Physique-Chimie · Terminale

Transferts thermiques, flux thermique

Pas de panique, on part de zéro. Pour comprendre les transferts thermiques, il faut juste savoir ce qu'est une température, une énergie et une surface. On va voir comment la chaleur traverse un mur, et comment on calcule ça avec des formules simples. Accroche-toi, on fait le tour en vitesse.

Prérequis : température, énergie et surface

Avant de parler de flux, on a besoin de trois idées simples :

  • Température : c'est l'agitation des particules. Plus c'est chaud, plus ça bouge. On la mesure en degrés Celsius (°C) ou en kelvins (K). Un écart de température se note $\Delta T$ (delta T).
  • Énergie thermique : c'est la chaleur, une forme d'énergie. Elle se transfère spontanément du chaud vers le froid. On la note $Q$ et son unité est le joule (J).
  • Surface : une paroi a une aire, notée $S$, en mètres carrés (m²). Plus la surface est grande, plus la chaleur peut passer.

En physique, on modélise un mur comme une paroi plane d'épaisseur $e$ (en mètres). Le matériau a une propriété : sa conductivité thermique $\lambda$ (lambda), en W·m-1·K-1. Plus $\lambda$ est petit, plus le matériau est isolant.

Le flux thermique et la résistance thermique

Le flux thermique $\Phi$ (phi, en watts, W) mesure la puissance de la chaleur qui traverse la paroi. C'est l'énergie par seconde : $\Phi = \frac{Q}{\Delta t}$.

Pour une paroi plane en régime permanent (températures stables), la loi de Fourier donne : $\Phi = \lambda \cdot S \cdot \frac{\Delta T}{e}$.

On définit la résistance thermique $R_{th}$ (en K/W) comme la capacité à s'opposer au flux : $R_{th} = \frac{e}{\lambda \cdot S}$.

Du coup, le flux s'écrit simplement : $\Phi = \frac{\Delta T}{R_{th}}$. C'est l'analogue de la loi d'Ohm ($I = U/R$) : la différence de température joue le rôle de la tension, le flux celui du courant, et la résistance thermique celui de la résistance électrique.

Pour des couches superposées (paroi composite), les résistances s'additionnent : $R_{\text{tot}} = R_{th,1} + R_{th,2} + \cdots$.

À toi de jouer

1. Un mur en béton a une conductivité $\lambda = 1{,}0$ W·m-1·K-1, une épaisseur $e = 0{,}20$ m et une surface $S = 10$ m². La face intérieure est à $20$ °C et la face extérieure à $0$ °C.
1. La résistance thermique se calcule par $R_{th} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \cdot \underline{\hspace{1.1em}}}$. Complète avec les grandeurs.
2. Calcule $R_{th}$ : $R_{th} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \times \underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ K/W.
3. Le flux thermique se calcule par $\Phi = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}}$. Complète avec les grandeurs.
4. Calcule $\Phi$ : $\Phi = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ W.
Corrigé
1. $R_{th} = \frac{e}{\lambda \cdot S}$
2. $R_{th} = \frac{0{,}20}{1{,}0 \times 10} = 0{,}020$ K/W
3. $\Phi = \frac{\Delta T}{R_{th}}$
4. $\Phi = \frac{20}{0{,}020} = 1\,000$ W (soit 1,0 kW).
2. On ajoute une couche de laine de verre ($\lambda_2 = 0{,}040$ W·m-1·K-1, $e_2 = 0{,}10$ m) sur le mur précédent. La surface et les températures extrêmes sont inchangées.
1. La résistance de la laine est $R_{th,2} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \cdot \underline{\hspace{1.1em}}}$. Calcule : $R_{th,2} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \times \underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ K/W.
2. La résistance totale est $R_{\text{tot}} = \underline{\hspace{1.1em}} + \underline{\hspace{1.1em}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ K/W.
3. Le nouveau flux est $\Phi' = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ W.
4. Le flux a été réduit d'un facteur $\frac{\Phi}{\Phi'} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} \approx \underline{\hspace{1.1em}}$.
Corrigé
1. $R_{th,2} = \frac{e_2}{\lambda_2 \cdot S} = \frac{0{,}10}{0{,}040 \times 10} = \frac{0{,}10}{0{,}40} = 0{,}25$ K/W
2. $R_{\text{tot}} = 0{,}020 + 0{,}25 = 0{,}270$ K/W
3. $\Phi' = \frac{20}{0{,}270} \approx 74$ W
4. $\frac{1\,000}{74} \approx 13{,}5$ (le flux est divisé par 13,5).

Ah oui, le flux thermique et la résistance thermique ! C'est comme en électricité avec la loi d'Ohm, mais pour la chaleur. On va reprendre la méthode pas à pas, et tu vas voir que c'est toujours la même logique : calculer chaque résistance, les additionner, puis trouver le flux.

Rappel structuré : les trois formules clés

Pour une paroi plane unique :

  1. Résistance thermique : $R_{th} = \frac{e}{\lambda \cdot S}$ (en K/W).
  2. Flux thermique : $\Phi = \frac{\Delta T}{R_{th}}$ (en W), avec $\Delta T = T_{\text{chaud}} - T_{\text{froid}}$ (toujours positif).
  3. Énergie perdue sur une durée $\Delta t$ : $Q = \Phi \times \Delta t$ (en J). Attention : $\Delta t$ en secondes.

Pour des couches superposées (paroi composite) :

  • On calcule chaque $R_{th,i}$ avec la même surface $S$.
  • On les additionne : $R_{\text{tot}} = \sum R_{th,i}$.
  • On applique $\Phi = \frac{\Delta T}{R_{\text{tot}}}$.

Méthode pas à pas

  1. Repérer les couches : pour chaque couche, identifier $\lambda_i$, $e_i$, et la surface commune $S$.
  2. Calculer chaque résistance : $R_{th,i} = \frac{e_i}{\lambda_i \cdot S}$.
  3. Additionner les résistances pour obtenir $R_{\text{tot}}$.
  4. Appliquer la formule du flux : $\Phi = \frac{\Delta T}{R_{\text{tot}}}$.
  5. Convertir en énergie si demandé : $Q = \Phi \times \Delta t$, avec $\Delta t$ en secondes. Pour passer en kWh, diviser par $3{,}6 \times 10^6$.

À toi de jouer

1. Un mur en béton ($\lambda = 1{,}0$ W·m-1·K-1, $e = 0{,}20$ m, $S = 10$ m²) sépare un intérieur à $20$ °C d'un extérieur à $0$ °C.
1. Calcule sa résistance thermique : $R_{th} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \cdot \underline{\hspace{1.1em}}} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \times \underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ K/W.
2. Déduis le flux : $\Phi = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ W.
3. Calcule l'énergie perdue en 6 heures : $\Delta t = 6 \times 3\,600 = \underline{\hspace{1.1em}}$ s, donc $Q = \underline{\hspace{1.1em}} \times \underline{\hspace{1.1em}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ J, soit $\frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{3{,}6 \times 10^6} = \underline{\hspace{1.1em}}$ kWh.
Corrigé
1. $R_{th} = \frac{0{,}20}{1{,}0 \times 10} = 0{,}020$ K/W.
2. $\Phi = \frac{20}{0{,}020} = 1\,000$ W (1,0 kW).
3. $\Delta t = 21\,600$ s ; $Q = 1\,000 \times 21\,600 = 2{,}16 \times 10^7$ J = 6,0 kWh.
2. On ajoute une couche de laine de verre ($\lambda_2 = 0{,}040$ W·m-1·K-1, $e_2 = 0{,}10$ m) sur le mur précédent. Même surface $S = 10$ m², mêmes températures extrêmes.
1. Calcule $R_{th,2}$ : $R_{th,2} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \cdot \underline{\hspace{1.1em}}} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \times \underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ K/W.
2. $R_{\text{tot}} = \underline{\hspace{1.1em}} + \underline{\hspace{1.1em}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ K/W.
3. Nouveau flux : $\Phi' = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ W.
4. Facteur de réduction : $\frac{\Phi}{\Phi'} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} \approx \underline{\hspace{1.1em}}$.
Corrigé
1. $R_{th,2} = \frac{0{,}10}{0{,}040 \times 10} = 0{,}25$ K/W.
2. $R_{\text{tot}} = 0{,}020 + 0{,}25 = 0{,}270$ K/W.
3. $\Phi' = \frac{20}{0{,}270} \approx 74$ W.
4. $\frac{1\,000}{74} \approx 13{,}5$ (le flux est divisé par 13,5).
3. Un radiateur électrique a une puissance de 1 500 W. Il fonctionne 3 heures par jour. Calcule l'énergie qu'il consomme en une journée, en joules puis en kWh. On rappelle que $1$ kWh $= 3{,}6 \times 10^6$ J.
Complète : $\Delta t = 3 \times \underline{\hspace{1.1em}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ s. $Q = \underline{\hspace{1.1em}} \times \underline{\hspace{1.1em}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ J = $\frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ kWh.
Corrigé
$\Delta t = 3 \times 3\,600 = 10\,800$ s. $Q = 1\,500 \times 10\,800 = 1{,}62 \times 10^7$ J = $\frac{1{,}62 \times 10^7}{3{,}6 \times 10^6} = 4{,}5$ kWh.

On répète le même calcul cinq fois pour que ça devienne un réflexe. Tu vas voir, à la fin, calculer une résistance thermique et un flux, c'est comme faire une addition.

À toi de jouer

1. Un mur en béton : $\lambda = 1{,}0$ W·m-1·K-1, $e = 0{,}20$ m, $S = 8$ m², $\Delta T = 15$ K.
Calcule $R_{th}$ puis $\Phi$ en suivant : $R_{th} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \cdot \underline{\hspace{1.1em}}} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \times \underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ K/W. $\Phi = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ W.
Corrigé
$R_{th} = \frac{0{,}20}{1{,}0 \times 8} = 0{,}025$ K/W. $\Phi = \frac{15}{0{,}025} = 600$ W.
2. Un mur en béton : $\lambda = 1{,}0$ W·m-1·K-1, $e = 0{,}25$ m, $S = 12$ m², $\Delta T = 18$ K.
Calcule $R_{th}$ puis $\Phi$ : $R_{th} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \cdot \underline{\hspace{1.1em}}} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \times \underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ K/W. $\Phi = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ W.
Corrigé

On applique la formule de la résistance thermique de conduction :

$R_{th} = \dfrac{e}{\lambda \cdot S} = \dfrac{0{,}25}{1{,}0 \times 12} = \dfrac{0{,}25}{12} \approx 0{,}0208$ K/W

Pour le flux thermique, afin d'éviter une erreur d'arrondi, on part de l'expression exacte plutôt que de la valeur arrondie de $R_{th}$ :

$\Phi = \dfrac{\Delta T}{R_{th}} = \dfrac{\Delta T \cdot \lambda \cdot S}{e} = \dfrac{18 \times 1{,}0 \times 12}{0{,}25} = \dfrac{216}{0{,}25} = \mathbf{864}$ W

Attention : si tu calcules $\Phi = 18 / 0{,}0208$, tu obtiens $\approx 865$ W à cause de l'arrondi intermédiaire. La valeur exacte est 864 W. En physique, il est conseillé de ne substituer les valeurs arrondies qu'au dernier calcul, ou de conserver la fraction exacte $R_{th} = 0{,}25/12$ dans l'étape suivante.

3. Une plaque de laine de verre : $\lambda = 0{,}040$ W·m-1·K-1, $e = 0{,}10$ m, $S = 5$ m², $\Delta T = 20$ K.
$R_{th} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \cdot \underline{\hspace{1.1em}}} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \times \underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ K/W. $\Phi = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ W.
Corrigé
$R_{th} = \frac{0{,}10}{0{,}040 \times 5} = 0{,}50$ K/W. $\Phi = \frac{20}{0{,}50} = 40$ W.
4. Une plaque de laine de verre : $\lambda = 0{,}040$ W·m-1·K-1, $e = 0{,}15$ m, $S = 6$ m², $\Delta T = 25$ K.
$R_{th} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \cdot \underline{\hspace{1.1em}}} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \times \underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ K/W. $\Phi = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ W.
Corrigé
$R_{th} = \frac{0{,}15}{0{,}040 \times 6} = 0{,}625$ K/W. $\Phi = \frac{25}{0{,}625} = 40$ W.
5. Une plaque de mousse polyuréthane : $\lambda = 0{,}025$ W·m-1·K-1, $e = 0{,}08$ m, $S = 4$ m², $\Delta T = 30$ K.
$R_{th} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \cdot \underline{\hspace{1.1em}}} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}} \times \underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ K/W. $\Phi = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} = \underline{\hspace{1.1em}}$ W.
Corrigé
$R_{th} = \frac{0{,}08}{0{,}025 \times 4} = 0{,}80$ K/W. $\Phi = \frac{30}{0{,}80} = 37{,}5$ W.

Maintenant, on passe aux exercices type contrôle. Tu vas devoir analyser des situations, comparer des isolants, et calculer des coûts. C'est le moment de montrer que tu maîtrises.

À toi de jouer

1. Les murs d'un logement ont une surface totale $S = 40$ m². Ils sont composés d'une couche de béton ($\lambda_1 = 1{,}0$ W·m-1·K-1, $e_1 = 0{,}20$ m) et d'une couche de laine de verre ($\lambda_2 = 0{,}040$ W·m-1·K-1, $e_2 = 0{,}10$ m). Température intérieure : $19$ °C ; température extérieure : $-1$ °C.
1. Calcule $R_{th,1}$, $R_{th,2}$ et $R_{\text{tot}}$.
2. Calcule le flux thermique $\Phi$ perdu par les murs.
3. Calcule l'énergie $Q$ perdue en 24 h, en joules puis en kWh.
4. À 0,18 €/kWh, quel est le coût journalier de ces pertes thermiques ?
Corrigé
1. $R_{th,1} = \frac{0{,}20}{1{,}0 \times 40} = 0{,}0050$ K/W ; $R_{th,2} = \frac{0{,}10}{0{,}040 \times 40} = 0{,}0625$ K/W ; $R_{\text{tot}} = 0{,}0050 + 0{,}0625 = 0{,}0675$ K/W.
2. $\Delta T = 19 - (-1) = 20$ K. $\Phi = \frac{20}{0{,}0675} \approx 296$ W.
3. $\Delta t = 24 \times 3\,600 = 86\,400$ s. $Q = 296 \times 86\,400 \approx 2{,}56 \times 10^7$ J. En kWh : $\frac{2{,}56 \times 10^7}{3{,}6 \times 10^6} \approx 7{,}1$ kWh.
4. Coût = $7{,}1 \times 0{,}18 \approx 1{,}28$ €.
2. On veut isoler une façade de surface $S = 20$ m² soumise à $\Delta T = 25$ K, avec un flux maximal admissible $\Phi_{\text{max}} = 50$ W. Deux isolants sont disponibles : laine de verre ($\lambda_A = 0{,}040$ W·m-1·K-1) et mousse de polyuréthane ($\lambda_B = 0{,}025$ W·m-1·K-1). On néglige la résistance de la paroi support.
1. Montre que la résistance thermique minimale à atteindre est $R_{\text{min}} = 0{,}50$ K/W.
2. Calcule l'épaisseur minimale $e_A$ de laine de verre requise.
3. Calcule l'épaisseur minimale $e_B$ de mousse de polyuréthane requise.
4. Compare les deux résultats et conclus sur la compacité de chaque isolant.
Corrigé
1. $\Phi = \frac{\Delta T}{R_{th}} \Rightarrow R_{\text{min}} = \frac{\Delta T}{\Phi_{\text{max}}} = \frac{25}{50} = 0{,}50$ K/W.
2. $R_{th} = \frac{e}{\lambda \cdot S} \Rightarrow e_A = R_{\text{min}} \cdot \lambda_A \cdot S = 0{,}50 \times 0{,}040 \times 20 = 0{,}40$ m.
3. $e_B = 0{,}50 \times 0{,}025 \times 20 = 0{,}25$ m.
4. La mousse de polyuréthane nécessite une épaisseur plus faible (0,25 m contre 0,40 m) pour la même performance : elle est plus compacte, donc plus intéressante si l'espace est limité.
3. Une paroi est constituée de trois couches : béton ($\lambda_1 = 1{,}0$, $e_1 = 0{,}15$ m), polystyrène ($\lambda_2 = 0{,}035$, $e_2 = 0{,}08$ m) et plâtre ($\lambda_3 = 0{,}25$, $e_3 = 0{,}02$ m). Surface $S = 15$ m², $\Delta T = 22$ K.
1. Calcule chaque résistance thermique.
2. Déduis $R_{\text{tot}}$ et le flux $\Phi$.
3. Calcule l'énergie perdue en 12 heures, en kWh.
Corrigé

1. Résistances thermiques de chaque couche

La formule est $R_{th} = \dfrac{e}{\lambda \cdot S}$.

$R_{th,1} = \dfrac{0{,}15}{1{,}0 \times 15} = 0{,}010$ K/W

$R_{th,2} = \dfrac{0{,}08}{0{,}035 \times 15} = \dfrac{0{,}08}{0{,}525} \approx 0{,}1524$ K/W

$R_{th,3} = \dfrac{0{,}02}{0{,}25 \times 15} = \dfrac{0{,}02}{3{,}75} \approx 5{,}33 \times 10^{-3}$ K/W

2. Résistance totale et flux thermique

Les couches étant en série : $R_{\text{tot}} = R_{th,1} + R_{th,2} + R_{th,3}$.

$R_{\text{tot}} = 0{,}010 + 0{,}1524 + 0{,}00533 \approx 0{,}1677$ K/W $\approx 0{,}168$ K/W

Remarque : arrondir trop tôt les résistances intermédiaires fait dériver la somme vers 0,167 K/W au lieu de 0,168 K/W ; il faut conserver au moins quatre chiffres significatifs avant de sommer.

$\Phi = \dfrac{\Delta T}{R_{\text{tot}}} = \dfrac{22}{0{,}1677} \approx 131$ W

3. Énergie perdue en 12 heures

$\Delta t = 12 \times 3\,600 = 43\,200$ s

$Q = \Phi \times \Delta t = 131 \times 43\,200 \approx 5{,}66 \times 10^6$ J

Conversion en kWh : $Q = \dfrac{5{,}66 \times 10^6}{3{,}6 \times 10^6} \approx 1{,}57$ kWh

4. Un double vitrage est composé de deux vitres ($\lambda_v = 1{,}0$ W·m-1·K-1, $e_v = 0{,}004$ m chacune) séparées par une lame d'air ($\lambda_a = 0{,}025$ W·m-1·K-1, $e_a = 0{,}012$ m). Surface $S = 2$ m². L'intérieur est à $20$ °C, l'extérieur à $5$ °C.
1. Calcule la résistance totale de ce double vitrage.
2. Calcule le flux thermique à travers la vitre.
3. Compare avec un simple vitrage de même épaisseur totale ($e = 0{,}020$ m) : quel est le facteur d'amélioration ?
Corrigé
1. $R_{th,v} = \frac{0{,}004}{1{,}0 \times 2} = 0{,}0020$ K/W (chaque vitre). $R_{th,a} = \frac{0{,}012}{0{,}025 \times 2} = 0{,}24$ K/W. $R_{\text{tot}} = 2 \times 0{,}0020 + 0{,}24 = 0{,}244$ K/W.
2. $\Delta T = 20 - 5 = 15$ K. $\Phi = \frac{15}{0{,}244} \approx 61{,}5$ W.
3. Simple vitrage : $R_{th,\text{simple}} = \frac{0{,}020}{1{,}0 \times 2} = 0{,}010$ K/W. $\Phi_{\text{simple}} = \frac{15}{0{,}010} = 1\,500$ W. Facteur = $\frac{1\,500}{61{,}5} \approx 24{,}4$ : le double vitrage divise le flux par 24.

Tu veux voir plus loin ? On va modéliser un transfert thermique avec une résistance qui dépend de la température, et réfléchir à l'optimisation d'un isolant multicouche. C'est un avant-goût des études d'ingénieur ou de physique.

À toi de jouer

1. Dans une paroi, la conductivité thermique $\lambda$ peut varier avec la température selon $\lambda(T) = \lambda_0 (1 + a \cdot T)$, où $T$ est en °C. Pour un isolant, $\lambda_0 = 0{,}040$ W·m-1·K-1 et $a = 0{,}002$ °C-1. La paroi a $e = 0{,}10$ m, $S = 10$ m², et la température chaude est $T_c = 30$ °C, la froide $T_f = 0$ °C.
1. En supposant que $\lambda$ est constante et égale à sa valeur à la température moyenne $T_m = (T_c + T_f)/2$, calcule $R_{th}$ et $\Phi$.
2. On veut affiner le modèle en intégrant la variation de $\lambda$. Montre que la résistance thermique s'écrit alors $R_{th} = \frac{e}{S \cdot \lambda_0} \cdot \frac{\ln(1 + a \cdot T_c) - \ln(1 + a \cdot T_f)}{a \cdot (T_c - T_f)}$.
3. Calcule cette résistance corrigée et le flux correspondant. Compare avec le résultat de la question 1. Conclus sur l'importance de prendre en compte la variation de $\lambda$.
Corrigé

Question 1

$T_m = \dfrac{T_c + T_f}{2} = \dfrac{30 + 0}{2} = 15\,\text{°C}$

$\lambda(T_m) = 0{,}040 \times (1 + 0{,}002 \times 15) = 0{,}040 \times 1{,}03 = 0{,}0412\,\text{W·m}^{-1}\text{·K}^{-1}$

$R_{th} = \dfrac{e}{\lambda(T_m)\cdot S} = \dfrac{0{,}10}{0{,}0412 \times 10} \approx 0{,}243\,\text{K/W}$

$\Phi = \dfrac{T_c - T_f}{R_{th}} = \dfrac{30}{0{,}243} \approx 123\,\text{W}$


Question 2 — Dérivation rigoureuse

En régime permanent pour une paroi plane, le flux $\Phi$ est constant en tout point de la paroi. La loi de Fourier locale s'écrit :

$\Phi = -\lambda(T)\,S\,\dfrac{dT}{dx} = -\lambda_0(1+aT)\,S\,\dfrac{dT}{dx}$

On sépare les variables :

$\Phi\,dx = -\lambda_0(1+aT)\,S\,dT$

On intègre de $x = 0$ (où $T = T_c$) à $x = e$ (où $T = T_f$) :

$\Phi \cdot e = -\lambda_0 S\int_{T_c}^{T_f}(1+aT)\,dT = \lambda_0 S\int_{T_f}^{T_c}(1+aT)\,dT$

$= \lambda_0 S\left[T + \dfrac{a}{2}T^2\right]_{T_f}^{T_c} = \lambda_0 S\left[(T_c - T_f) + \dfrac{a}{2}(T_c^2 - T_f^2)\right]$

En factorisant $(T_c - T_f)$ :

$\Phi \cdot e = \lambda_0 S\,(T_c - T_f)\left[1 + \dfrac{a(T_c + T_f)}{2}\right]$

La résistance thermique est donc :

$R_{th} = \dfrac{T_c - T_f}{\Phi} = \dfrac{e}{\lambda_0\,S\!\left[1 + \dfrac{a(T_c + T_f)}{2}\right]}$

Remarque importante : la formule logarithmique proposée dans l'énoncé ne découle pas de cette intégration. L'intégration directe de la loi de Fourier avec $\lambda(T) = \lambda_0(1+aT)$ donne une expression polynomiale faisant intervenir la moyenne arithmétique de $\lambda$ sur $[T_f, T_c]$, soit $\bar{\lambda} = \lambda_0\!\left[1+\tfrac{a(T_c+T_f)}{2}\right]$. La formule à logarithmes correspond à la moyenne logarithmique de $\lambda(T_c)$ et $\lambda(T_f)$, notion qui apparaît naturellement en géométrie cylindrique (paroi tubulaire) mais pas pour une paroi plane. Les deux expressions sont numériquement très proches car elles coïncident au premier ordre en $a\,\Delta T$, mais elles ne sont pas mathématiquement équivalentes.


Question 3

En appliquant la formule rigoureuse établie en question 2 :

$R_{th,\text{corr}} = \dfrac{e}{\lambda_0\,S\!\left[1 + \dfrac{a(T_c+T_f)}{2}\right]} = \dfrac{0{,}10}{0{,}040 \times 10 \times \left(1 + \dfrac{0{,}002 \times 30}{2}\right)} = \dfrac{0{,}10}{0{,}40 \times 1{,}03} = \dfrac{0{,}10}{0{,}412} \approx 0{,}243\,\text{K/W}$

$\Phi_\text{corr} = \dfrac{30}{0{,}243} \approx 123\,\text{W}$

Comparaison : on retrouve exactement le résultat de la question 1. Ce n'est pas une coïncidence : pour une fonction $\lambda(T)$ linéaire, la valeur en $T_m = (T_c+T_f)/2$ est rigoureusement égale à la moyenne de $\lambda$ sur l'intervalle $[T_f, T_c]$ — c'est une propriété des fonctions affines. L'évaluation à la température moyenne n'est donc pas une approximation ici : c'est le résultat exact.

Conclusion : pour une variation linéaire de $\lambda$, l'approximation à $T_m$ est rigoureusement exacte et aucune correction n'est nécessaire. C'est uniquement lorsque $\lambda(T)$ présente une dépendance non linéaire — quadratique, exponentielle, etc. — que l'intégration rigoureuse devient indispensable et modifie le résultat de façon significative.

2. Un ingénieur doit concevoir l'isolation d'un four industriel. La paroi est soumise à $\Delta T = 500$ K, et le flux ne doit pas dépasser $200$ W/m² (donc pour $S = 1$ m², $\Phi_{\max} = 200$ W). Il dispose de trois matériaux : brique réfractaire ($\lambda_1 = 1{,}2$, résiste jusqu'à $1\,200$ °C), laine de roche ($\lambda_2 = 0{,}040$, max $600$ °C), et panneau isolant ($\lambda_3 = 0{,}015$, max $200$ °C).
1. Propose une structure multicouche (ordre, épaisseurs) qui respecte les contraintes thermiques et de température maximale de chaque matériau.
2. Calcule les résistances et vérifie que le flux total est inférieur à $200$ W.
3. Discute les compromis entre performance, coût et compacité.
Corrigé

Point liminaire — choix des températures absolues.
Le panneau isolant est limité à $200$ °C : sa face froide (côté extérieur) se trouve à $T_\text{froid}$, et sa face chaude (interface laine de roche / panneau) doit également rester en dessous de cette limite. Or $T_\text{froid} = T_\text{chaud} - \Delta T = T_\text{chaud} - 500$ K. La condition minimale pour que le panneau soit utilisable est donc $T_\text{froid} < 200$ °C, soit $T_\text{chaud} < 700$ °C. Un choix $T_\text{chaud} = 800$ °C entraîne $T_\text{froid} = 300$ °C $> 200$ °C : le panneau serait en surchauffe dès sa face froide, ce qui invalide la conception. On choisit ici $T_\text{chaud} = 600$ °C et $T_\text{froid} = 100$ °C ($\Delta T = 500$ K respecté).

1. Structure multicouche proposée (de la face chaude vers la face froide)
— Brique réfractaire ($\lambda_1 = 1{,}2$ W/(m·K), max $1\,200$ °C) : $e_1 = 0{,}10$ m, au contact direct du four.
— Laine de roche ($\lambda_2 = 0{,}040$ W/(m·K), max $600$ °C) : $e_2 = 0{,}20$ m, couche principale d'isolation.
— Panneau isolant ($\lambda_3 = 0{,}015$ W/(m·K), max $200$ °C) : $e_3 = 0{,}015$ m, côté extérieur.
Cette disposition place chaque matériau dans la zone de la paroi où la température est compatible avec sa limite de service.

2. Calcul des résistances thermiques et vérification du flux ($S = 1$ m²)
$R_1 = \dfrac{e_1}{\lambda_1 \cdot S} = \dfrac{0{,}10}{1{,}2} \approx 0{,}083$ K/W

$R_2 = \dfrac{e_2}{\lambda_2 \cdot S} = \dfrac{0{,}20}{0{,}040} = 5{,}0$ K/W

$R_3 = \dfrac{e_3}{\lambda_3 \cdot S} = \dfrac{0{,}015}{0{,}015} = 1{,}0$ K/W

$R_\text{tot} = R_1 + R_2 + R_3 \approx 0{,}083 + 5{,}0 + 1{,}0 = 6{,}08$ K/W

$\Phi = \dfrac{\Delta T}{R_\text{tot}} = \dfrac{500}{6{,}08} \approx 82$ W $< 200$ W $\checkmark$

Vérification des températures aux interfaces :
$\Delta T_1 = \Phi \cdot R_1 \approx 82 \times 0{,}083 \approx 6{,}8$ K
$\Rightarrow T_\text{brique/laine} = 600 - 6{,}8 \approx 593$ °C $\leq 600$ °C $\checkmark$ (limite de la laine de roche respectée)

$\Delta T_2 = \Phi \cdot R_2 \approx 82 \times 5{,}0 = 410$ K
$\Rightarrow T_\text{laine/panneau} = 593 - 410 \approx 183$ °C $\leq 200$ °C $\checkmark$ (limite du panneau isolant respectée)

$\Delta T_3 = \Phi \cdot R_3 \approx 82 \times 1{,}0 = 82$ K
$\Rightarrow T_\text{froid} = 183 - 82 \approx 101$ °C $\approx 100$ °C $\checkmark$ (cohérent avec la température extérieure choisie)

Toutes les contraintes de sécurité et de flux sont respectées.

3. Compromis performance / coût / compacité
La laine de roche ($e_2 = 0{,}20$ m) assure environ $82\,\%$ de la résistance totale : c'est le cœur isolant de la paroi. La brique ($\lambda_1 = 1{,}2$ W/(m·K), assez conductrice) contribue peu à l'isolation mais est indispensable pour sa résistance mécanique et sa tenue à haute température face au four. Le panneau isolant, très performant thermiquement, ajoute $16\,\%$ de résistance avec seulement $1{,}5$ cm d'épaisseur — au prix d'un coût plus élevé et d'une fragilité accrue. Pour réduire l'épaisseur totale de la paroi (ici $0{,}315$ m), on peut épaissir le panneau isolant en amincissant la laine de roche. À l'inverse, si le budget est contraint, on peut allonger la couche de laine de roche et se passer du panneau, à condition que la température de la face froide reste inférieure à la limite de service de la laine de roche.

3. En imagerie médicale, la caméra à scintillation détecte des rayons gamma. Le détecteur doit être refroidi pour limiter le bruit thermique. On modélise le doigt refroidisseur comme une paroi de cuivre ($\lambda = 400$ W·m-1·K-1, $e = 0{,}05$ m, $S = 0{,}001$ m²) reliant le détecteur (à $T_d = -10$ °C) à un réservoir d'azote liquide (à $T_a = -196$ °C).
1. Calcule la résistance thermique de ce doigt.
2. Calcule le flux thermique extrait.
3. Si le détecteur dissipe $0{,}5$ W, ce refroidissement est-il suffisant ?
Corrigé
1. $R_{th} = \frac{0{,}05}{400 \times 0{,}001} = 0{,}125$ K/W.
2. $\Delta T = -10 - (-196) = 186$ K. $\Phi = \frac{186}{0{,}125} = 1\,488$ W.
3. Oui, largement suffisant car le flux extrait ($1\,488$ W) est bien supérieur aux $0{,}5$ W dissipés.
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