Polarité des molécules
Deux atomes liés n'attirent pas les électrons avec la même force : cette capacité s'appelle l'électronégativité (notée $\chi$). Lorsque $\chi$ diffère entre les deux atomes d'une liaison, les électrons de liaison sont déplacés vers l'atome le plus électronégatif, créant des charges partielles $\delta^-$ (côté riche) et $\delta^+$ (côté pauvre) : la liaison est polaire.
Mais une molécule peut posséder des liaisons polaires et être globalement apolaire : si la géométrie est suffisamment symétrique, les moments dipolaires de liaison se compensent exactement. La polarité d'une molécule dépend donc à la fois des électronégativités et de sa géométrie.
- Écrire la formule de Lewis de la molécule.
- Déterminer la géométrie avec le modèle VSEPR (tétraédrique, pyramidale, coudée, linéaire…) en comptant doublets liants ET libres.
- Repérer les liaisons polaires ($\Delta\chi \ge 0{,}4$) ; placer $\delta^+$ sur l'atome le moins électronégatif et $\delta^-$ sur le plus électronégatif.
- Représenter les vecteurs $\vec{\mu}_i$ orientés de $\delta^+$ vers $\delta^-$.
- Conclure : si $\sum \vec{\mu}_i = \vec{0}$ (symétrie parfaite), molécule apolaire ; sinon, polaire.
- Liaison polaire ≠ molécule polaire. CO₂ a des liaisons C=O polaires mais est une molécule apolaire (géométrie linéaire symétrique).
- Oublier les doublets libres dans VSEPR : dans H₂O, les 2 doublets libres sur O imposent une géométrie coudée — pas linéaire.
- Inverser le sens de $\vec{\mu}$ : par convention, $\vec{\mu}$ est orienté de $\delta^+$ vers $\delta^-$ (du moins électronégatif vers le plus électronégatif).
- Conclure « apolaire » parce que les liaisons ont le même $\Delta\chi$ sans vérifier la géométrie : NH₃ et CCl₄ ont tous deux des liaisons polaires, mais l'un est polaire et l'autre non.