Mathématiques · 5e · Nombres et calculs

Calcul littéral : développer, factoriser, réduire

Contrôle bientôt, et ces lettres au milieu des calculs ne te disent rien du tout ? Respire. En quelques minutes tu auras l'essentiel : les conventions d'écriture, les trois gestes du chapitre, et un calcul mené du début à la fin.

Les prérequis et les automatismes à entretenir

Avant de commencer, tu dois savoir multiplier, connaître un peu tes tables, et respecter les priorités opératoires : la multiplication passe avant l'addition.

Tout le chapitre repose sur une propriété que tu utilises déjà sur les nombres sans la nommer. Pour calculer $5 \times 23$ de tête, tu coupes $23$ en $20 + 3$, tu multiplies chaque morceau, puis tu ajoutes : $5 \times 23 = 5 \times (20 + 3) = 5 \times 20 + 5 \times 3 = 100 + 15 = 115$. Cette propriété s'appelle la distributivité, et le calcul littéral, c'est exactement ce geste, écrit avec des lettres.

Les automatismes du chapitre, à garder au chaud :

  • identifier des régularités et poursuivre une suite de motifs évolutive ;
  • identifier la structure d'un motif évolutif en repérant une régularité ;
  • trouver le nombre d'éléments pour une étape donnée de cette suite ;
  • le nombre quotient : le quotient de $51$ par $6$, c'est le nombre qui, multiplié par $6$, donne $51$.

Écrire avec une lettre : les conventions

  • Entre un nombre et une lettre, le signe $\times$ disparaît : $3 \times x$ s'écrit $3x$. Le nombre se place devant, donc $x \times 3$ s'écrit aussi $3x$.
  • $1 \times x$ s'écrit simplement $x$.
  • $x \times x$ s'écrit $x^2$ (tu l'as croisé au chapitre des puissances).
  • Devant une parenthèse aussi le signe disparaît : $4 \times (x + 3)$ s'écrit $4(x + 3)$.
  • Entre deux nombres, en revanche, le signe $\times$ reste obligatoire : $3 \times 5$ ne s'écrit jamais $35$.

Les trois gestes du chapitre

  • Développer : transformer un produit en somme. $4(x + 3) = 4x + 12$.
  • Factoriser : le trajet inverse, transformer une somme en produit. $4x + 12 = 4(x + 3)$.
  • Réduire : regrouper ce qui est de même nature pour arriver à la forme $ax + b$. $5x + 10 + 3x = 8x + 10$.

Les deux premiers gestes viennent d'une seule égalité, à connaître par cœur :

$$k(a + b) = ka + kb \qquad \text{et} \qquad k(a - b) = ka - kb$$

Attention : $4x$ et $12$ ne se regroupent pas. On n'additionne entre eux que des termes qui comptent la même chose.

4(x + 3) 4x + 12 developper factoriser un produit une somme

Un calcul fait en entier : $5(x + 2) + 3x$

Je repère un produit : $5(x + 2)$. Je le développe en multipliant $5$ par chacun des deux termes de la parenthèse : $5 \times x = 5x$ et $5 \times 2 = 10$. Donc $5(x + 2) = 5x + 10$.

L'expression devient $5x + 10 + 3x$.

Je réduis : je regroupe les termes en $x$, c'est-à-dire $5x + 3x = 8x$. Le $10$ reste tout seul, il n'a personne avec qui se regrouper.

Résultat : $8x + 10$. C'est la forme $ax + b$ : on ne peut pas réduire plus loin. (Factoriser, en revanche, resterait possible : $8x + 10 = 2(4x + 5)$. Mais ce n'était pas la question.)

Le contrôle en dix secondes. Je choisis une valeur, par exemple $x = 2$. Écriture de départ : $5 \times (2 + 2) + 3 \times 2 = 5 \times 4 + 6 = 26$. Écriture d'arrivée : $8 \times 2 + 10 = 26$. Même nombre : mon calcul tient.

Ça te revient : les formules de périmètre avec des lettres, les programmes de calcul, le fameux « $4x$ ». On remet tout au propre, dans l'ordre, avec les vraies définitions et des méthodes que tu pourras rejouer à chaque fois.

Le vocabulaire au propre

Une expression littérale est un calcul dans lequel figurent une ou plusieurs lettres : $4x + 7$, $3(x - 1)$, $x^2 + x$ sont des expressions littérales.

La lettre est une variable : elle peut prendre différentes valeurs, et on la remplace par un nombre quand on en a besoin.

Dans une somme, les morceaux séparés par $+$ ou $-$ s'appellent les termes : dans $4x + 7$, les termes sont $4x$ et $7$. Dans un produit, les morceaux séparés par $\times$ s'appellent les facteurs : dans $4x$, les facteurs sont $4$ et $x$.

Produire une expression littérale, c'est souvent écrire une formule : le double d'un nombre $x$ s'écrit $2x$, son triple $3x$, son carré $x^2$, son successeur $x + 1$, son prédécesseur $x - 1$ ; le périmètre d'un carré de côté $c$ s'écrit $4c$ et son aire $c^2$.

Somme ou produit ? On regarde la dernière opération

Pour dire de quel type est une expression, demande-toi quelle serait la dernière opération effectuée si tu devais la calculer.

ExpressionDernière opérationNature
$3x + 5$une additionune somme, de $3x$ et de $5$
$4(x + 1)$une multiplicationun produit, de $4$ et de $x + 1$
$2x$une multiplicationun produit, de $2$ et de $x$
$9 - 4x$une soustractionune somme (ici une différence), pas un produit
$5(2x - 1)$une multiplicationun produit, de $5$ et de $2x - 1$

Une différence se range du côté des sommes : ce qui compte, pour choisir son geste, c'est de savoir si l'expression est un produit ou non. Car on développe un produit, et on factorise pour obtenir un produit.

Développer et factoriser : une seule égalité, lue dans les deux sens

$$k(a + b) = ka + kb \qquad k(a - b) = ka - kb$$

Lue de gauche à droite, elle sert à développer : le produit devient une somme. Lue de droite à gauche, elle sert à factoriser : la somme devient un produit, à condition d'avoir repéré le nombre $k$ présent dans les deux termes — on l'appelle le facteur commun.

a b k k x a k x b k x (a + b) = k x a + k x b la meme aire, comptee en une fois ou en deux morceaux

Le rectangle explique tout : sa hauteur vaut $k$, sa largeur vaut $a + b$. Son aire, comptée d'un seul coup, vaut $k(a + b)$ ; comptée morceau par morceau, elle vaut $ka + kb$. C'est la même aire, donc les deux écritures désignent le même nombre.

Réduire : arriver à la forme $ax + b$

Réduire, c'est écrire une somme avec le moins de termes possible, sans la transformer en produit. On additionne entre eux les termes en $x$, et entre eux les nombres seuls.

  • $4x + 3x = 7x$ : quatre paquets de $x$ plus trois paquets de $x$, cela fait sept paquets de $x$.
  • $5{,}2x + 3{,}4x = 8{,}6x$ : les nombres devant la lettre peuvent être décimaux.
  • $2{,}5x + 1 + 1{,}5x + 3{,}2 = 4x + 4{,}2$ : les termes en $x$ d'un côté, les nombres seuls de l'autre.
  • $4x + 3$ ne se réduit pas : $4x$ et $3$ ne comptent pas la même chose. L'expression est déjà sous la forme $ax + b$, elle est terminée.

Substituer, et tester une égalité

Substituer, c'est remplacer la lettre par une valeur, puis calculer normalement, en respectant les priorités.

Avec $A = 3x + 4$ : pour $x = 5$, $A = 3 \times 5 + 4 = 15 + 4 = 19$ ; pour $x = 0{,}5$, $A = 3 \times 0{,}5 + 4 = 1{,}5 + 4 = 5{,}5$.

Tester une égalité, c'est substituer la même valeur des deux côtés et comparer les deux résultats.

  • $2(x + 3) = 2x + 6$ : pour $x = 4$, à gauche $2 \times 7 = 14$, à droite $8 + 6 = 14$. Pour $x = 10$ : $2 \times 13 = 26$ et $20 + 6 = 26$. Cette égalité est en fait le développement de $2(x+3)$ : elle est vraie pour toutes les valeurs.
  • $2(x + 3) = 2x + 3$ : pour $x = 1$, à gauche $2 \times 4 = 8$, à droite $2 + 3 = 5$. Les deux résultats diffèrent, donc l'égalité est fausse. Une seule valeur qui ne marche pas suffit à la démolir : c'est un contre-exemple.

Attention au piège inverse : une égalité peut très bien être vraie pour une valeur particulière et fausse en général. Un essai qui tombe juste ne prouve rien du tout — on y revient au palier suivant.

On sort le stylo et on fait les calculs à deux mains. Je rédige chaque ligne comme au tableau, tu suis le raisonnement. Ce ne sont pas des exercices à faire seul : on les fait ensemble, du début à la fin, un par geste du chapitre.

On le fait ensemble — développer $7(x + 4)$, puis $5(2x - 3)$

Première expression, $7(x + 4)$. C'est un produit : le facteur $7$ multiplie tout ce qui est dans la parenthèse, donc chacun de ses deux termes.

$7 \times x = 7x$, et $7 \times 4 = 28$. Donc $7(x + 4) = 7x + 28$.

Contrôle avec $x = 2$ : au départ $7 \times (2 + 4) = 7 \times 6 = 42$ ; à l'arrivée $7 \times 2 + 28 = 14 + 28 = 42$. Les deux écritures donnent $42$.

Deuxième expression, $5(2x - 3)$. Le signe entre les deux termes de la parenthèse est un moins : il se recopie tel quel dans le résultat.

$5 \times 2x = 10x$ (je multiplie les nombres entre eux, $5 \times 2 = 10$, et la lettre suit), et $5 \times 3 = 15$. Donc $5(2x - 3) = 10x - 15$.

Contrôle avec $x = 2$ : au départ $5 \times (4 - 3) = 5 \times 1 = 5$ ; à l'arrivée $10 \times 2 - 15 = 20 - 15 = 5$. Cela colle.

Ce qu'il ne fallait surtout pas écrire : $5(2x - 3) = 10x - 3$. Le facteur $5$ multiplie les deux termes, jamais le premier seulement.

On le fait ensemble — factoriser $6x + 15$, puis $12 - 8x$

Factoriser, c'est le trajet inverse : je pars d'une somme et je cherche le nombre caché dans les deux termes, le facteur commun.

Pour $6x + 15$ : $6 = 3 \times 2$ et $15 = 3 \times 5$. Le facteur commun est donc $3$. J'écris la somme en le faisant apparaître : $6x + 15 = 3 \times 2x + 3 \times 5$, puis je le sors de la parenthèse : $6x + 15 = 3(2x + 5)$.

Contrôle avec $x = 1$ : au départ $6 + 15 = 21$ ; à l'arrivée $3 \times (2 + 5) = 3 \times 7 = 21$. Cela colle.

Pour $12 - 8x$ : $12 = 4 \times 3$ et $8 = 4 \times 2$. Le facteur commun est $4$, et le signe moins reste en place : $12 - 8x = 4 \times 3 - 4 \times 2x = 4(3 - 2x)$.

Contrôle avec $x = 1$ : au départ $12 - 8 = 4$ ; à l'arrivée $4 \times (3 - 2) = 4 \times 1 = 4$. Cela colle.

Lequel choisir ? Plusieurs nombres peuvent être communs aux deux termes : $6x + 15$ vaut aussi $1 \times (6x + 15)$. On prend toujours le plus grand nombre qui divise les deux termes — celui qui ne laisse plus rien de commun dans la parenthèse. Ici $3$ : dans $2x + 5$, plus rien ne se met en facteur.

Le piège du terme tout seul. Dans $5x + 5$, le facteur commun est $5$, et le second terme vaut $5 = 5 \times 1$. Le $1$ ne s'évapore pas : $5x + 5 = 5(x + 1)$. Écrire $5(x)$ serait faux, et te coûterait le point.

On le fait ensemble — réduire $3{,}2x + 5 + 1{,}8x - 2$, puis calculer pour $x = 4$

Je trie. D'un côté les termes en $x$ : $3{,}2x$ et $1{,}8x$. De l'autre les nombres seuls : $5$ et $-2$.

Termes en $x$ : $3{,}2 + 1{,}8 = 5$, donc ils se regroupent en $5x$.

Nombres seuls : $5 - 2 = 3$.

L'expression réduite est $5x + 3$. Elle est bien de la forme $ax + b$, avec $a = 5$ et $b = 3$.

Pour $x = 4$, je substitue dans la forme réduite : $5 \times 4 + 3 = 20 + 3 = 23$.

Le contrôle, sur l'écriture de départ. $3{,}2 \times 4 = 12{,}8$, puis $12{,}8 + 5 = 17{,}8$ ; ensuite $1{,}8 \times 4 = 7{,}2$, et $17{,}8 + 7{,}2 = 25$ ; enfin $25 - 2 = 23$. Même résultat : réduire n'a rien changé à la valeur, seulement à l'écriture. C'est tout l'intérêt de l'opération.

Au contrôle, trouver la bonne expression ne suffit pas : il faut la rédiger comme le correcteur l'attend et éviter les pièges tendus exprès. On voit les erreurs classiques, des problèmes résolus en entier, et ce qui rapporte vraiment les points.

Les erreurs qui coûtent des points

  • Additionner ce qui n'est pas de même nature. $3 + 2x$ ne vaut pas $5x$. Vérifie avec $x = 2$ : $3 + 2 \times 2 = 7$, alors que $5 \times 2 = 10$.
  • Oublier le second terme de la parenthèse. $2(x + 3)$ vaut $2x + 6$, jamais $2x + 3$.
  • Confondre $3x$ et $x^3$. $3x = x + x + x$ tandis que $x^3 = x \times x \times x$. Pour $x = 4$ : $3x = 12$ et $x^3 = 64$.
  • Faire grimper l'exposant en additionnant. $3x + 2x = 5x$, et surtout pas $5x^2$ : on compte des paquets de $x$, on n'en fabrique pas de nouveaux.
  • Perdre le $1$ en factorisant. $5x + 5 = 5(x + 1)$, jamais $5(x)$.
  • Vouloir réduire ce qui est déjà terminé. $4x + 12$ ne se regroupe pas ; ce n'est pas $16x$.

Et le piège des pièges. Reprends $3 + 2x$ et $5x$ : pour $x = 1$, la première donne $5$ et la seconde aussi. Un élève pressé conclurait qu'elles sont égales — alors qu'elles ne le sont que pour cette valeur-là. Et deux essais ne suffisent pas davantage : $x^2$ et $2x$ donnent le même nombre pour $x = 0$ et pour $x = 2$, alors que ces deux expressions sont différentes (pour $x = 3$ : $9$ contre $6$). Substituer sert à repérer une erreur, jamais à valider une égalité : pour être sûr, il faut développer ou factoriser et comparer les écritures.

Ce que le correcteur attend, lui :

  • La ligne de développement écrite en entier, $4 \times x + 4 \times 3$, avant d'annoncer $4x + 12$.
  • Le facteur commun mis en évidence, $3 \times 2x + 3 \times 5$, avant d'écrire la parenthèse.
  • Le résultat sous la forme demandée : un produit si l'énoncé dit « factoriser », une somme réduite s'il dit « développer et réduire ».
  • Pour une démonstration : la lettre annoncée en toutes lettres (« je note $n$ le nombre choisi »), puis le calcul, puis une phrase de conclusion.

Problème résolu : le rectangle

Énoncé. Un rectangle a un côté de $4$ cm et l'autre de $(x + 3)$ cm. Exprimer son aire, puis son périmètre, en fonction de $x$, et les calculer pour $x = 6$.

Aire — c'est le produit des deux côtés : $\mathcal{A} = 4(x + 3)$, un produit. Développée, $\mathcal{A} = 4 \times x + 4 \times 3 = 4x + 12$, une somme. Deux écritures, un seul nombre : on prend celle qui arrange.

Périmètre — c'est le double de la somme de deux côtés consécutifs : $\mathcal{P} = 2(4 + x + 3)$. Je réduis l'intérieur de la parenthèse, $4 + x + 3 = x + 7$, d'où $\mathcal{P} = 2(x + 7) = 2x + 14$.

Pour $x = 6$ — l'autre côté vaut $9$ cm. Aire : $4 \times 9 = 36$, et $4 \times 6 + 12 = 36$ aussi, soit $36$ cm$^2$. Périmètre : $2 \times 13 = 26$, et $2 \times 6 + 14 = 26$ aussi, soit $26$ cm.

Problème résolu : le programme de calcul

Énoncé. Voici un programme : « Choisis un nombre. Ajoute $4$. Multiplie le résultat par $3$. Enlève $12$. » Que fait ce programme ?

J'essaie avec $2$ : $2 + 4 = 6$, puis $6 \times 3 = 18$, puis $18 - 12 = 6$. Or $6 = 3 \times 2$.

J'essaie avec $5$ : $5 + 4 = 9$, puis $9 \times 3 = 27$, puis $27 - 12 = 15$. Or $15 = 3 \times 5$.

J'essaie avec $10$ : $10 + 4 = 14$, puis $14 \times 3 = 42$, puis $42 - 12 = 30$. Or $30 = 3 \times 10$.

Conjecture : ce programme donne le triple du nombre choisi. Annoncer ce qu'on a observé, sans l'avoir encore prouvé, c'est formuler une conjecture. Un tableur permet d'en formuler à grande échelle : les nombres de départ dans une colonne, la formule du programme dans la colonne voisine, et la régularité saute aux yeux sur cinquante lignes d'un coup ; un programme écrit dans un langage à blocs rejoue le calcul aussi souvent qu'on veut. Mais cinquante lignes, ou cinquante mille, ne démontrent toujours rien.

Démonstration. Je note $x$ le nombre choisi. Le programme calcule successivement $x + 4$, puis $3(x + 4)$, puis $3(x + 4) - 12$. Je développe : $3(x + 4) = 3x + 12$. L'expression devient $3x + 12 - 12 = 3x$.

Conclusion. Quel que soit le nombre choisi, le programme renvoie son triple. Voilà ce que le calcul littéral apporte : une vérification faite une fois pour toutes, pour tous les nombres à la fois.

Démontrer une propriété, ou la faire tomber par un contre-exemple

Propriété à démontrer. La somme de trois entiers consécutifs est toujours un multiple de $3$.

Je note $n$ le plus petit des trois. Les trois entiers s'écrivent alors $n$, $n + 1$ et $n + 2$.

Leur somme vaut $n + (n + 1) + (n + 2)$. Je réduis : trois termes en $n$ donnent $3n$, et $1 + 2 = 3$. La somme vaut donc $3n + 3$.

Je factorise : $3n + 3 = 3(n + 1)$. La somme s'écrit comme $3$ multiplié par un entier : c'est bien un multiple de $3$. Sur un exemple : $7 + 8 + 9 = 24 = 3 \times 8$.

Assertion à faire tomber. « La somme de deux entiers consécutifs est un multiple de $2$. » Je cherche un cas qui la met en défaut : $7 + 8 = 15$, et $15$ n'est pas un multiple de $2$. C'est un contre-exemple, et un seul suffit : l'assertion est fausse.

Retiens l'asymétrie, elle tombe souvent au contrôle : un contre-exemple suffit pour démontrer qu'une affirmation est fausse, mais aucune liste d'exemples ne démontre qu'elle est vraie pour tous les nombres. Pour cela, il faut passer par la lettre.

La lettre peut aussi être une inconnue

Jusqu'ici la lettre était une variable : on lui donnait les valeurs qu'on voulait. Dans un problème à trou, elle change de statut : elle désigne un nombre précis, encore inconnu, qu'on cherche. On l'appelle alors une inconnue.

Exemple : « Six places de cinéma coûtent $51$ €. » En notant $x$ le prix d'une place, cela s'écrit $6x = 51$. On a multiplié par $6$ ; pour remonter, on fait l'opération inverse, on divise par $6$ : $x = 51 \div 6 = 8{,}5$. C'est exactement le nombre quotient du début de fiche.

En 5e, on ne fait rien « passer de l'autre côté » : on remonte le calcul avec l'opération inverse, comme pour retrouver le nombre effacé d'une opération à trou.

Traduire un problème par une égalité, puis la résoudre, fait l'objet d'une fiche à part : mise en équation et résolution arithmétique. Ici, on s'arrête à l'essentiel : reconnaître que la lettre a changé de rôle.

Tu maîtrises ? Regardons ce qui t'attend derrière la colline : deux parenthèses qui se multiplient, un facteur commun qui devient une lettre, et le nom de celui à qui l'algèbre doit son nom. Ces techniques-là ne sont pas exigées au contrôle de 5e, mais elles éclairent ce que tu viens d'apprendre.

L'an prochain : deux parenthèses à multiplier

En 4e, tu multiplieras deux parenthèses l'une par l'autre. La règle est la même, appliquée deux fois : chaque terme de la première rencontre chaque terme de la seconde.

$(x + 2)(x + 5) = x \times x + x \times 5 + 2 \times x + 2 \times 5 = x^2 + 5x + 2x + 10$, puis en réduisant, $x^2 + 7x + 10$.

Contrôle avec $x = 1$ : au départ $3 \times 6 = 18$ ; à l'arrivée $1 + 7 + 10 = 18$. Cela colle.

Factoriser quand le facteur commun est une lettre

Cette année, le facteur commun qu'on te demande de sortir est un nombre. L'an prochain, ce sera parfois une lettre.

Dans $x^2 + 3x$, les deux termes contiennent $x$, puisque $x^2 = x \times x$. Le facteur commun est donc $x$ : $x^2 + 3x = x(x + 3)$.

Contrôle avec $x = 2$ : au départ $4 + 6 = 10$ ; à l'arrivée $2 \times 5 = 10$. Cela colle.

Et les équations, dans tout ça

Cette année, les égalités à résoudre sont du type $ax = c$ et $x + b = c$, et l'opération inverse suffit à les remonter.

En 4e apparaîtront des égalités plus longues, du type $ax + b = c$, où l'opération inverse ne suffit plus d'un seul coup : on apprendra alors une méthode générale, qui agit sur l'égalité elle-même. C'est un geste nouveau, à ne pas importer trop tôt — cette année, il n'est ni attendu ni nécessaire.

Un détour par l'histoire

Au IXe siècle, à Bagdad, le savant Al-Khwarizmi résolvait ses problèmes en raisonnant sur « la chose » qu'on cherche : notre inconnue, avant qu'elle ne s'appelle $x$. Deux de ces gestes portaient un nom : al-jabr pour les problèmes du type $x + b = c$, al-hatt pour ceux du type $ax = c$.

Le mot algèbre vient d'al-jabr, et le mot algorithme vient du nom même d'Al-Khwarizmi. Ces deux gestes portent leur nom depuis douze siècles ; tu les referas au prochain contrôle.

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