Contrôle bientôt, ce chapitre jamais ouvert, et une seule certitude : une voiture ne s’arrête pas comme dans les dessins animés. Respire. Il n’y a que trois formules et une division par 3,6. On voit l’essentiel, tu seras paré.

Ce qu’il faut savoir avant + l’idée en une phrase

Prérequis express. Une vitesse se mesure en mètres par seconde ($\text{m/s}$), une distance en mètres ($\text{m}$), un temps en secondes ($\text{s}$). Sur un compteur, la vitesse est en $\text{km/h}$ : pour passer en $\text{m/s}$, on divise par $3{,}6$. Et une distance parcourue à vitesse constante, c’est vitesse × temps.

L’idée en une phrase. Quand tu vois un danger, la voiture ne s’arrête pas d’un coup : d’abord tu réagis (elle roule encore), ensuite tu freines (elle ralentit). La distance totale avant l’arrêt s’appelle la distance d’arrêt.

  • Distance de réaction $d_r$ : le temps que tu perçoives le danger et poses le pied sur le frein (environ $1 \text{ s}$). Pendant ce temps, la voiture avance à vitesse constante.
  • Distance de freinage $d_f$ : une fois le frein pressé, la distance qu’il faut pour s’immobiliser.

Les deux bout à bout : $d_a = d_r + d_f$.

distance d’arrêt daréaction drfreinage dfdanger perçufrein actionnéarrêt completvitesse constantele véhicule ralentit

Les 3 formules + un exemple en 30 secondes

Tout tient en trois formules :

Conversion : $v_{(\text{m/s})} = \dfrac{v_{(\text{km/h})}}{3{,}6}$

Distance de réaction : $d_r = v \times t_r$

Distance d’arrêt : $d_a = d_r + d_f$

Exemple express. Une voiture roule à $90 \text{ km/h}$, temps de réaction $t_r = 1 \text{ s}$, distance de freinage donnée $d_f = 38 \text{ m}$.

Étape 1 — convertir : $v = \dfrac{90}{3{,}6} = 25 \text{ m/s}$.

Étape 2 — réaction : $d_r = 25 \times 1 = 25 \text{ m}$.

Étape 3 — arrêt : $d_a = 25 + 38 = 63 \text{ m}$.

Bilan : $63 \text{ m}$ avant l’arrêt, soit plus qu’un terrain de volley. Si tu retiens ça et la division par $3{,}6$, tu as l’essentiel pour le contrôle.

Ah oui, la fameuse distance d’arrêt qui n’est surtout pas la distance de freinage. Ça revient, hein ? On remet tout au propre : les définitions, les unités, la méthode dans l’ordre, et un exemple déroulé du début à la fin.

Les définitions au propre

On reprend proprement. Entre l’instant où un danger apparaît et l’arrêt complet, le véhicule traverse deux phases bien distinctes.

Phase 1 — la réaction. Le conducteur a vu le danger mais n’a pas encore freiné. Pendant le temps de réaction $t_r$ (environ $1 \text{ s}$ pour un adulte alerte et sobre), la voiture continue à vitesse constante. La distance parcourue est la distance de réaction $d_r$.

Phase 2 — le freinage. Le frein est actionné, le véhicule ralentit jusqu’à s’immobiliser. La distance parcourue est la distance de freinage $d_f$. Elle dépend de la vitesse de départ, de l’état des pneus et de la chaussée.

La distance d’arrêt $d_a$ est la somme des deux : $d_a = d_r + d_f$. C’est la distance réellement parcourue entre « je vois le danger » et « je suis à l’arrêt ».

v (m/s)v0t (s)0trarrêtréaction : v constantefreinage : v diminue

Les formules et les unités

Trois relations suffisent, à condition de soigner les unités.

Conversion km/h → m/s. $v_{(\text{m/s})} = \dfrac{v_{(\text{km/h})}}{3{,}6}$. On divise toujours par $3{,}6$ pour passer du compteur (km/h) à l’unité de calcul (m/s).

Distance de réaction. $d_r = v \times t_r$, avec $v$ en $\text{m/s}$ et $t_r$ en $\text{s}$, ce qui donne $d_r$ en $\text{m}$.

Distance d’arrêt. $d_a = d_r + d_f$. En 3e, la distance de freinage $d_f$ est donnée dans l’énoncé (elle se mesure sur piste) : tu n’as pas à la calculer, tu l’ajoutes.

Règle d’or : convertir d’abord en $\text{m/s}$, sinon tout le calcul est faux.

La méthode pas à pas (exemple déroulé)

Voici l’ordre à suivre à chaque fois :

  • Convertir la vitesse en $\text{m/s}$ (diviser par $3{,}6$).
  • Calculer la distance de réaction $d_r = v \times t_r$.
  • Relever la distance de freinage $d_f$ dans l’énoncé.
  • Additionner : $d_a = d_r + d_f$.
  • Comparer $d_a$ à la distance disponible pour conclure.

Exemple. Voiture à $90 \text{ km/h}$, $t_r = 1 \text{ s}$, $d_f = 38 \text{ m}$.

Conversion : $v = \dfrac{90}{3{,}6} = 25 \text{ m/s}$.

Réaction : $d_r = 25 \times 1 = 25 \text{ m}$.

Arrêt : $d_a = 25 + 38 = 63 \text{ m}$.

Conclusion : il faut $63 \text{ m}$ pour s’arrêter — un chiffre à comparer avec la distance qui te sépare de l’obstacle.

On enfile la ceinture et on roule ensemble. Trois exemples entièrement rédigés, commentés ligne par ligne. Tu ne fais rien tout seul ici : tu regardes comment on tient le volant.

Exemple 1 — la conversion, brique de base

On commence par le geste qui fait perdre le plus de points : la conversion. On convertit trois vitesses ensemble.

La formule : $v_{(\text{m/s})} = \dfrac{v_{(\text{km/h})}}{3{,}6}$.

À $50 \text{ km/h}$ (en ville) : $v = \dfrac{50}{3{,}6} \approx 13{,}9 \text{ m/s}$.

À $90 \text{ km/h}$ (route) : $v = \dfrac{90}{3{,}6} = 25 \text{ m/s}$.

À $130 \text{ km/h}$ (autoroute) : $v = \dfrac{130}{3{,}6} \approx 36{,}1 \text{ m/s}$.

On le lit à voix haute : à $90 \text{ km/h}$, tu parcours $25 \text{ m}$ chaque seconde. C’est ça qu’il faut sentir avant même de parler de freinage.

Exemple 2 — la distance d’arrêt à 90 km/h, ligne par ligne

Énoncé : une voiture roule à $90 \text{ km/h}$, temps de réaction $t_r = 1 \text{ s}$, distance de freinage $d_f = 38 \text{ m}$. Quelle est la distance d’arrêt ?

Ligne 1 — on convertit (jamais de calcul en km/h) : $v = \dfrac{90}{3{,}6} = 25 \text{ m/s}$.

Ligne 2 — la réaction : pendant $1 \text{ s}$ à vitesse constante, $d_r = v \times t_r = 25 \times 1 = 25 \text{ m}$.

Ligne 3 — on ajoute le freinage donné : $d_a = d_r + d_f = 25 + 38 = 63 \text{ m}$.

Ligne 4 — on conclut par une phrase : la voiture parcourt $63 \text{ m}$ avant de s’immobiliser, soit plus que la longueur d’un terrain de volley. Regarde le schéma : la réaction pèse déjà $25 \text{ m}$, avant même que le frein serve.

da = 63 mdr = 25 mdf = 38 mdanger perçufrein actionnéarrêt completvitesse : 25 m/s (soit 90 km/h)

Exemple 3 — l’effet du téléphone

Même voiture, même route : $90 \text{ km/h}$ et $d_f = 38 \text{ m}$. Mais le conducteur regarde son téléphone : son temps de réaction passe de $1 \text{ s}$ à $2 \text{ s}$.

Conversion (inchangée) : $v = 25 \text{ m/s}$.

Réaction, avec $t_r = 2 \text{ s}$ : $d_r = 25 \times 2 = 50 \text{ m}$. La distance de réaction a doublé.

Arrêt : $d_a = 50 + 38 = 88 \text{ m}$.

Bilan : $88 \text{ m}$ au lieu de $63 \text{ m}$, soit $25 \text{ m}$ de plus — environ six voitures mises bout à bout — juste à cause d’une seconde d’inattention. Le freinage n’a pas bougé ; c’est la réaction qui a tout fait exploser.

Niveau brevet : le correcteur ne veut pas juste un nombre, il veut la conversion, les unités et la conclusion. On résout deux cas concrets en entier et on démonte les pièges où tout le monde tombe.

Problème type — va-t-il s’arrêter à temps ?

Énoncé. Un obstacle immobile (un piéton) apparaît à $70 \text{ m}$ devant une voiture lancée à $90 \text{ km/h}$. Distance de freinage : $d_f = 38 \text{ m}$. Le conducteur s’arrête-t-il à temps (a) s’il est attentif ($t_r = 1 \text{ s}$), (b) s’il téléphone ($t_r = 2 \text{ s}$) ?

Étape commune — conversion : $v = \dfrac{90}{3{,}6} = 25 \text{ m/s}$.

Cas (a), attentif : $d_r = 25 \times 1 = 25 \text{ m}$, puis $d_a = 25 + 38 = 63 \text{ m}$.

On compare : $63 \text{ m}$ contre $70 \text{ m}$ disponibles. Il reste $7 \text{ m}$ de marge — il s’arrête juste à temps.

Cas (b), au téléphone : $d_r = 25 \times 2 = 50 \text{ m}$, puis $d_a = 50 + 38 = 88 \text{ m}$.

On compare : $88 \text{ m}$ nécessaires contre $70 \text{ m}$ disponibles. Il manque $18 \text{ m}$ — il percute le piéton.

Même voiture, même route, mêmes freins : la seule différence est une seconde de réaction. C’est exactement le raisonnement attendu au brevet.

obstacle à 70 mda = 63 mda = 88 m nécessairesattentif : 63 m, il reste 7 m de margeau téléphone : 88 m, il manque 18 m → collision

Ce que le correcteur attend + les pièges classiques

Ce qui rapporte les points.

  • La conversion en premier, écrite noir sur blanc : $v = \dfrac{90}{3{,}6} = 25 \text{ m/s}$. Sans elle, la copie est fausse dès la première ligne.
  • Les unités à chaque nombre ($\text{m/s}$, $\text{s}$, $\text{m}$) : un résultat sans unité est compté faux.
  • Une phrase de conclusion qui compare $d_a$ à la distance disponible (« il s’arrête à temps » / « il percute »). Le correcteur veut une décision, pas seulement un nombre.

Les pièges où tout le monde tombe.

  • Oublier de convertir : à $90 \text{ km/h}$, $v = 25 \text{ m/s}$ et non $90 \text{ m/s}$ — la distance de réaction serait fausse d’un facteur $3{,}6$.
  • Confondre $d_f$ (freinage seul) et $d_a$ (arrêt total) : toujours $d_a = d_r + d_f$, jamais $d_a = d_f$.
  • Négliger la distance de réaction : à $90 \text{ km/h}$, une seule seconde vaut déjà $25 \text{ m}$ parcourus avant même de freiner.
  • Croire que doubler la vitesse double la distance d’arrêt : la distance de freinage augmente bien plus vite que la vitesse (on voit pourquoi au palier suivant).

Bonus pour les curieux qui veulent un métro d’avance. Pourquoi la vitesse est-elle si dangereuse ? La réponse tient dans un petit v carré qui te suivra jusqu’au lycée. Rien de tout ça n’est au programme de 3e — c’est cadeau.

Pourquoi la vitesse est si dangereuse : le v carré

Au palier précédent, on a dit que doubler la vitesse fait bien plus que doubler la distance d’arrêt. Voici l’explication, qui t’attend au lycée.

La distance de réaction est proportionnelle à la vitesse : $d_r = v \times t_r$. Si $v$ double, $d_r$ double. Rien de méchant.

La distance de freinage, elle, augmente comme le carré de la vitesse : $d_f \propto v^2$. Si $v$ double, $d_f$ est multipliée par $4$ ; si $v$ triple, par $9$.

D’où ça vient ? Freiner, c’est dissiper l’énergie de mouvement de la voiture, l’énergie cinétique $E_c = \tfrac{1}{2} m v^2$ (autre fiche du même chapitre). Comme cette énergie contient un $v^2$, la distance nécessaire pour l’évacuer suit le même $v^2$.

Ordre de grandeur (en admettant $d_f \propto v^2$ et la même route qu’à $90 \text{ km/h}$, où $d_f = 38 \text{ m}$) : à $45 \text{ km/h}$ (moitié), $d_f \approx \dfrac{38}{4} \approx 9{,}5 \text{ m}$ ; à $180 \text{ km/h}$ (double), $d_f \approx 38 \times 4 \approx 152 \text{ m}$. La vitesse ne s’ajoute pas au danger, elle le multiplie.

distancevdf croît comme v²dr croît comme vdoubler la vitesse quadruple environ df

Les ponts vers l’année prochaine

Cette notion est un carrefour. Ce que tu vas retrouver bientôt :

  • Énergie cinétique $E_c = \tfrac{1}{2} m v^2$ : la vraie raison du $v^2$ ci-dessus. À masse égale, une voiture rapide transporte beaucoup plus d’énergie à dissiper.
  • Poids et masse : une voiture plus lourde a plus d’énergie cinétique à la même vitesse, mais la route la freine aussi avec une force plus grande, proportionnelle à son poids : les deux effets se compensent, et la distance de freinage dépend surtout de la vitesse et de l’adhérence, presque pas de la masse — toujours dans le chapitre « mouvement et interactions ».
  • Mouvement uniformément varié (2de) : on apprendra à calculer soi-même $d_f$ à partir de la décélération, au lieu de la lire dans l’énoncé.
  • L’aire sous la courbe vitesse-temps : la distance parcourue se lit comme une aire sur le graphe du palier 2 — un pont vers les maths.

Le message qui reste. La distance d’arrêt, ce n’est pas de la théorie : c’est pourquoi les limitations baissent près des écoles, pourquoi le téléphone au volant tue, et pourquoi « je maîtrise » ne change rien au $v^2$. La physique, elle, ne négocie pas.