Pas de panique. Tu n'as jamais étudié la non-conservation de l'énergie mécanique en cours, mais ton contrôle arrive. On va repartir de ce que tu as vu en 1ère et construire le nouveau morceau juste-à-temps. Dans 20 minutes, tu sauras calculer une vitesse avec frottements.
L'énergie mécanique d'un système est la somme de son énergie cinétique et de son énergie potentielle de pesanteur :
$$E_m = E_c + E_{pp} = \frac{1}{2}mv^2 + mgz$$
En 1ère, tu as vu que lorsque seules des forces conservatives travaillent (le poids, la force de rappel d'un ressort), l'énergie mécanique reste constante : on dit qu'elle se conserve. Cela te permettait de trouver une vitesse ou une hauteur en écrivant $E_{m,\text{final}} = E_{m,\text{initial}}$.
Les forces de frottement (air, neige, route…) ne sont pas conservatives. Leur travail $W_f$ vient diminuer l'énergie mécanique. Le théorème de l'énergie mécanique s'écrit alors :
$$\Delta E_m = E_{m,B} - E_{m,A} = \sum W_{nc}$$
où $\sum W_{nc}$ est la somme des travaux des forces non conservatives. Le plus souvent, la seule force non conservative est un frottement constant $f$ opposé au déplacement :
$$W_f = - f \times d \qquad (f > 0,\; d > 0)$$
L'énergie perdue est dissipée en chaleur : $E_{\text{diss}} = -\Delta E_m \geq 0$.
Ah oui, ça revient ! Voyons maintenant la méthode complète pour appliquer le théorème de l'énergie mécanique, du choix des états jusqu'à la résolution. On s'entraîne avec des exercices guidés.
Maintenant, on répète le même geste mécanique pour que ça devienne réflexe. Cinq situations quasi identiques, tu vas voir, tu vas finir par le faire les yeux fermés.
C'est l'heure du vrai contrôle. Plus de trous, mais tu as maintenant tous les outils. On traite des problèmes complets : surface horizontale, plan incliné, pendule et distance de freinage. Chaque étape doit être justifiée, comme le jour J.
a) On convertit la vitesse en m/s :
$v = \dfrac{90}{3{,}6} = 25$ m/s
b) La route est horizontale, donc l'altitude ne change pas : $\Delta E_{pp} = 0$, et par suite $\Delta E_m = \Delta E_c$.
La voiture passe de la vitesse $v$ à l'arrêt, donc :
$\Delta E_m = 0 - \dfrac{1}{2}mv^2 = -\dfrac{1}{2}mv^2$
D'après le théorème de l'énergie mécanique, $\Delta E_m = W_f$ où $W_f$ est le travail de la force de frottement.
La force $f$ est constante et opposée au déplacement, donc $W_f = -f \times d$.
On obtient ainsi l'expression de la variation d'énergie mécanique en fonction de $d$ :
$$\Delta E_m = -f \times d$$
c) On applique le résultat de la question b) avec les valeurs numériques :
$-\dfrac{1}{2}mv^2 = -f \times d$
$d = \dfrac{mv^2}{2f} = \dfrac{1\,000 \times 25^2}{2 \times 5\,000} = \dfrac{625\,000}{10\,000}$
$$\boxed{d = 62{,}5 \text{ m}}$$
d) On convertit la nouvelle vitesse : $v' = \dfrac{180}{3{,}6} = 50$ m/s.
On applique le même raisonnement :
$d' = \dfrac{mv'^2}{2f} = \dfrac{1\,000 \times 50^2}{2 \times 5\,000} = \dfrac{2\,500\,000}{10\,000}$
$$\boxed{d' = 250 \text{ m}}$$
Le rapport $\dfrac{d'}{d} = \dfrac{250}{62{,}5} = 4$ : lorsque la vitesse est doublée, la distance de freinage est multipliée par 4.
Cela s'explique par le fait que l'énergie cinétique est proportionnelle à $v^2$ ; doubler $v$ quadruple $E_c$, et donc quadruple la distance nécessaire pour dissiper cette énergie.
Conclusion pour la sécurité routière : une faible augmentation de vitesse entraîne une augmentation très importante de la distance de freinage. Respecter les limitations de vitesse est donc essentiel pour réduire le risque de collision.
Tu maîtrises la base ? Alors explorons deux situations qui te préparent à la physique de l'an prochain : quand la vitesse reste constante malgré les frottements, et quand le frottement dépend de la vitesse.
a) $v_{\text{moy}} = v_0/2 = 2{,}0$ m/s, donc $f \approx 0{,}10 \times 2{,}0 = 0{,}20$ N.
b) Le théorème de l'énergie mécanique donne $\Delta E_m = W_f$ :
$0 - \tfrac{1}{2}mv_0^2 = -f \times d$
$-\tfrac{1}{2} \times 0{,}050 \times 4{,}0^2 = -0{,}20 \times d$
$-0{,}40 = -0{,}20 \times d \quad \Rightarrow \quad d = 2{,}0$ m.
c) Avec un frottement constant égal à la valeur initiale $f_0 = kv_0 = 0{,}10 \times 4{,}0 = 0{,}40$ N, on aurait :
$d_0 = \dfrac{\tfrac{1}{2}mv_0^2}{f_0} = \dfrac{0{,}40}{0{,}40} = 1{,}0$ m.
La distance est deux fois plus grande dans le modèle à frottement variable, ce qui se comprend bien : quand la bille ralentit, la force de frottement diminue elle aussi, donc elle dissipe l'énergie moins vite et la bille va plus loin.
Point important — correction de la conclusion : contrairement à ce qu'on pourrait croire, le modèle simplifié ne donne pas une borne inférieure de la distance réelle. L'équation exacte du mouvement s'écrit $m\,v\,\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}x} = -kv$, soit, en simplifiant par $v$ (non nul) : $m\,\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}x} = -k$. La vitesse décroît donc linéairement avec la position, ce qui signifie que la vitesse moyenne sur le trajet est exactement $v_0/2$. Notre hypothèse simplificatrice est ainsi parfaitement vérifiée, et le résultat $d = mv_0/k = 2{,}0$ m est exact. L'an prochain, en résolvant l'équation différentielle $m\,\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = -kv$, tu retrouveras cette même valeur limite : la bille n'atteint jamais l'arrêt en un temps fini, mais la distance totale parcourue converge bien vers $\dfrac{mv_0}{k} = \dfrac{0{,}050 \times 4{,}0}{0{,}10} = 2{,}0$ m.
Fiche gratuite créée par Vidyalaya, association d'éducation populaire — soutien scolaire, FLE & DELF, libre et gratuit pour tous.
Tu bloques encore ? Écris-nous, on t'aide gratuitement : contact@vidyalaya.fr.
Fiche librement réutilisable sous licence CC BY-SA 4.0 — copiez, imprimez, adaptez, en citant Vidyalaya et en conservant la même licence.