Mathématiques · 2nde

Implication, contraposée et types de raisonnement

Contrôle bientôt, et le prof a écrit « donne la contraposée » au tableau sans que tu saches ce que c'est ? Respire. Ce n'est pas un chapitre de plus à apprendre : c'est la grammaire commune à tous les autres. Quatre mots, un exemple, et tu récupères les points de rédaction que tout le monde perd.

Pourquoi tu n'as jamais eu ce chapitre

Le programme range « Vocabulaire ensembliste et logique » parmi les parties transversales : elles « ne donnent pas lieu à des séquences de cours spécifiques mais font cependant l'objet d'un enseignement explicite ». Autrement dit : ces mots-là ne tombent jamais dans un chapitre à eux. Ils arrivent en cours de route — au détour d'une équation, d'un calcul de déterminant, d'un exercice sur les entiers — puis on prend un moment pour les mettre au propre.

Cette fiche est ce moment-là. Tu n'y trouveras pas de nouvelle formule à retenir : uniquement des façons de rédiger qui servent dans tous les autres chapitres.

Les quatre mots à connaître

On part toujours d'une proposition : un énoncé mathématique qui est soit vrai, soit faux — pas les deux, jamais « ça dépend de l'humeur ».

Implication
$A \Rightarrow B$
« Si $A$ est vraie, alors $B$ est vraie. »
Réciproque
$B \Rightarrow A$
On échange les deux morceaux. C'est un autre énoncé.
Contraposée
$\text{non } B \Rightarrow \text{non } A$
On échange et on nie les deux morceaux.
Contre-exemple
un seul cas qui coince
Il suffit à démolir un énoncé annoncé pour tous les cas.
L'erreur qui coûte le plus cher

La contraposée de « si $A$ alors $B$ », c'est « si non $B$ alors non $A$ ». On échange les deux morceaux et on les nie.

« Si non $A$ alors non $B$ » n'est pas la contraposée : c'est un énoncé qui peut très bien être faux alors que le premier est vrai. Retiens le geste en deux temps : on retourne, puis on nie.

Un exemple, du début à la fin

L'énoncé de départ : « si $n$ est un multiple de $4$, alors $n$ est pair »

Étape 1 — il est vrai. Si $n$ est un multiple de $4$, on peut écrire $n = 4k$ avec $k$ entier, donc $n = 2 \times (2k)$ : c'est bien un multiple de $2$, donc un nombre pair.

Étape 2 — la contraposée. On retourne, puis on nie : « si $n$ n'est pas pair, alors $n$ n'est pas un multiple de $4$ ». Elle est vraie elle aussi — et elle le sera toujours, automatiquement, dès que l'énoncé de départ est vrai.

Étape 3 — la réciproque. On échange sans nier : « si $n$ est pair, alors $n$ est un multiple de $4$ ». Là, rien n'est automatique, et elle est fausse : prends $n = 6$. Il est pair, et pourtant $6$ n'est pas un multiple de $4$. Un seul cas a suffi.

Étape 4 — le piège. « Si $n$ n'est pas un multiple de $4$, alors $n$ n'est pas pair » : beaucoup l'écrivent en croyant donner la contraposée. C'est faux, et le même $n = 6$ le montre — $6$ n'est pas un multiple de $4$, et il est pourtant bien pair.

Ce qu'il faut retenir. À partir d'une implication vraie, une seule chose est offerte : sa contraposée. Tout le reste se démontre, ou se démolit avec un contre-exemple.

Les mots te reviennent : implication, réciproque, « donc », « si et seulement si »… On remet tout au propre, dans l'ordre : ce qu'est une proposition, comment on la nie, les trois façons de raisonner attendues en seconde, et les pièges où se perdent la moitié des copies.

Proposition, et les deux connecteurs

Une proposition est un énoncé qui a une valeur de vérité : vrai ou faux. « $3 + 4 = 7$ » est une proposition vraie ; « $5$ est un multiple de $3$ » est une proposition fausse ; « $x + 1$ » n'est pas une proposition, ce n'est qu'une expression.

On utilise des variables pour écrire des propositions qui parlent de plusieurs objets à la fois : « pour tout réel $x$, $x^2 \geqslant 0$ ». Sa vérité ne dépend plus d'un nombre particulier.

Deux connecteurs servent à assembler des propositions :

  • « $A$ et $B$ » est vraie quand les deux sont vraies en même temps. Exemple pour $x = 3$ : « $x \gt 0$ et $x \lt 10$ » est vraie.
  • « $A$ ou $B$ » est vraie quand au moins une des deux est vraie — y compris quand les deux le sont. Le « ou » des mathématiques n'oblige jamais à choisir : pour $x = 3$, « $x \gt 0$ ou $x \lt 10$ » est vraie, et les deux morceaux le sont.

Nier une proposition

La négation d'une proposition $A$, c'est la proposition qui est vraie exactement quand $A$ est fausse. On l'écrit « non $A$ ». En seconde, on nie des propositions simples : des égalités, des inégalités, des appartenances, et des assemblages avec « et » ou « ou ».

PropositionSa négation
$x = 3$$x \neq 3$
$x \gt 2$$x \leqslant 2$
$x \geqslant 0$$x \lt 0$
$x \in [0\,;\,1]$$x \notin [0\,;\,1]$
« $x \gt 0$ et $y \gt 0$ »« $x \leqslant 0$ ou $y \leqslant 0$ »
« $x = 1$ ou $x = 2$ »« $x \neq 1$ et $x \neq 2$ »
« tous les élèves ont la moyenne »« au moins un élève n'a pas la moyenne »
« il existe un réel dont le carré vaut $-1$ »« le carré de tout réel est différent de $-1$ »
Trois négations ratées sur quatre
  • la négation de $x \gt 2$ est $x \leqslant 2$, pas $x \lt 2$ : le cas $x = 2$ doit rester quelque part ;
  • nier un « et » donne un « ou », nier un « ou » donne un « et » — le connecteur change toujours ;
  • nier « tous » ne donne pas « aucun », mais « au moins un ne… pas ». Le contraire de « tous mes stylos écrivent » est « au moins un de mes stylos n'écrit pas », pas « aucun de mes stylos n'écrit ».

Implication, réciproque, contraposée

Implication. « $A \Rightarrow B$ » se lit « si $A$ alors $B$ », ou « $A$ entraîne $B$ ». Elle affirme une seule chose : on ne peut pas avoir $A$ vraie avec $B$ fausse. Attention, elle ne dit rien du cas où $A$ est fausse.

Réciproque. C'est « $B \Rightarrow A$ ». C'est une proposition différente : savoir que $A \Rightarrow B$ est vraie ne renseigne en rien sur elle. Si tu veux l'utiliser, tu dois la démontrer séparément — ou trouver un contre-exemple qui la démolit.

Contraposée. C'est « non $B \Rightarrow$ non $A$ ». Celle-là est offerte : une implication et sa contraposée sont toujours vraies ensemble, ou fausses ensemble. Démontrer l'une, c'est démontrer l'autre — et c'est parfois beaucoup plus facile dans un sens que dans l'autre.

Si A alors B l'énoncé de départ Si non B alors non A la CONTRAPOSÉE même vérité Si B alors A la RÉCIPROQUE Si non A alors non B PAS la contraposée même vérité aucun lien automatique entre les deux lignes ligne du haut vraie n'impose rien à la ligne du bas
Le tableau à ne pas mélanger

Pour l'énoncé « si $A$ alors $B$ » :

  • contraposée = « si non $B$ alors non $A$ » — même valeur de vérité que l'énoncé, toujours ;
  • réciproque = « si $B$ alors $A$ » — valeur de vérité indépendante, à traiter à part ;
  • « si non $A$ alors non $B$ » n'a pas de nom officiel en seconde, et surtout ce n'est pas la contraposée : c'est en fait la contraposée de la réciproque, et elle a donc exactement la même valeur de vérité que la réciproque.

Équivalence. « $A \Leftrightarrow B$ » se lit « $A$ si et seulement si $B$ ». Elle affirme deux implications d'un coup : $A \Rightarrow B$ et $B \Rightarrow A$. Pour la démontrer, on démontre donc les deux sens — sauf si chaque étape du calcul est elle-même une équivalence, et là on peut enchaîner.

Les trois façons de raisonner attendues en seconde

Méthode

1. Le contre-exemple — pour dire « c'est faux ». Face à un énoncé annoncé pour tous les cas, un seul cas qui le met en défaut suffit à le déclarer faux. On l'exhibe, on vérifie qu'il satisfait l'hypothèse, on vérifie qu'il rate la conclusion, et c'est plié.

2. La disjonction des cas. On découpe la situation en quelques cas qui couvrent tout, on démontre le résultat dans chacun, et on conclut. Le découpage classique sur les entiers : « $n$ est pair » ou « $n$ est impair ». Sur les réels : « $x \geqslant 0$ » ou « $x \lt 0$ ».

3. Le raisonnement par l'absurde. On garde les hypothèses, on suppose en plus que la conclusion est fausse, et on déroule jusqu'à une contradiction. Comme la situation supposée est impossible, la conclusion était vraie.

Les quatre pièges du chapitre
  • Contraposée. « non $B \Rightarrow$ non $A$ », jamais « non $A \Rightarrow$ non $B$ ».
  • Réciproque. Une implication vraie ne rend pas sa réciproque vraie. « Écrire donc dans les deux sens » n'est pas une démonstration.
  • Contre-exemple. Il réfute, il ne prouve jamais. Trois exemples qui marchent ne démontrent rien du tout ; ils suggèrent, au mieux, une conjecture.
  • Absurde. On suppose la négation de la conclusion, pas la négation de l'hypothèse. L'hypothèse, elle, reste en place pendant tout le raisonnement — c'est elle qui va fournir la contradiction.

On enfile le survêt et on rédige ensemble. Trois exemples entièrement traités, empruntés à trois chapitres différents : la géométrie repérée, les inégalités, les entiers. Tu suis chaque ligne — c'est exactement le geste qu'on te demandera de refaire.

Ex 1 — Retourner un énoncé de géométrie

Point de départ : un résultat du chapitre sur la colinéarité

L'énoncé. Soient $A$, $B$, $C$ trois points, avec $A \neq B$ et $A \neq C$. On part de : « si $A$, $B$, $C$ sont alignés, alors $\det(\vec{AB},\vec{AC}) = 0$ ».

La contraposée. On retourne, puis on nie : « si $\det(\vec{AB},\vec{AC}) \neq 0$, alors $A$, $B$, $C$ ne sont pas alignés ». Elle est vraie sans rien démontrer de plus — et c'est elle que tu utilises en contrôle : tu calcules un déterminant, tu trouves $-1$, tu conclus « non alignés ». Sans le mot, tu fais déjà de la contraposition depuis des semaines.

La réciproque. « Si $\det(\vec{AB},\vec{AC}) = 0$, alors $A$, $B$, $C$ sont alignés ». Attention : elle est vraie, mais pas parce que l'énoncé de départ l'est. C'est un résultat à part, démontré dans la fiche Colinéarité et déterminant — et la démonstration y coûte une disjonction des cas selon que la première coordonnée est nulle ou non.

Le bilan. Ici l'énoncé et sa réciproque sont vrais : on a donc le droit d'écrire l'équivalence « $A$, $B$, $C$ alignés $\iff \det(\vec{AB},\vec{AC}) = 0$ ». Mais ce droit a été payé par deux démonstrations, pas offert par une seule.

Ex 2 — Démolir un énoncé avec un seul nombre

L'énoncé à examiner : « pour tout réel $x$, si $x^2 \gt 4$ alors $x \gt 2$ »

Ligne 1 — on teste, pour voir. Avec $x = 5$ : $x^2 = 25 \gt 4$, et $5 \gt 2$. Ça marche. Avec $x = 3$ : $9 \gt 4$ et $3 \gt 2$. Ça marche encore. Deux réussites — et pourtant on n'a rien démontré du tout.

Ligne 2 — on cherche là où ça peut casser. L'hypothèse porte sur $x^2$, qui ne voit pas le signe de $x$. On va donc chercher du côté des négatifs.

Ligne 3 — le contre-exemple. Prenons $x = -3$. L'hypothèse est satisfaite : $(-3)^2 = 9$, et $9 \gt 4$. La conclusion, elle, est fausse : $-3 \gt 2$ n'est pas vrai. Un cas où l'hypothèse est vraie et la conclusion fausse : l'énoncé est faux.

Ligne 4 — l'énoncé correct. Pour tout réel $x$ : $x^2 \gt 4$ équivaut à « $x \lt -2$ ou $x \gt 2$ ». Le « ou » n'est pas décoratif : c'est lui qui rattrape la moitié négative que l'énoncé de départ avait oubliée.

Ce qu'il faut retenir. Un contre-exemple réfute ; il ne prouve jamais. Les deux essais réussis de la ligne 1 n'auraient jamais pu établir l'énoncé, même en en faisant mille.

Ex 3 — Découper en cas : « $n(n+1)$ est toujours pair »

À démontrer : pour tout entier $n$, le produit $n(n+1)$ est pair

Le découpage. Tout entier est pair, ou impair — jamais les deux, jamais aucun des deux. Ces deux cas couvrent donc toute la situation, et on va démontrer le résultat dans chacun.

Cas 1 : $n$ est pair. On écrit $n = 2k$ avec $k$ entier. Alors $n(n+1) = 2k \times (n+1) = 2 \times \left[k(n+1)\right]$. Le crochet est un entier, donc $n(n+1)$ est pair.

Cas 2 : $n$ est impair. On écrit $n = 2k+1$ avec $k$ entier. Alors $n + 1 = 2k + 2 = 2(k+1)$, donc $n(n+1) = n \times 2(k+1) = 2 \times \left[n(k+1)\right]$. Le crochet est un entier, donc $n(n+1)$ est pair.

Conclusion. Dans les deux cas, $n(n+1)$ est pair. Comme il n'y a pas d'autre cas, la propriété est vraie pour tout entier $n$.

Tous les entiers Cas 1 : n pair n = 2k Cas 2 : n impair n = 2k + 1 deux cas, aucun oubli, aucun chevauchement
Le contrôle d'un découpage

Avant de rédiger, vérifie deux choses : les cas couvrent tout (aucun entier oublié) et chacun d'eux mène bien à la conclusion. Un cas oublié, et la démonstration ne vaut plus rien — c'est là que le correcteur regarde en premier.

Trois problèmes rédigés comme en contrôle : une démonstration par contraposée, une par l'absurde, une équivalence en deux sens. Puis la liste de ce que le correcteur coche — et celle des phrases qui coûtent des points à tous les coups.

Problème type 1 — Démontrer par contraposée

Énoncé. Soit $n$ un entier. Montrer que si $n^2$ est impair, alors $n$ est impair.

Solution rédigée

Pourquoi on ne fonce pas tout droit. Partir de « $n^2$ est impair » ne donne rien de maniable : on ne sait pas écrire $n$ à partir de $n^2$. On va donc démontrer la contraposée, qui est équivalente à l'énoncé, et beaucoup plus facile.

Étape 1 — on écrit la contraposée. On retourne, puis on nie : « si $n$ n'est pas impair, alors $n^2$ n'est pas impair ». Pour un entier, « pas impair » veut dire « pair » — les deux cas se partagent tous les entiers sans reste. La contraposée s'énonce donc : « si $n$ est pair, alors $n^2$ est pair ».

Étape 2 — on la démontre. Supposons $n$ pair. Il existe un entier $k$ tel que $n = 2k$. Alors $n^2 = (2k)^2 = 4k^2 = 2 \times (2k^2)$. Comme $2k^2$ est un entier, $n^2$ est pair.

Étape 3 — on conclut. La contraposée est vraie, donc l'énoncé de départ l'est aussi : si $n^2$ est impair, alors $n$ est impair.

Le lien avec le chapitre sur les entiers

Le programme fait démontrer, côté arithmétique, que le carré d'un nombre impair est impair — c'est-à-dire « $n$ impair $\Rightarrow n^2$ impair ». Range bien les trois énoncés, ils se ressemblent et ne disent pas la même chose :

  • l'énoncé du cours : « $n$ impair $\Rightarrow n^2$ impair » ;
  • sa contraposée, gratuite : « $n^2$ pair $\Rightarrow n$ pair » ;
  • sa réciproque, qui est exactement le problème ci-dessus : « $n^2$ impair $\Rightarrow n$ impair ». Elle est vraie — mais elle a exigé sa propre démonstration, celle qu'on vient d'écrire. Elle ne tombait pas du cours.

Problème type 2 — Raisonnement par l'absurde

Énoncé. Soient $a$ et $b$ deux réels tels que $a + b \geqslant 10$. Montrer que $a \geqslant 5$ ou $b \geqslant 5$.

Solution rédigée

Étape 1 — on garde l'hypothèse. On conserve $a + b \geqslant 10$ du début à la fin. C'est elle qui va fournir la contradiction ; on n'y touche pas.

Étape 2 — on nie la conclusion. La conclusion est « $a \geqslant 5$ ou $b \geqslant 5$ ». Sa négation change le connecteur et nie chaque morceau : « $a \lt 5$ et $b \lt 5$ ». C'est ce qu'on suppose, en plus de l'hypothèse.

Étape 3 — on déroule. De $a \lt 5$ et $b \lt 5$ on tire, en additionnant les deux inégalités, $a + b \lt 5 + 5$, c'est-à-dire $a + b \lt 10$.

Étape 4 — la contradiction. On aurait donc à la fois $a + b \geqslant 10$ et $a + b \lt 10$, ce qui est impossible pour un réel.

Conclusion. La supposition faite à l'étape 2 est donc à rejeter : on a bien $a \geqslant 5$ ou $b \geqslant 5$.

Absurde ou contraposée ?

Sur cet exemple, les deux marchent : la contraposée de l'énoncé s'écrit « si $a \lt 5$ et $b \lt 5$, alors $a + b \lt 10$ », et c'est exactement le calcul de l'étape 3. Les deux rédactions sont justes ; l'absurde est plus souple quand la conclusion est un « ou », la contraposée est plus courte quand elle se transforme bien. Autre démonstration par l'absurde à connaître : celle de l'irrationalité de $\sqrt{2}$, rédigée dans la fiche Ensembles de nombres.

Problème type 3 — Démontrer une équivalence

Énoncé. Soit $x$ un réel. Montrer que $x^2 = 9$ si et seulement si $x = 3$ ou $x = -3$.

Solution rédigée

Le plan. Une équivalence, c'est deux implications. On les traite l'une après l'autre, en annonçant à chaque fois laquelle on démontre.

Sens 1 — on suppose $x^2 = 9$. Alors $x^2 - 9 = 0$, donc $(x-3)(x+3) = 0$. Un produit de deux facteurs est nul exactement quand l'un au moins des facteurs est nul : donc $x - 3 = 0$ ou $x + 3 = 0$, c'est-à-dire $x = 3$ ou $x = -3$.

Sens 2 — on suppose $x = 3$ ou $x = -3$. Deux cas. Si $x = 3$, alors $x^2 = 9$. Si $x = -3$, alors $x^2 = (-3)^2 = 9$. Dans les deux cas $x^2 = 9$.

Conclusion. Les deux implications sont établies, donc l'équivalence est démontrée : $x^2 = 9 \iff (x = 3$ ou $x = -3)$.

Le réflexe qui fait perdre l'équivalence

Écrire « $x^2 = 9$ donc $x = 3$ » et s'arrêter là, c'est perdre la solution $-3$ — et c'est aussi n'avoir démontré qu'un seul sens. Chaque fois que tu passes d'un carré à sa racine, il y a deux candidats : garde-les tous les deux.

Ce que le correcteur attend + les pièges

Ce qui rapporte les points
  • annoncer le raisonnement avant de le mener : « démontrons la contraposée », « raisonnons par l'absurde », « distinguons deux cas » — une ligne, souvent un point ;
  • pour une contraposée : écrire l'énoncé contraposé en entier avant de le démontrer, ne pas le laisser dans la tête ;
  • pour un contre-exemple : donner la valeur, vérifier l'hypothèse, vérifier que la conclusion rate, puis conclure « l'énoncé est faux » ;
  • pour une disjonction : dire que les cas couvrent tout, et conclure explicitement « dans les deux cas… » ;
  • pour une équivalence : deux implications, deux paragraphes annoncés.
Les pièges classiques
  • écrire « non $A \Rightarrow$ non $B$ » en croyant écrire la contraposée : c'est la faute la plus répandue du chapitre ;
  • utiliser la réciproque d'un résultat du cours sans l'avoir démontrée — le « donc » se lit dans un seul sens ;
  • « vérifier sur trois exemples » et écrire « donc c'est vrai » : trois exemples ne démontrent rien ;
  • par l'absurde, supposer que l'hypothèse est fausse : c'est la conclusion qu'on nie, l'hypothèse reste ;
  • nier une inégalité stricte en oubliant le cas d'égalité : le contraire de $x \gt 2$ est $x \leqslant 2$ ;
  • nier « $A$ et $B$ » en « non $A$ et non $B$ » : le connecteur bascule, ça devient un « ou ».

Tu tiens la mécanique ? Regardons sous le capot : pourquoi la contraposée dit la même chose, le vocabulaire « nécessaire / suffisant » que tu vas entendre l'an prochain, et ce qui arrive quand on se met à nier une implication. Bonus culture — au-delà du contrôle.

Pourquoi la contraposée dit exactement la même chose

On peut s'en convaincre sans machinerie, en revenant à ce que l'implication affirme vraiment.

L'argument

Ce que dit « si $A$ alors $B$ ». Une seule chose : la situation « $A$ vraie et $B$ fausse » est impossible. Rien de plus. Quand $A$ est fausse, l'implication ne promet rien.

Ce que dit « si non $B$ alors non $A$ ». La même chose lue à l'envers : la situation « non $B$ vraie et non $A$ fausse » est impossible — c'est-à-dire « $B$ fausse et $A$ vraie ».

La conclusion. Les deux énoncés interdisent la même et unique situation : $A$ vraie avec $B$ fausse. Ils ne peuvent donc pas avoir des valeurs de vérité différentes. Voilà pourquoi démontrer l'un, c'est démontrer l'autre — et pourquoi ce n'est pas un truc, mais un fait.

La réciproque, elle, interdit une autre situation : « $B$ vraie et $A$ fausse ». Rien à voir. C'est pour cela qu'elle vit sa vie de son côté.

Condition nécessaire, condition suffisante

Le même $A \Rightarrow B$ se dit de deux manières que tu croiseras en première :

  • $A$ est une condition suffisante pour $B$ : il suffit d'avoir $A$ pour être sûr d'avoir $B$ ;
  • $B$ est une condition nécessaire pour $A$ : sans $B$, pas de $A$ — c'est la contraposée, dite en français.

Reprends l'exemple du premier onglet : être un multiple de $4$ est suffisant pour être pair ; être pair est nécessaire pour être un multiple de $4$, mais pas suffisant. Et quand une condition est à la fois nécessaire et suffisante, on a une équivalence.

Nier une implication (au-delà du programme de seconde)

En seconde, on ne nie que des propositions simples : le programme précise « sans implication ni quantificateurs ». Voici quand même à quoi ça ressemble, parce que tu t'en sers déjà sans le savoir.

Nier « si $A$ alors $B$ », ce n'est pas « si $A$ alors non $B$ ». C'est affirmer que la situation interdite se produit : « $A$ est vraie et $B$ est fausse ». Une négation d'implication n'est plus une implication du tout.

Le contre-exemple, enfin expliqué

Reprends l'énoncé de l'onglet vert : « pour tout réel $x$, si $x^2 \gt 4$ alors $x \gt 2$ ». Le nier, c'est affirmer : « il existe un réel $x$ tel que $x^2 \gt 4$ et $x \leqslant 2$ » — on garde l'hypothèse et on nie la conclusion. Et exhiber un tel $x$ — ici $-3$ —, c'est précisément donner un contre-exemple. Un contre-exemple n'est pas un truc de dépannage : c'est la démonstration de la négation de l'énoncé.

Au passage, tu vois pourquoi il ne prouve rien dans l'autre sens : trouver un $x$ qui vérifie l'énoncé ne dit rien de tous les autres.

Rendez-vous l'an prochain

  • Quantifier proprement. « Pour tout… » et « il existe… » recevront une notation dédiée. En seconde on les écrit en français : les symboles correspondants sont explicitement hors programme cette année, et personne ne t'en voudra de dire « pour tout réel $x$ » en toutes lettres.
  • Les chaînes d'équivalences. Résoudre une inéquation proprement, c'est écrire une suite d'équivalences et pouvoir la relire dans les deux sens. Le jour où une étape n'est qu'une implication (élever au carré, par exemple), il faut revenir vérifier les solutions.
  • Le raisonnement par récurrence (terminale). Une quatrième façon de démontrer, réservée aux propriétés indexées par les entiers : on prouve le premier cas, puis le passage d'un rang au suivant. Une chaîne d'implications, à l'infini.
  • Le lien à garder. Tout ce que tu viens de lire ne s'évalue pas dans un contrôle « de logique » : ça s'évalue dans chaque contrôle, sur la ligne où tu écris « donc ». C'est le chapitre qui rapporte des points dans tous les autres.
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