Titrage colorimétrique
Un titrage permet de déterminer la concentration $C_A$ d'une espèce A (l'espèce titrée) en la faisant réagir avec une solution B de concentration $C_B$ connue (le réactif titrant), versée progressivement à la burette. La réaction de titrage doit être rapide, totale et spécifique.
Le point d'équivalence est atteint lorsque les réactifs ont été introduits exactement en proportions stœchiométriques : ni A ni B n'est en excès. Dans un titrage colorimétrique, ce point est repéré par un changement de couleur brusque et persistant.
Un indicateur colorimétrique acido-basique est une espèce dont la couleur varie avec le pH. Il est choisi pour changer de teinte au voisinage du point d'équivalence.
- Phénolphtaléine : incolore en milieu acide, rose en milieu basique (virage vers pH 9–10).
- Bleu de bromothymol (BBT) : jaune en milieu acide, bleu en milieu basique (virage vers pH 7).
- Auto-indicateur — permanganate : le $\text{KMnO}_4$ est violet ; les ions $\text{MnO}_4^-$ se décolorent au fil de la réaction. La première goutte excédentaire après l'équivalence colore la solution en rose-violet persistant : aucun indicateur extérieur n'est nécessaire.
- Écrire l'équation de la réaction de titrage et relever les coefficients stœchiométriques $a$ (espèce titrée) et $b$ (titrant).
- Repérer le volume $V_{BE}$ versé à l'équivalence (changement de couleur brusque et persistant au moins 30 s).
- Appliquer la relation : $\dfrac{C_A \cdot V_A}{a} = \dfrac{C_B \cdot V_{BE}}{b}$.
- En déduire $C_A$, puis, si demandé, la quantité de matière $n = C_A \cdot V$ et la masse $m = n \cdot M$.
- Confondre $V_A$ (volume prélevé dans le bécher, fixe) et $V_{BE}$ (volume versé à la burette à l'équivalence).
- Oublier les coefficients stœchiométriques quand la réaction n'est pas 1:1 — la concentration calculée serait fausse.
- Mélanger les unités : travailler en mL partout ou en L partout, mais pas les deux à la fois.
- Conclure que l'équivalence est atteinte à la première teinte colorée : la couleur doit être persistante.