombre n'a pas d'unité.

Étape 3 — on le dit en pourcentage. $1{,}25=1+0{,}25$, et $0{,}25=25\,\%$ : le prix a augmenté de $25\,\%$.

Conclusion. « $+20$ € » et « $+25\,\%$ » décrivent la même hausse. La première réponse est additive, la seconde est multiplicative.

Retiens la règle de traduction : une différence garde l'unité de départ (€, kg, habitants), un rapport n'en a aucune et se dit « fois » ou « pour cent ».

Tu as déjà croisé « de plus » et « fois plus » sans y mettre de nom. On reprend proprement : les deux définitions du programme, le lien avec le pourcentage, et le vocabulaire exact (écart, rapport, ratio) que le correcteur attend.

Les deux définitions

Soient deux quantités $a$ et $b$ exprimées dans la même unité.

  • La comparaison additive de $a$ à $b$ est leur différence $a-b$. On l'appelle aussi l'écart entre $a$ et $b$. Elle répond à : « de combien $a$ dépasse-t-il $b$ ? »
  • La comparaison multiplicative de $a$ à $b$, définie uniquement pour $a$ et $b$ strictement positifs, est leur rapport (ou ratio) $\dfrac{a}{b}$. Elle répond à : « combien de fois $b$ tient-il dans $a$ ? »

Attention à l'ordre : $a-b$ et $\dfrac{a}{b}$ comparent $a$ à $b$. Le nombre cité en second, ici $b$, est la référence.

Comparer, c'est aussi ranger

Ces deux calculs servent d'abord à savoir lequel est le plus grand, même quand les nombres ne se comparent pas à vue d'œil.

Signe de $a-b$$a-b \gt 0$$a-b=0$$a-b \lt 0$
Conclusion$a \gt b$$a=b$$a \lt b$
Position de $\dfrac{a}{b}$ ($a,b \gt 0$)$\dfrac{a}{b} \gt 1$$\dfrac{a}{b}=1$$\dfrac{a}{b} \lt 1$
Conclusion$a \gt b$$a=b$$a \lt b$

Le second tableau exige $a \gt 0$ et $b \gt 0$, comme l'écrit le programme. C'est le dénominateur qui pose problème : diviser par un nombre négatif renverse les inégalités, et « deux fois plus » n'a de toute façon aucun sens pour une température de $-4$ °C. La comparaison multiplicative est donc réservée aux nombres strictement positifs ; la comparaison additive, elle, marche toujours.

Du calcul à la phrase : variation additive, variation multiplicative

Une fois le calcul fait, il faut le dire. Deux écritures, deux façons de parler :

Variation additive
$a = b + d$ avec $d = a-b$
Variation multiplicative
$a = k \times b$ avec $k = \dfrac{a}{b}$
Passage au pourcentage
$k = 1+t$, donc $t = \dfrac{a-b}{b}$ (avec $b \gt 0$)

Exemple avec $a=90$ et $b=72$ : $d = 90-72 = 18$, donc $90 = 72+18$ ; et $k=\dfrac{90}{72}=1{,}25$, donc $90 = 1{,}25 \times 72$. En pourcentage, $t = 0{,}25$ : $90$ dépasse $72$ de $25\,\%$.

Le pont avec l'information chiffrée

Quand $b$ est une valeur de départ et $a$ la valeur d'arrivée, ces trois nombres portent les noms du chapitre statistique : $d$ est la variation absolue, $k$ le coefficient multiplicateur, $t$ le taux d'évolution. Autrement dit, une évolution n'est rien d'autre qu'une comparaison entre deux instants.

Ratio, « fois plus », « pour cent de plus »

Trois formulations circulent, et elles ne veulent pas dire la même chose. Fixe-les une fois pour toutes :

  • « $a$ est $3$ fois $b$ » et « $a$ est $3$ fois plus grand que $b$ » signifient $\dfrac{a}{b}=3$, donc $a = 3b$ ;
  • « $a$ a $300\,\%$ de plus que $b$ » signifie $a = b + 3b = 4b$ : le « de plus » s'ajoute à la référence ;
  • « $a$ et $b$ sont dans le rapport $3$ pour $2$ » signifie $\dfrac{a}{b}=\dfrac{3}{2}=1{,}5$.

Un rapport se simplifie comme une fraction : dire « $18$ pour $12$ » ou « $3$ pour $2$ » revient au même, puisque $\dfrac{18}{12}=\dfrac{3}{2}$.

Le rapport n'est pas symétrique

La différence change simplement de signe quand on inverse les rôles : $100-80=20$ et $80-100=-20$. Le rapport, lui, s'inverse : $\dfrac{100}{80}=1{,}25$ mais $\dfrac{80}{100}=0{,}8$.

Traduit en pourcentages : $100$ dépasse $80$ de $25\,\%$, alors que $80$ est inférieur à $100$ de $20\,\%$. Ce ne sont pas les mêmes pourcentages, parce que la référence a changé. Avant d'annoncer un pourcentage, demande-toi toujours : par rapport à quoi ?

Trois situations, traitées entièrement, ligne par ligne. La première montre les deux calculs côte à côte, la deuxième montre qu'ils peuvent désigner deux gagnants différents, la troisième attaque le piège n°1 du chapitre : les points de pourcentage.

Ex 1 — Deux villes

Ville A compte $24\,000$ habitants, ville B en compte $8\,000$. Comparer.

Ligne 1 — additif. $24\,000-8\,000 = 16\,000$. Ville A compte $16\,000$ habitants de plus que ville B. L'unité « habitant » est conservée.

Ligne 2 — multiplicatif. Les deux nombres sont strictement positifs, on peut diviser : $\dfrac{24\,000}{8\,000}=3$. Ville A est $3$ fois plus peuplée que ville B.

Ligne 3 — en pourcentage. $3 = 1+2$, et $2 = 200\,\%$ : ville A compte $200\,\%$ d'habitants de plus que ville B. (Pas $300\,\%$ : $300\,\%$ serait le rapport lui-même, pas l'excédent.)

Conclusion. $+16\,000$ habitants, ou $\times 3$ : deux réponses justes. La seconde est plus parlante pour comparer deux villes de tailles très différentes ; la première l'est pour dimensionner un réseau de bus.

Ex 2 — Deux augmentations de salaire

Salaire de Léa : $1\,600$ € puis $1\,680$ €. Salaire de Sam : $2\,400$ € puis $2\,496$ €. Qui a été le mieux augmenté ?

Ligne 1 — comparaison additive des deux hausses. Léa : $1\,680-1\,600 = 80$ €. Sam : $2\,496-2\,400 = 96$ €. En euros, Sam gagne davantage : $96 \gt 80$.

Ligne 2 — comparaison multiplicative. Léa : $\dfrac{1\,680}{1\,600}=1{,}05$. Sam : $\dfrac{2\,496}{2\,400}=1{,}04$.

Ligne 3 — traduction. $1{,}05 = 1+0{,}05$ donc $+5\,\%$ pour Léa ; $1{,}04 = 1+0{,}04$ donc $+4\,\%$ pour Sam. En pourcentage, c'est Léa la mieux augmentée.

Vérification. $1\,600 \times 1{,}05 = 1\,680$ et $2\,400 \times 1{,}04 = 2\,496$. Les deux coefficients sont bons.

Conclusion. Les deux comparaisons désignent des gagnants différents, et aucune ne se trompe. La question « qui a été le mieux augmenté ? » est ambiguë tant qu'on n'a pas dit « en euros » ou « en pourcentage ». C'est tout l'enjeu du chapitre.

Ex 3 — Quand les quantités comparées sont déjà des pourcentages

Dans un lycée, la part des élèves qui apprennent le grec passe de $4\,\%$ à $6\,\%$. De combien a-t-elle augmenté ?

Ligne 1 — additif. $6-4 = 2$. La part a gagné $2$ points de pourcentage. On dit « points », jamais « pour cent », parce qu'on a soustrait deux pourcentages.

Ligne 2 — multiplicatif. $\dfrac{6}{4}=1{,}5$, soit $1+0{,}5$ : la part a augmenté de $50\,\%$.

Ligne 3 — les deux ensemble. « $+2$ points » et « $+50\,\%$ » décrivent la même chose. Le premier compare les deux taux entre eux, le second compare la hausse au taux de départ.

Ligne 4 — vérification sur les effectifs. Sur $850$ élèves : $4\,\%$ de $850$ font $34$ élèves, $6\,\%$ de $850$ font $51$ élèves. Additif : $51-34 = 17$ élèves de plus. Multiplicatif : $\dfrac{51}{34}=1{,}5$, soit bien $+50\,\%$. Le rapport se lit tel quel sur les effectifs : $1{,}5$ des deux côtés. L'écart en points, lui, doit être converti avant de se lire en élèves : $2\,\%$ de $850$ font bien les $17$ élèves trouvés.

Conclusion. Écrire « la part a augmenté de $2\,\%$ » est une faute : c'est $2$ points, ou $50\,\%$.

Niveau contrôle. On fixe la méthode en quatre étapes, on déroule un problème complet comme au tableau, puis on liste ce qui rapporte des points — et les cinq pièges qui en coûtent, à commencer par les points de pourcentage.

La méthode en quatre étapes

Méthode

1. Repérer la référence. À quoi compare-t-on ? C'est le nombre qui sera au dénominateur et qu'on soustrait.

2. Lire l'unité de la réponse attendue, pas seulement les mots. Si la réponse se dit en euros, en habitants, en points $\Rightarrow$ additif (« de combien ? », « quel écart ? »). Si elle se dit « fois » ou « pour cent » $\Rightarrow$ multiplicatif (« combien de fois ? », « quel rapport ? », « de quel pourcentage cela a-t-il augmenté ? »). Méfie-toi de « de plus », qui ne tranche rien : « $16\,000$ habitants de plus » est additif, « $200\,\%$ de plus » est multiplicatif.

3. Calculer. $a-b$ dans le premier cas ; $\dfrac{a}{b}$ dans le second, après avoir vérifié que $a$ et $b$ sont strictement positifs.

4. Rédiger avec la bonne unité. Une différence se dit en euros, en habitants, en points si on a soustrait des pourcentages. Un rapport se dit « fois » ou « pour cent », jamais en euros.

Deux quantités a et bLa réponse attendueporte-t-elle une unité ?ouinonadditive : a − bgarde l'unité(€, hab., points)multiplicative : a / bsans unité, a et b > 0(fois, pour cent)« de plus » ne tranche pas : 16 000 habitants de plus / 200 % de plus

Un problème type, entièrement résolu

Énoncé

Deux magasins d'une même enseigne. Le magasin A a vendu $250$ articles en janvier et $300$ en février. Le magasin B en a vendu $40$ en janvier et $60$ en février.

1. Comparer les deux hausses par une comparaison additive. 2. Les comparer par une comparaison multiplicative. 3. Le directeur veut récompenser « le magasin qui a le plus progressé ». Que lui répondre ? 4. La part de marché de l'enseigne dans la ville est passée de $8\,\%$ à $10\,\%$ : de combien a-t-elle progressé ?

Correction

1. Comparaison additive. Magasin A : $300-250 = 50$ articles de plus. Magasin B : $60-40 = 20$ articles de plus. L'écart entre ces deux hausses vaut $50-20 = 30$ articles : en volume, A progresse plus que B.

2. Comparaison multiplicative. Magasin A : $\dfrac{300}{250}=1{,}2$, soit $+20\,\%$. Magasin B : $\dfrac{60}{40}=1{,}5$, soit $+50\,\%$. En pourcentage, B progresse deux fois et demie plus vite, puisque $\dfrac{50}{20}=2{,}5$.

3. Que répondre. Que la question est incomplète. « Le plus progressé en nombre d'articles » désigne A ($+50$ contre $+20$) ; « le plus progressé en pourcentage » désigne B ($+50\,\%$ contre $+20\,\%$). Un magasin qui part de $40$ ventes n'est pas comparable à un magasin qui part de $250$ : c'est justement pour cela qu'on dispose de deux comparaisons.

4. La part de marché. Additif : $10-8 = 2$, soit $+2$ points de pourcentage. Multiplicatif : $\dfrac{10}{8}=1{,}25$, soit $+25\,\%$. On écrit donc « la part de marché a gagné $2$ points, ce qui représente une hausse de $25\,\%$ » — et surtout pas « une hausse de $2\,\%$ ».

Points de pourcentage contre pourcentage : le piège emblématique

Dès que les deux quantités comparées sont elles-mêmes des pourcentages, les deux comparaisons produisent deux nombres qu'on confond tout le temps.

La règle, en une ligne

Passer de $4\,\%$ à $6\,\%$, c'est $+2$ points (comparaison additive : $6-4$) et $+50\,\%$ (comparaison multiplicative : $\dfrac{6}{4}=1{,}5$). Le mot « point » est réservé à la différence de deux taux.

0 %2 %4 %6 %6 − 4 = +2 points6 / 4 = 1,5 → +50 %comparaison multiplicative« +2 % » ne veut rien dire ici : c'est +2 points, ou +50 %.

Ce que le correcteur attend + les pièges

Ce qui rapporte les points
  • annoncer quelle comparaison on fait avant de calculer (« comparaison additive » / « comparaison multiplicative ») ;
  • écrire la référence au dénominateur sans se tromper de sens ;
  • donner l'unité juste : euros, habitants, points, « fois », « pour cent » ;
  • quand l'énoncé est ambigu, répondre aux deux et dire laquelle est pertinente.
Les cinq pièges classiques
  • Points contre pour cent. De $4\,\%$ à $6\,\%$ : $+2$ points, $+50\,\%$. Jamais « $+2\,\%$ ».
  • « de $30\,\%$ » contre « à $30\,\%$ ». Un prix de $80$ € qui augmente de $30\,\%$ devient $80\times 1{,}30 = 104$ € ; un prix qui passe à $30\,\%$ de sa valeur devient $80\times 0{,}30 = 24$ €.
  • Deux hausses de $10\,\%$ ne font pas $+20\,\%$. On multiplie les coefficients : $1{,}10\times 1{,}10 = 1{,}21$, soit $+21\,\%$. Les taux ne s'additionnent pas.
  • $+20\,\%$ puis $-20\,\%$ ne ramène pas au point de départ. $1{,}20\times 0{,}80 = 0{,}96$, soit $-4\,\%$ au total : la baisse porte sur une valeur plus grande que la hausse.
  • Le rapport ne s'inverse pas gratuitement. Si $a$ dépasse $b$ de $25\,\%$, alors $b$ est inférieur à $a$ de $20\,\%$, pas de $25\,\%$ : $\dfrac{100}{80}=1{,}25$ mais $\dfrac{80}{100}=0{,}8$.

Les trois derniers pièges relèvent des évolutions successives et de l'évolution réciproque, détaillées avec les coefficients multiplicateurs dans la fiche Variance et écart-type, qui porte tout le chapitre d'information chiffrée.

Tu maîtrises les deux gestes sur des nombres ? On les applique maintenant à des expressions, ce qui est leur vrai usage en algèbre — puis on regarde ce qu'ils deviennent en première, où toute la croissance se lit en multiplicatif.

Comparer deux expressions par le signe de leur différence

La comparaison additive n'est pas réservée aux nombres. Pour comparer deux expressions $A(x)$ et $B(x)$, on étudie le signe de $A(x)-B(x)$. C'est la technique standard de tout le lycée.

Montrer que $x^{2}+1 \geqslant 2x$ pour tout réel $x$

Étape 1. On forme la différence : $\left(x^{2}+1\right)-2x = x^{2}-2x+1$.

Étape 2. On reconnaît un carré : $x^{2}-2x+1 = (x-1)^{2}$.

Étape 3. Un carré est toujours positif ou nul : $(x-1)^{2}\geqslant 0$ pour tout réel $x$.

Conclusion. La différence est positive ou nulle, donc $x^{2}+1 \geqslant 2x$ quel que soit $x$, avec égalité uniquement pour $x=1$. Aucune valeur numérique n'a été nécessaire : c'est une comparaison démontrée, pas constatée.

La comparaison multiplicative a son équivalent : pour deux expressions strictement positives, on compare $\dfrac{A(x)}{B(x)}$ à $1$. Par exemple, pour $x \gt 0$, $\dfrac{1}{x}\div x = \dfrac{1}{x^{2}}$ : ce rapport est inférieur à $1$ dès que $x \gt 1$, donc $\dfrac{1}{x} \lt x$ ; il est supérieur à $1$ pour $0 \lt x \lt 1$, donc $\dfrac{1}{x} \gt x$ ; et il vaut $1$ pour $x=1$, où les deux expressions sont égales.

Le taux d'accroissement : une comparaison additive rapportée

Pour une fonction affine $f(x)=mx+p$, le coefficient $m$ s'interprète comme un taux d'accroissement : c'est la comparaison additive des images, divisée par la comparaison additive des antécédents.

Avec $f(x)=3x-2$ : $f(5)=13$ et $f(1)=1$, donc $f(5)-f(1)=12$, tandis que $5-1=4$. Le quotient $\dfrac{12}{4}=3$ redonne exactement $m=3$. Autrement dit, chaque unité gagnée sur $x$ fait gagner $3$ à $f(x)$ — une variation additive constante. Attention : ce « taux »-là n'est pas le taux d'évolution du palier précédent, qui est sans unité ; celui-ci s'exprime en unités de $f$ par unité de $x$. C'est la signature des fonctions affines, et ce sera le point de départ du nombre dérivé en première.

Quand le multiplicatif prend le dessus

  • Les indices base 100. Pour suivre une grandeur dans le temps, on lui donne l'indice $100$ à l'année de référence, puis on applique le rapport. Un chiffre d'affaires qui passe de $250$ à $300$ prend l'indice $\dfrac{300}{250}\times 100 = 120$. Lire « $120$ » et lire « $+20\,\%$ », c'est lire la même comparaison multiplicative.
  • La croissance répétée. Un placement qui gagne $5\,\%$ par an pendant $10$ ans est multiplié par $1{,}05^{10} \approx 1{,}63$, soit environ $+63\,\%$ — bien plus que les $50\,\%$ qu'une addition naïve prédirait. En première, ce sont les suites géométriques.
  • Les échelles multiplicatives. En physique-chimie et en SVT, certaines grandeurs ne se comparent qu'en rapport : entre deux solutions dont le pH diffère d'une unité, la concentration en ions hydrogène est $10$ fois plus grande dans celle dont le pH est le plus bas. Une différence de $1$ y cache un rapport de $10$.

Le fil à garder : dès qu'une grandeur se construit par multiplications répétées, la comparaison additive devient trompeuse et seule la comparaison multiplicative reste lisible. Reconnaître lequel des deux régimes on observe, c'est déjà faire des mathématiques appliquées.

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