Comparaison et métaphore : la différence en un seul test
Entre comparaison et métaphore, la différence tient à un mot-outil, écrit dans la première et absent de la seconde.
Distinguer comparaison et métaphore : le test du mot-outil
La comparaison et la métaphore rapprochent deux éléments qui ont un point commun. La comparaison le fait avec un mot-outil (comme, tel, pareil à, ressembler à) : « Il est fort comme un lion ». La métaphore supprime ce mot-outil : « Cet homme est un lion ». Sans outil de comparaison, c'est une métaphore.
Les pages qui répondent à cette recherche donnent en général deux définitions l'une après l'autre, chacune avec son exemple. Une définition ne dit pas par où commencer devant une phrase d'exercice. Nous proposons donc une procédure, la même pour toutes les phrases :
- repérer l'image, c'est-à-dire deux réalités de nature différente rapprochées dans la phrase (un homme et un lion, une cour et une ruche) ;
- poser la question du test : y a-t-il un mot-outil entre les deux ?
- conclure : avec un outil, c'est une comparaison, et sans outil, c'est une métaphore ;
- nommer ensuite le comparé, le comparant et le point commun.
Le test a deux limites, traitées plus bas : un « comme » qui ne compare rien, et une comparaison qui ne contient aucune image.
Une précision sur les exemples : toutes les phrases de cette page ont été fabriquées par nous pour la démonstration, aucune ne vient d'un texte d'auteur.
À faire maintenant : prenez une phrase de votre exercice, entourez le mot-outil s'il y en a un, et décidez avant de lire la suite.
Les outils de comparaison autres que « comme »
« Comme » est l'outil le plus courant, mais la liste est plus longue. Un outil de comparaison peut être une conjonction, un adjectif, un verbe ou un comparatif. Sous ces formes moins attendues, une comparaison se fait facilement prendre pour une métaphore.
- Conjonctions et locutions : comme, comme si, ainsi que, de même que, tel que. « Il a traversé la cour comme si le sol brûlait. »
- Adjectifs : tel, pareil à, semblable à, comparable à. « Sa voix était pareille à un filet d'eau. »
- Verbes : ressembler à, sembler, avoir l'air de, faire penser à, on dirait. « À la récréation, la cour ressemble à une ruche. »
- Comparatifs : plus… que, moins… que, aussi… que. « Elle est partie plus vite que l'éclair. »
Deux outils demandent une attention particulière. « On dirait » ne ressemble pas à un mot-outil, et pourtant « on dirait une ruche » est une comparaison : le verbe y tient la place de « comme ». « Tel », employé seul, s'accorde le plus souvent avec le nom qui le suit, pas avec celui dont on parle : « Telle une flèche, le ballon a filé vers le but ».
Dans votre prochain texte, soulignez chaque outil qui n'est pas « comme ». La liste ci-dessus peut se recopier en marge du cahier.
Comparé, comparant, outil, point commun : le tableau côte à côte
Une fois la figure reconnue, il reste à nommer ses éléments. Le comparé est ce dont on parle, le comparant est l'image à laquelle on le rapproche. Le point commun est la qualité qui justifie ce rapprochement. Le tableau reprend la même image sous trois formes.
| Élément | Comparaison | Métaphore annoncée | Métaphore directe |
|---|---|---|---|
| Phrase | « Cet homme est fort comme un lion. » | « Cet homme est un lion. » | « Le lion a soulevé l'armoire tout seul. » |
| Comparé | cet homme | cet homme | absent, donné par le contexte |
| Comparant | un lion | un lion | le lion |
| Outil | comme | aucun | aucun |
| Point commun | la force, écrite avec « fort » | la force, à déduire | la force, à déduire |
De gauche à droite, la phrase donne de moins en moins d'informations. La comparaison écrit tout, y compris le point commun. La métaphore annoncée garde le comparé et le comparant, et laisse le lecteur trouver ce qui les relie. Dans la métaphore directe, que les manuels appellent aussi métaphore in absentia, il ne reste que l'image : seul le contexte indique qu'on parle d'un homme.
Le point commun peut aussi manquer dans une comparaison. « Cet homme est comme un lion » ne dit pas en quoi, et reste une comparaison parce que l'outil est écrit. C'est l'outil qui décide de la figure, pas le point commun.
Refaites ce tableau sur une phrase de votre cours : quatre lignes à remplir, et la case de l'outil reste vide si c'est une métaphore.
Les pièges : « comme » sans comparaison, comparaison sans image
Le premier piège vient de « comme », qui a d'autres emplois que la comparaison :
- la cause : « Comme il pleuvait, nous sommes restés dans la salle. » (puisque)
- le temps : « Comme j'entrais, la sonnerie a retenti. » (au moment où)
- la qualité : « Elle intervient comme bénévole. » (en tant que)
- la manière : « Fais comme tu veux. » (de la façon que)
Pour vérifier, remplacez « comme » par « pareil à » ou « semblable à ». La phrase garde son sens quand il s'agit d'une comparaison (« fort, pareil à un lion »). Dans les autres cas elle devient incompréhensible : « pareil à il pleuvait » ne veut rien dire.
Le second piège est l'inverse : un outil est écrit, mais il n'y a aucune image. Dans « il est grand comme son frère », les deux éléments appartiennent à la même réalité, deux garçons dont on mesure la taille. La grammaire y voit un comparatif d'égalité. La figure de style suppose deux réalités différentes, comme dans « il est grand comme un peuplier », où un garçon est rapproché d'un arbre.
Le mot « comparaison » a ce sens de mesure en mathématiques, où comparer revient à mesurer deux grandeurs l'une par rapport à l'autre. C'est le travail demandé dans notre exercice de 5e sur les fractions (égalité, simplification, comparaison), puis au lycée dans la fiche de 2nde sur la comparaison additive et multiplicative et l'exercice de 2nde qui l'accompagne. En français, on ne cherche pas lequel des deux est le plus grand, on cherche si la phrase fait voir une image.
Avant d'écrire « comparaison » sur une copie, faites donc les deux vérifications : la substitution par « pareil à », puis la présence d'une image.
Passer de la comparaison à la métaphore, et inversement
Réécrire une phrase dans les deux sens montre ce que chaque figure demande au lecteur. Pour passer de la comparaison à la métaphore, on retire l'outil, et le plus souvent le point commun avec lui :
- « La cour est bruyante comme une ruche. » devient « La cour est une ruche. »
- « Ce cartable est lourd comme une enclume. » devient « Ce cartable est une enclume. »
- « Ses mains étaient froides comme des glaçons. » devient « Il a posé ses glaçons sur mon bras. »
Le dernier exemple va jusqu'à la métaphore directe, puisque le comparé (les mains) a disparu de la phrase.
Dans l'autre sens, on retrouve le comparé, on ajoute un outil et on écrit le point commun :
- « Une pluie de questions est tombée sur le délégué. » devient « Les questions tombaient sur le délégué, serrées comme une pluie. »
- « La nouvelle a glacé la salle. » devient « À cette nouvelle, la salle est restée immobile, comme prise dans la glace. »
Ces deux phrases rappellent qu'une métaphore ne passe pas toujours par le verbe être. Elle peut se loger dans un complément du nom (« une pluie de questions »), dans un verbe (« glacer ») ou dans un adjectif (« un accueil glacial »). Le test reste le même : une image, et pas d'outil.
Quand l'image se prolonge sur plusieurs mots, on parle de métaphore filée : « La cour est une ruche. Les élèves bourdonnent autour des bancs, puis regagnent leurs alvéoles à la sonnerie. »
La réécriture fait aussi apparaître l'effet de chaque figure. Dans la comparaison, les deux réalités restent séparées et le rapprochement est expliqué. La métaphore les confond et demande au lecteur de trouver seul le point commun, ce qui la rend plus dense et parfois plus obscure.
Prenez une comparaison de votre texte, supprimez l'outil et le point commun, puis relisez. Si l'image tient encore, vous venez d'écrire une métaphore.
Les métaphores figées du français courant
Cette section s'adresse d'abord à ceux qui apprennent le français. Nous faisons du soutien scolaire et du français langue étrangère, et la même figure ne demande pas le même travail aux deux publics : un collégien doit la nommer, alors qu'un apprenant non francophone doit d'abord s'apercevoir qu'elle ne se lit pas mot à mot.
Le français de tous les jours contient beaucoup de métaphores que plus personne ne remarque. Comme elles n'ont pas d'outil, rien n'avertit qu'il y a une image :
- « il pleut des cordes » : il pleut très fort ;
- « c'est une tête de mule » : c'est une personne très têtue ;
- « avoir une faim de loup » : avoir très faim ;
- « dévorer un livre » : le lire vite et avec plaisir ;
- « avoir un cœur de pierre » : être insensible ;
- « le pied de la table », « les dents de la fourchette », « le bras du fauteuil » : des images si anciennes qu'elles sont devenues le nom ordinaire de la chose.
Plusieurs de ces métaphores ont une comparaison voisine, plus facile à comprendre parce que l'outil y est écrit. « Têtu comme une mule » éclaire « une tête de mule », et « rusé comme un renard » éclaire « c'est un vieux renard ». Ces images ne se traduisent pas mot à mot, et chaque langue a les siennes.
Le réflexe à prendre : quand une phrase est absurde au sens propre (personne ne voit tomber des cordes), supposez une image, cherchez le point commun, puis vérifiez le sens dans un dictionnaire. Notez l'expression avec son sens, pas avec sa traduction mot à mot.
S'entraîner avec nos fiches
Sur notre site, la fiche de 3e sur les figures de style (métaphore, comparaison, personnification) est rangée dans le programme de français, à la rubrique de préparation au brevet, avec l'exercice de 3e qui l'accompagne. Les deux se consultent en ligne et sont imprimables, comme le reste de la bibliothèque, qui compte plus de 1 100 fiches.
Vidyalaya est une association loi 1901, 100 % bénévole depuis février 2024. Les cours ont lieu en présentiel, 2 heures par semaine, à Paris dans le 10e et le 19e arrondissement. Le tarif associatif est précisé à l'inscription, et la page de contact sert à nous écrire.
Cette page a des limites. Elle ne cite aucun texte d'auteur et ne remplace pas l'étude des textes vus en classe. Le test du mot-outil dit de quelle figure il s'agit ; le commentaire de l'image reste à écrire avec vos mots, et nous ne promettons aucune note.
Ouvrez la fiche de 3e, puis passez à l'exercice en appliquant le test du mot-outil à chaque figure rencontrée.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une comparaison et une métaphore ?
La comparaison rapproche deux éléments à l'aide d'un mot-outil (comme, tel, pareil à, ressembler à). La métaphore fait le même rapprochement sans mot-outil. « Rapide comme l'éclair » est une comparaison, « cet enfant est un éclair » est une métaphore.
« Comme » annonce-t-il toujours une comparaison ?
Non. « Comme » peut exprimer la cause (« comme il pleuvait »), le temps (« comme j'entrais »), la qualité (« comme bénévole ») ou la manière (« comme tu veux »). S'il ne peut pas être remplacé par « pareil à », ce n'est pas une comparaison.
Qu'est-ce qu'une métaphore filée ?
C'est une métaphore qui se prolonge sur plusieurs mots ou plusieurs phrases en gardant la même image. Si la cour est « une ruche », les élèves « bourdonnent » et regagnent leurs « alvéoles ».
La personnification est-elle une métaphore ?
Elle en est proche. La personnification prête un comportement humain à une chose, un animal ou une idée : « Le vent frappe à la porte ». Elle passe le plus souvent par une métaphore, puisqu'il n'y a pas d'outil, et on la nomme à part parce que le comparant est un être humain. Notre fiche de 3e la traite avec la comparaison et la métaphore.
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